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Publié le 19 juin 2026 · Mis à jour le 20 juin 2026 à 5h36
Un couloir de bureau sans fin, une moquette jaunie, le bourdonnement d’un néon qui ne s’éteint jamais. Cette image inquiétante, vous l’avez peut-être déjà croisée au détour d’une vidéo, sans savoir qu’elle venait d’une simple photo postée sur un forum. La voilà aujourd’hui à l’origine du plus gros démarrage de l’histoire du studio A24, signée d’un garçon de 20 ans révélé sur YouTube.
En bref
- « Backrooms » a réalisé 81 millions de dollars aux États-Unis et 118 millions dans le monde pour son premier week-end, le plus gros démarrage de l’histoire d’A24 (Deadline).
- Le film a coûté environ 10 millions de dollars : un budget modeste pour un tel carton, et l’un des plus rentables de 2026.
- Son réalisateur, Kane Parsons, a 20 ans : il devient le plus jeune cinéaste à signer un film numéro un au box-office, devant Josh Trank et ses 27 ans en 2012.
- L’histoire est née d’un phénomène internet, les « Backrooms », avant de passer au grand écran (sortie France le 17 juin 2026).
D’une photo virale à Hollywood
Tout part d’une image anodine, postée en 2019 sur un forum : une pièce vide aux murs jaunes, à la lumière blafarde, légendée comme un lieu où l’on « tomberait » en passant à travers la réalité. Le concept, baptisé « Backrooms », embrase internet. Chacun y ajoute sa variation, ses couloirs infinis, son malaise. C’est le propre des « creepypastas », ces légendes d’horreur que la communauté du web écrit à plusieurs mains, sans auteur unique ni point final.
Un adolescent, Kane Parsons, s’en empare en 2022 pour une web-série tournée chez lui, publiée sur sa chaîne « Kane Pixels ». Le found footage analogique, granuleux et silencieux, cumule des dizaines de millions de vues. L’esthétique des « espaces liminaux », ces lieux de transition, couloirs, parkings, halls déserts, à la fois familiers et angoissants, y trouve son film. A24, le studio qui a fait de l’horreur d’auteur sa marque de fabrique, lui confie alors les clés du long-métrage.

Ce hall d’aéroport vide la nuit, ce parking que l’on traverse seul : c’est exactement ce registre que Parsons exploite, celui des décors trop ordinaires pour être tout à fait rassurants. Reste à transformer ce frisson de niche en succès de masse, et c’est là que les chiffres deviennent vertigineux.
Le pari A24, et ses chiffres
Le résultat tient du cas d’école. Avec 81 millions de dollars sur le seul marché américain, « Backrooms » a plus que triplé le précédent record d’A24, détenu par « Civil War » d’Alex Garland et ses 25,5 millions. Pour un film à 10 millions de budget, l’équation est imparable : petit investissement, énorme retour. C’est tout le modèle du studio, miser sur des voix singulières et un bouche-à-oreille viral plutôt que sur des budgets colossaux.

Le graphique le dit d’un coup d’œil : le démarrage de « Backrooms » n’améliore pas le record maison, il le pulvérise. Et l’histoire ne s’est pas arrêtée au premier week-end : selon CBC News, le film est devenu depuis le plus gros succès mondial de l’histoire du studio, premier titre A24 à franchir la barre des 200 millions de dollars de recettes.
Au casting, des noms respectés, Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Mark Duplass, entourent le jeune réalisateur, preuve que l’industrie a pris le projet au sérieux. À 20 ans, Kane Parsons coiffe au poteau un record de précocité qui tenait depuis plus d’une décennie : celui de Josh Trank, 27 ans à la sortie de « Chronicle » en 2012, comme le rappelle Variety.
Pourquoi ça fait peur (et ça marche)
Le secret du phénomène tient sans doute à ce qu’il ne montre presque rien. Pas de monstre baveux ni d’effusion de sang : juste des lieux trop ordinaires pour être rassurants, où l’angoisse naît de l’absence et du silence. Chacun de nous a déjà ressenti ce léger malaise dans un couloir d’hôtel désert ou un parking vide à la nuit tombée ; « Backrooms » en fait son terrain de jeu et nous renvoie à nos propres recoins familiers.
C’est aussi une histoire de génération. Le film parle à un public qui a grandi avec ces légendes du web, qui les a vues naître et se propager en temps réel, d’un fil de forum à l’autre. En les portant à l’écran, Kane Parsons ne fait pas qu’adapter un mythe : il offre à toute une communauté la reconnaissance d’une culture longtemps cantonnée aux marges d’internet.
Quand YouTube monte à Hollywood
Le cas Parsons n’est pas isolé. Une génération de créateurs nés sur les plateformes franchit aujourd’hui les portes des studios, forte d’un public déjà constitué et d’une grammaire visuelle propre. Là où Hollywood cherchait ses cinéastes dans les écoles de cinéma, il les repère désormais dans les recommandations d’algorithmes. « Backrooms » en est le symbole le plus éclatant : un format né gratuitement, à la maison, devenu un produit culturel mondial sans jamais renier ses origines amateurs.
Pour le public français, le phénomène parle d’autant plus que cette culture du web ne connaît pas de frontières. Les « Backrooms » ont essaimé en français comme ailleurs, sur les mêmes forums, dans les mêmes vidéos. Voir l’un de ces mythes partagés atteindre les salles, c’est aussi, pour toute une génération, voir reconnu un imaginaire qu’elle croyait confidentiel.

Cet écran allumé dans la pénombre d’une chambre, c’est là que tout a commencé : dans le bricolage nocturne d’un adolescent qui filmait des couloirs vides. Le studio, lui, confirme une recette : repérer tôt les obsessions du web, et leur offrir l’écran avant les majors. Une stratégie qui, à coups de paris audacieux, lui réussit film après film, et qui vient de trouver son champion le plus improbable.
Questions courantes
D’où vient « Backrooms » ?
Réponse courte : d’un « creepypasta », une légende d’horreur née sur internet à partir d’une photo virale postée sur un forum en 2019, puis déclinée en web-série avant le film.
Qui est Kane Parsons ?
Réponse courte : un réalisateur de 20 ans révélé sur YouTube sous le pseudo « Kane Pixels », devenu le plus jeune cinéaste à signer un film numéro un au box-office.
Pourquoi un tel succès ?
Réponse courte : un budget modeste de 10 millions de dollars, un phénomène internet déjà installé, et une horreur de l’ordinaire qui parle à une génération entière.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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