Une petite main d’enfant presse son pouce dans l’argile humide de l’épaule d’un guerrier en terre cuite inachevé.

Armée de terre cuite de Xi’an : 22,3 % des empreintes étudiées viennent d’enfants

Les doigts restés dans l’argile racontent un autre atelier que la légende : des femmes, des apprentis et des pouces encore petits.

Sommaire
  1. En bref
  2. Comment une empreinte révèle-t-elle un âge et un sexe ?
  3. Pourquoi des enfants travaillaient-ils l’argile de l’empereur ?
  4. Faut-il prendre ces 22,3 % au pied de la lettre ?
  5. Que savait-on déjà des ateliers de l’armée de terre cuite ?
  6. Questions courantes

Récit

79 empreintes digitales dorment depuis 2 200 ans dans l’argile de 36 guerriers de Xi’an, et plus d’une sur cinq porte la marque d’un doigt d’enfant.

En octobre 2026, une étude chiffre à 22,3 % la part d’empreintes d’enfants de moins de 15 ans sur l’armée de terre cuite de Xi’an. Elle est signée par l’archéologue Xiaoxi Li, du musée du site du mausolée de l’empereur Qin Shi Huang, et par des chercheurs de l’université du Shandong, dans le Journal of Cultural Heritage. Le reste se partage entre hommes adultes (45 %) et femmes adultes (32,7 %).

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« Ces résultats remettent en cause l’hypothèse longtemps admise d’une production reposant exclusivement sur une main-d’œuvre d’hommes adultes », écrivent les auteurs.

En bref

  • 22,3 % des empreintes relevées sur 36 guerriers d’une même fosse viennent d’enfants, 32,7 % de femmes.
  • La méthode mesure l’écart entre les crêtes de la peau, plus serrées chez les femmes et les enfants.
  • Les plus jeunes seraient des apprentis, comme le décrivent des textes de l’époque Qin.
  • Les auteurs préviennent que les biais de leur méthode peuvent gonfler la part des femmes et des enfants.

Comment une empreinte révèle-t-elle un âge et un sexe ?

Par l’écart entre les crêtes papillaires, ces lignes en relief du bout des doigts : cet écart s’élargit pendant la croissance. À l’âge adulte, les hommes ont des crêtes un peu plus espacées que les femmes. Un doigt d’enfant laisse donc des lignes plus serrées.

L’équipe a relevé 91 empreintes sur 36 guerriers d’une même fosse, détaille le site ScienceAlert. Douze ont été écartées : elles semblaient venir de mains déjà comptées. Restent 79, toutes de l’unité T23 de la fosse n° 1, précise le résumé de l’étude.

Les mesures ont été corrigées du retrait de l’argile, qui se resserre au séchage puis à la cuisson. Un modèle statistique bayésien dit « de mélange » a ensuite estimé la part de chaque groupe, sans attribuer une empreinte à une personne précise. Les auteurs le jugent plus solide que les régressions linéaires employées jusqu’ici, qui traitaient la largeur et la densité des crêtes comme deux indices indépendants.

  • Hommes adultes 45 %
  • Femmes adultes 32,7 %
  • Enfants de moins de 15 ans 22,3 %
Ces parts comptent des empreintes, pas des ouvriers : un débutant laisse plus de traces qu’un maître.

Le seuil des 15 ans, écrivent les auteurs, est tiré des textes juridiques de la dynastie Qin sur la responsabilité devant la loi selon l’âge.

Pourquoi des enfants travaillaient-ils l’argile de l’empereur ?

Parce qu’ils apprenaient le métier, selon les auteurs. Les plus jeunes auraient reçu des tâches simples, comme fixer les détails décoratifs des armures. Les registres de la dynastie Qin montrent d’ailleurs des femmes et des enfants au travail dans des ateliers placés sous le contrôle de l’État.

Des lattes de bambou de l’époque Qin, conservées par l’académie Yuelu, décrivent cette formation : « Le maître artisan enseigne bien ; ainsi l’apprenti achève sa formation en un an, le nouvel artisan en deux. »

L’Égypte ancienne offre un précédent. En novembre 2024, une équipe espagnole a publié l’étude des empreintes laissées sur des oushebtis de la tombe TT 209, à Louxor. Selon leur article dans Anthropologischer Anzeiger, environ 90 % de ces statuettes ont été modelées par des adolescentes de 11 à 16 ans, sans doute en apprentissage. Quatre à huit artisans avaient suffi. La population de référence était cette fois un groupe actuel du Soudan.

ÉtudeXi’an, armée de terre cuiteLouxor, tombe TT 209
Publicationoctobre 2026novembre 2024
Objets étudiés36 guerriers de l’unité T23 (79 empreintes)oushebtis
Part des plus jeunes22,3 % des empreintes, enfants de moins de 15 ansenviron 90 % des statuettes, adolescentes de 11 à 16 ans
Population de référenceeuropéenne actuellegroupe actuel du Soudan

Données : Journal of Cultural Heritage (2026) pour Xi’an, Anthropologischer Anzeiger (2024) pour Louxor.

Faut-il prendre ces 22,3 % au pied de la lettre ?

Non, préviennent les auteurs eux-mêmes : leurs chiffres sont des fréquences d’empreintes, pas un décompte d’ouvriers. Les tables de référence viennent d’une population européenne actuelle, pas d’artisans chinois de l’Antiquité.

Ces deux biais pourraient surestimer la part des femmes et des enfants, préviennent-ils. Enfin, l’échantillon tient dans une seule unité de la fosse n° 1 : 36 guerriers sur plusieurs milliers.

Que savait-on déjà des ateliers de l’armée de terre cuite ?

Que les guerriers ne sortaient pas d’une chaîne de montage. En 2014, l’University College London et le musée du mausolée ont comparé en 3D les oreilles de 30 guerriers : aucune paire n’était identique, rapportait National Geographic. L’analyse chimique des armes pointait déjà vers de petits ateliers dispersés, chacun fabriquant une arme entière.

Les fosses s’étendent à 1,5 kilomètre à l’est du tertre funéraire de l’empereur, près de Xi’an, selon la notice de Wikipédia. Nat Geo France a filmé les fosses et leurs rangs de guerriers.

Vidéo Nat Geo France : l’armée de terre cuite

La suite de l’enquête est tracée : relever les empreintes d’autres guerriers que ceux de l’unité T23.

Questions courantes

Combien de guerriers compte l’armée de terre cuite de Xi’an ?
Les estimations varient : environ 7 000 guerriers grandeur nature selon National Geographic, plus de 8 000 dans les trois fosses selon d’autres décomptes, avec 130 chars et 520 chevaux d’attelage.

De quand date l’armée de terre cuite ?
Les guerriers datent de la fin du IIIe siècle avant notre ère. Les travaux du mausolée ont commencé en 246 avant notre ère, quand le futur empereur avait 13 ans.

Qui a découvert l’armée de terre cuite ?
Des paysans, dont Yang Zhifa, qui creusaient un puits près de Xi’an, dans la province du Shaanxi, le 29 mars 1974.

L’armée de terre cuite est-elle classée par l’Unesco ?
Oui. Le mausolée du premier empereur Qin est inscrit au patrimoine mondial depuis 1987.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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