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Sommaire
- En bref
- Que demande le rapport Lancet Countdown 2026 ?
- Une urgence sanitaire mondiale, ça changerait quoi concrètement ?
- Pourquoi la chaleur tue-t-elle de plus en plus ?
- Que dit le Lancet Countdown sur l’Europe et la France ?
- Qu’est-ce que le Lancet Countdown ?
- Le rapport voit-il des progrès ?
- Questions courantes
Dans ce dossier : Ce que le climat a déjà changé en France, relevé département par département · 2 articles liés
Décryptage
Le rapport Lancet Countdown 2026 demande que le changement climatique soit « formellement reconnu comme une urgence sanitaire mondiale ». Publié le 27 octobre 2026 dans la revue The Lancet par 146 chercheurs, le rapport Lancet Countdown 2026 estime que la chaleur a tué en moyenne 540 800 personnes par an dans le monde entre 2016 et 2023. Ses auteurs réclament à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) un nouvel instrument de riposte coordonnée.
Les trois canicules de l’été 2026 ont provoqué 7 824 décès en excès dans l’Hexagone selon les bilans provisoires de Santé publique France, soit 11,7 pour 100 000 habitants selon notre calcul.
En bref
- 540 800 morts de chaleur par an dans le monde en moyenne entre 2016 et 2023, dont 68 % attribués au changement climatique.
- Le rapport demande un nouvel instrument de l’OMS : l’urgence sanitaire actuelle vise la propagation des maladies, pas le climat.
- L’année 2023 est la pire de la série, avec 710 000 décès liés à la chaleur.
- En France, les trois canicules de 2026 ont causé 7 824 décès en excès, selon les bilans provisoires de Santé publique France.
Que demande le rapport Lancet Countdown 2026 ?
Il demande deux choses : reconnaître le climat comme une urgence sanitaire mondiale et créer à l’OMS un nouvel instrument qui coordonne la réponse des pays, selon la synthèse du rapport publiée le jour de sa sortie. Le texte porte un titre programme : « une décennie de dommages sanitaires croissants et un moment décisif pour tous ».
Marina Romanello, directrice exécutive du Lancet Countdown, résume le constat : les dommages sanitaires du climat augmentent « plus vite que la réponse du monde », a-t-elle déclaré dans un communiqué cité par ABC News. Sur la décennie qui suit l’accord de Paris (2016-2025), plusieurs risques ont grimpé plus vite que lors des dix années précédentes. En 2025, la sécheresse extrême a touché 51,8 % des terres émergées pendant au moins un mois. Depuis 2016, la surface concernée progresse 700 % plus vite qu’entre 2006 et 2015.
Le rapport chiffre aussi le retard d’argent : 48 pays en développement évalués auraient besoin d’au moins 3,3 milliards de dollars par an pour adapter leurs systèmes de santé. Les engagements de 2024 n’atteignent qu’environ 1,1 milliard.
« Ce qui manque, ce ne sont pas les preuves, mais la volonté politique d’agir en conséquence. »
Helen Clark, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande
Une urgence sanitaire mondiale, ça changerait quoi concrètement ?
Dans l’immédiat, rien d’automatique : l’appel reste une demande adressée à l’OMS, pas une décision. Le statut le plus proche dans le droit de l’OMS est l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). L’OMS la déclare face à un événement extraordinaire qui fait courir un risque à d’autres États par la propagation internationale de maladies, selon sa définition officielle.
La décision revient au directeur général de l’OMS, après l’avis d’un comité d’urgence d’experts. Elle s’accompagne de recommandations temporaires adressées aux 196 États parties au Règlement sanitaire international. Ces recommandations expirent au bout de trois mois si elles ne sont pas renouvelées. Juridiquement, ce sont des avis non contraignants.
Le Covid-19 a été une USPPI de janvier 2020 à mai 2023. La mpox l’a été d’août 2024 au 5 septembre 2025, date de sa levée par le directeur général (Africanews). Depuis la révision entrée en vigueur le 19 septembre 2025, le règlement prévoit même un échelon supérieur, l’« urgence pandémique ».
Pourquoi alors un nouvel instrument plutôt qu’une USPPI ? La chaleur, la sécheresse ou la fumée des incendies ne passent pas d’un pays à l’autre comme un virus. La définition de l’USPPI, écrite pour les maladies qui voyagent, colle mal au climat. Les chercheurs veulent un outil taillé pour des menaces durables, qui frappent partout à la fois.
Pourquoi la chaleur tue-t-elle de plus en plus ?
Parce que le réchauffement multiplie les journées chaudes : les chercheurs lui attribuent 68 % des morts de chaleur de 2016 à 2023, soit 369 900 décès par an. L’année 2023, la plus chaude de la série, culmine à 710 000 décès liés à la chaleur, dont 71,5 % attribués au changement climatique.
Le deuxième facteur tient à l’âge : en France, deux tiers des morts de chaleur ont 75 ans ou plus. Le troisième surprend davantage. La chaleur tue surtout en dehors des canicules officielles.
Santé publique France a estimé à près de 33 000 les décès attribuables à la chaleur entre 2014 et 2022, entre 1 000 et 7 000 selon les étés. Seuls 28 % sont survenus pendant les canicules, qui ne couvraient que 6 % des jours étudiés (bilan de l’agence). Les journées simplement chaudes, bien plus nombreuses, pèsent plus lourd que les pics.
Le coût économique suit la même pente : en 2025, la chaleur a fait perdre 1 070 milliards de dollars de revenus du travail, 0,91 % du PIB mondial. L’Europe perd 0,2 % de son PIB, l’Afrique 3,2 % et l’Asie du Sud-Est 3,9 %. Les métiers en plein air paient le plus : l’agriculture absorbe 38 % des pertes et la construction 29 %.

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Et chez nous ?
Que dit le Lancet Countdown sur l’Europe et la France ?
Le volet européen, le rapport Lancet Countdown Europe 2026, suit 43 indicateurs. Publié le 22 avril 2026, il recense environ 62 000 morts liées à la chaleur en Europe en 2024. Presque toutes les régions suivies (99,6 %) voient ces décès augmenter. Les alertes sanitaires de chaleur extrême ont bondi de 318 % entre 1991-2000 et 2015-2024.
En France, Santé publique France mesure la surmortalité toutes causes pendant chaque canicule. Le premier épisode de l’été, du 17 juin au 2 juillet 2026, a fait 5 764 décès en excès, la plus forte surmortalité observée depuis 2003 (bulletin du 22 juillet 2026). Deux autres ont suivi, du 3 au 22 juillet puis du 27 juillet au 20 août. Ce dernier a égalé la plus longue canicule jamais observée, celle de juillet 1983.
| Épisode | Départements touchés | Décès observés | Décès attendus | Décès en excès | Excès (%) | Dont 75 ans et plus | Décès en excès par jour |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 17 juin au 2 juillet (16 jours) | 92 | 21 674 | 15 910 | 5 764 | 36,2 | 3 719 | 360 |
| 3 au 22 juillet (20 jours) | 78 | 14 713 | 13 470 | 1 243 | 9,2 | 917 | 62 |
| 27 juillet au 20 août (25 jours) | 79 | 16 552 | 15 735 | 817 | 5,2 | 751 | 33 |
| Total (61 jours) | n.d. | 52 939 | 45 115 | 7 824 | 17,3 | 5 387 | 128 |
Sur les 61 jours de canicule, la France a compté 128 décès en excès par jour en moyenne, et 360 par jour lors du premier épisode. Celui-ci a été le plus meurtrier par son intensité mais aussi par sa précocité, rapporte le site d’information médicale Vidal : en juin, les organismes n’étaient pas encore habitués à la chaleur. Les 75 ans et plus représentent 5 387 de ces décès. Le taux par habitant s’appuie sur les 66,8 millions d’habitants de l’Hexagone estimés par l’Insee au 1er janvier 2026.
Ce total dépasse déjà le haut de la fourchette des étés 2014 à 2022. La comparaison reste prudente : la surmortalité toutes causes et les décès attribuables à la chaleur ne se calculent pas de la même manière.
Qu’est-ce que le Lancet Countdown ?
Le Lancet Countdown est un suivi annuel des effets du climat sur la santé, publié dans la revue médicale The Lancet. Il est hébergé par l’University College London, à Londres (présentation du programme). L’édition 2026, la dixième, réunit 146 experts et suit 54 indicateurs, dont quatre nouveaux, de la mortalité liée à la chaleur aux investissements dans l’énergie (page officielle du rapport).
Le Countdown revient chaque automne avec les mêmes indicateurs, ce qui permet de comparer une année à l’autre et de dire que les risques accélèrent.
Le rapport voit-il des progrès ?
Le rapport en relève du côté de l’énergie, où les investissements mondiaux dans l’énergie propre ont atteint 2 100 milliards de dollars en 2025, 82 % de plus que ceux dans les énergies fossiles. La part de l’électricité renouvelable est passée de 5,5 % en 2016 à 13,5 % en 2023. La baisse de la pollution de l’air évite désormais 323 000 décès par an dans 77 pays.
« Les progrès ont été trop lents, trop faibles et n’atteignent pas ceux qui en ont le plus besoin », juge pourtant Marina Romanello. Pour la France, le bilan consolidé de l’été 2026 est attendu début 2027.
Questions courantes
Le Lancet Countdown publie-t-il un rapport sur l’Europe ?
Oui. Le rapport Europe 2026, paru en avril 2026 dans The Lancet Public Health, suit 43 indicateurs avec 65 experts de 46 institutions.
Une urgence sanitaire mondiale imposerait-elle des mesures à la France ?
Pas directement. La France est liée par le Règlement sanitaire international, mais les recommandations temporaires émises lors d’une urgence restent des avis que chaque pays applique ou non.
Où consulter les données du Lancet Countdown pays par pays ?
Le Lancet Countdown met en ligne un explorateur interactif de ses données 2026 ainsi que des ressources par pays, accessibles depuis son site officiel.
Les décès en excès d’une canicule sont-ils tous dus à la chaleur ?
Non. Santé publique France compte d’abord tous les décès au-dessus de la normale pendant l’épisode, toutes causes confondues. La part attribuable à la chaleur est calculée après la saison, dans le bilan consolidé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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