Une boule lumineuse orangée flotte au-dessus d'un plateau herbeux, près de l'impact d'un éclair, sous un ciel d'orage nocturne

La foudre en boule existe-t-elle vraiment ? Oui, et un labo chinois en a créé une miniature

Des milliers de récits, très peu de mesures, une boule recréée au laser : ce que la science sait vraiment de ce mystère des orages.

Sommaire
  1. La foudre en boule existe-t-elle vraiment ?
  2. À quoi ressemble une foudre en boule ?
  3. La foudre en boule est-elle dangereuse ?
  4. Pourquoi est-ce si dur à prouver ?
  5. Comment se forme la foudre en boule ?
  6. Qu'a fabriqué le laboratoire chinois ?

Décryptage

Oui, la foudre en boule existe : des caméras et un spectrographe l’ont enregistrée en juillet 2012 sur le plateau chinois du Qinghai, juste après un éclair tombé au sol. Publiée en 2014 dans la revue Physical Review Letters, c’est sans doute la première mesure de son spectre, selon l’American Physical Society. Sa nature reste discutée. En avril 2026, une équipe de l’Académie chinoise des sciences en a décrit une version miniature, recréée au laser, dans la revue Nature Photonics.

La foudre en boule existe-t-elle vraiment ?

Oui, et elle a été filmée par surprise. Jianyong Cen, Ping Yuan et Simin Xue, de l’université normale du Nord-Ouest (Lanzhou), enregistraient des éclairs ordinaires. La boule est apparue à environ 900 mètres de leurs appareils. Sa lueur faisait environ cinq mètres de large et filait à 8,6 mètres par seconde, selon le magazine Physics World ; selon l’American Physical Society, la boule elle-même était bien plus petite.

La foudre en boule filmée en juillet 2012 sur le plateau du Qinghai a brillé environ une seconde et demie et laissé dans son spectre du silicium, du fer et du calcium. Trois éléments qui abondent dans le sol.

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À quoi ressemble une foudre en boule ?

L’encyclopédie Larousse la décrit comme une boule incandescente jaune-orange d’une quinzaine de centimètres. Des témoins la voient tomber du ciel ou entrer par une cheminée, rouler au sol, puis disparaître ou exploser. François Arago en traitait déjà en 1837 dans sa notice sur le tonnerre, rappelle l’ouvrage du physicien Stanley Singer.

Le psychologue Alexander Keul, de l’université de Salzbourg (Autriche), a réuni en 2021 41 observations faites par des scientifiques ou des professionnels formés, de 1868 à 2020. La plupart des boules mesuraient moins de 20 centimètres. Leur durée médiane est de 4 secondes, et 73 % sont apparues pendant un orage.

La foudre en boule est-elle dangereuse ?

Elle peut l’être. Un cas fait date : le 6 août 1753, à Saint-Pétersbourg, le physicien Georg Wilhelm Richmann mesurait l’électricité d’un orage avec une barre de fer. Le graveur de l’Académie a vu une petite boule de foudre sauter de la barre jusqu’à son front. Richmann est mort sur le coup, relate la bibliothèque Linda Hall.

Comme la boule surgit surtout pendant un orage, les gestes de protection sont ceux de la foudre ordinaire : descendre des crêtes, s’accroupir pieds joints.

Pourquoi est-ce si dur à prouver ?

Parce que personne ne l’attend. Des milliers de récits ont été recueillis en plusieurs siècles, rappelle le météorologue Walter Lyons dans une note conservée par Météo-France. Il y compare la foudre en boule au Sasquatch, le yéti nord-américain.

En 2014, Martin Uman, spécialiste de la foudre à l’université de Floride, notait auprès du HuffPost britannique qu’aucun des nombreux programmes filmant la foudre en routine n’était, à sa connaissance, tombé sur une foudre en boule.

Comment se forme la foudre en boule ?

Personne ne le sait avec certitude, et deux pistes s’affrontent.

La première part du sol. L’éclair vaporiserait des minéraux riches en silicium, dont les poussières brûleraient lentement dans l’air en émettant de la lumière. L’ingénieur chimiste John Abrahamson, de l’université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), l’a proposée en 2000 avec James Dinniss. En 2007, une équipe brésilienne a obtenu des boules lumineuses d’une durée de l’ordre de la seconde en frappant du silicium avec un arc électrique. Le spectre du Qinghai colle à ce scénario. Reste à expliquer comment une boule traverse une fenêtre ou un mur, relevait Physics World en 2008.

La seconde piste voit dans la boule une poche d’ondes électromagnétiques piégée dans un plasma, un gaz devenu conducteur. C’est elle que teste l’expérience de 2026.

Qu’a fabriqué le laboratoire chinois ?

Le physicien Chuliang Zhou et ses collègues ont envoyé une impulsion laser ultracourte sur une aiguille de tungstène dont la pointe mesure 100 nanomètres. L’onde produite a ionisé de l’argon et formé une sphère de plasma d’environ 80 micromètres. Elle a grossi jusqu’à plusieurs centaines de micromètres en 100 nanosecondes en restant stable, détaille le site ScienceAlert.

Sauf que cette boule tient dans un grain de semoule. Les auteurs y voient un outil pour étudier la vieille énigme de la foudre en boule. Selon leurs calculs, une structure du même type nourrie par des micro-ondes pourrait atteindre plusieurs mètres et durer quelques secondes. Cette boule géante n’existe encore que sur le papier.

CasTailleDurée
41 observations de témoins formés (1868-2020)Moins de 20 centimètres pour la plupart4 secondes (médiane)
Boule du Qinghai (juillet 2012)Lueur d’environ 5 mètresEnviron une seconde et demie
Sphère de laboratoire (2026)80 micromètres, puis plusieurs centainesCroissance en 100 nanosecondes
Version aux micro-ondes (calculs des auteurs)Plusieurs mètresQuelques secondes

Sources : Keul (2021), Physics World (2014), ScienceAlert (2026).

Vrai ou faux ?

  1. Aucun instrument scientifique n’a jamais enregistré de foudre en boule.

    Faux. Des caméras et un spectrographe l’ont saisie en juillet 2012 sur le plateau du Qinghai, résultat publié en 2014.

  2. Un savant français décrivait déjà la foudre en boule en 1837.

    Vrai. François Arago lui consacre une section de sa notice sur le tonnerre, parue dans l’Annuaire du Bureau des longitudes.

  3. La boule recréée en laboratoire en 2026 tient plusieurs secondes.

    Faux. Elle grossit pendant 100 nanosecondes ; les secondes ne figurent que dans les calculs de l’équipe.

Le dossier tient donc à une mesure de terrain, celle du Qinghai en 2012, et à une sphère de laboratoire.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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