![]()
Sommaire
Récit
« Normale » ne veut pas dire ordinaire : l’école normale est celle qui donne la norme. La Convention lui donne ce nom le 30 octobre 1794 en votant, sur le rapport de Joseph Lakanal, la création d’une « École normale » à Paris.
Le décret du 9 brumaire an III dit dès son article premier à quoi elle sert. Des citoyens « déjà instruits dans les sciences utiles », appelés de toutes les parties de la République, y apprendront « l’art d’enseigner ».
« Normale » par rapport à quoi ?
Par rapport à une règle, pas à une moyenne. Le Dictionnaire de l’Académie française donne au latin normalis le sens propre de « fait à l’équerre », puis celui de « conforme à la prescription ». L’école normale joue le rôle de l’équerre : elle fixe le modèle que les autres écoles reproduiront.
Le plan de 1794 repose sur cette copie en chaîne. Près de 1 500 élèves sont attendus le 20 janvier 1795 dans un amphithéâtre du Muséum, devant Lagrange, Laplace, Monge ou Berthollet, rappelle l’histoire de l’École de l’an III. Une fois formés, ils doivent rentrer dans leurs départements et y ouvrir à leur tour des écoles normales.
Il faudra une loi sur l’instruction primaire pour que le plan prenne. Les écoles normales d’instituteurs, imposées dans chaque département par la loi Guizot du 28 juin 1833, ont formé les maîtres jusqu’aux IUFM ouverts à partir du 1er septembre 1990.
Citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Pourquoi l’École normale de 1794 n’a-t-elle duré que quatre mois ?
Elle promettait trop, trop vite, montre une étude de Caroline Warman (université d’Oxford), parue en 2020 dans la revue History of the Human Sciences. L’École normale a été montée sur le modèle d’une école de fabrication des armes qui avait fonctionné au printemps 1794. Ce modèle a fait naître des attentes d’efficacité impossibles à tenir, et il a pesé sur le sens prêté au mot.
L’école ferme le 19 mai 1795, mais le mot lui survit. L’anglais parle de « Normal schools » dès 1797, relève le site de linguistique Grammarphobia, et la première école normale publique des États-Unis ouvre à Lexington, dans le Massachusetts, le 3 juillet 1839.
Pourquoi dit-on « Normale sup » ?
L’école de Paris renaît en 1808 avec l’Université impériale, puis une ordonnance du 6 décembre 1845 la nomme « École normale supérieure », selon le recueil de ses textes officiels. L’adjectif distingue deux étages : il la sépare des écoles normales primaires des départements, qui forment les instituteurs.
D’autres écoles normales supérieures suivent : Fontenay-aux-Roses en 1880, Sèvres en 1881, Saint-Cloud en 1882. Un décret du 24 juillet 1985 fusionne Ulm et Sèvres. Leurs élèves restent des normaliens, et l’ENS-PSL se présente comme « le fruit d’une longue histoire commencée en 1794 ».
Que sont devenues les écoles normales ?
Elles ont laissé la place à trois instituts successifs. La loi d’orientation du 10 juillet 1989 crée dans chaque académie un institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). La loi du 8 juillet 2013 les remplace par les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), créées le 1er septembre 2013. La loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance leur substitue les instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (INSPE).
Le mot a failli revenir. En avril 2024, la réforme annoncée par l’exécutif prévoyait que « les INSPÉ seront progressivement transformés en écoles normales du XXIe siècle », selon l’Institut des hautes études de l’éducation et de la formation. La version relancée le 28 mars 2025 par François Bayrou et Elisabeth Borne tranche autrement : « Les Inspé demeureront, mais leur gouvernance sera modifiée », rapporte L’Etudiant.
À la rentrée 2026, les lauréats du premier concours placé à bac+3 commencent donc leur master dans un INSPE, pas dans une école normale.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève 5 novembre 2026 avion : la DGAC ne demande aucune annulation - 2
Grève du 5 novembre 2026 transport : métro normal, RER B à 1 sur 2 - 3
Grève nationale prévue jeudi 5 novembre 2026, qui appelle, quels trains, quelle retenue - 4
Élections de mi-mandat aux États-Unis le 3 novembre 2026, résultats dès minuit à Paris - 5
Grève SNCF 5 novembre : 1 TGV sur 10 supprimé, RER D à 1 train sur 3
Nos dossiers
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

