Un chemin forestier d’automne, un panneau temporaire de battue planté à l’entrée du sentier

92 accidents de chasse en un an selon l’OFB, dont 4 morts et 10 non-chasseurs

Le bilan officiel de l’OFB dit qui est blessé, dans quelles circonstances, et ce que risque vraiment un promeneur en forêt cet automne.

Sommaire
  1. En bref
  2. Combien d’accidents de chasse par an en France ?
  3. Les promeneurs sont-ils souvent victimes d’accidents de chasse ?
  4. Pourquoi 89 % des victimes sont-elles des chasseurs ?
  5. Dans quelles circonstances surviennent les accidents de chasse ?
  6. Pourquoi les accidents ont-ils été divisés par deux en vingt ans ?
  7. Accident de chasse : qui est responsable ?
  8. En forêt à la Toussaint, comment limiter le risque ?
  9. Questions courantes

Décryptage

L’Office français de la biodiversité a recensé 92 accidents de chasse en France sur la saison 2025-2026, dont 4 mortels. Les promeneurs restent rarement touchés : 10 victimes ne chassaient pas, et aucune n’est morte.

En bref

  • 4 morts sur la saison 2025-2026, le niveau le plus bas jamais enregistré par l’OFB (11 la saison précédente).
  • 89 % des victimes sont des chasseurs, et 3 des 4 morts ont été touchés par leur propre tir.
  • Un chasseur court un risque environ 600 fois plus élevé d’être touché qu’un habitant qui ne chasse pas, d’après les validations du permis et la population Insee.
  • Au grand gibier, le tir dans l’angle interdit des 30 degrés reste la première cause d’accident.

Combien d’accidents de chasse par an en France ?

Le décompte vient du bilan 2025-2026 du Réseau national sécurité à la chasse, publié par l’OFB en juillet 2026. Il ne compte que les blessures causées par l’emploi d’une arme de chasse. Sur les 92 victimes de la saison, 4 sont mortes, 57 ont été gravement blessées et 31 légèrement.

En 2006-2007, l’office comptait 179 accidents et 22 morts. La moyenne sur vingt saisons s’établit à 128 accidents par an, selon le bilan. Les accidents ont baissé de 49 % en vingt ans, résume la présentation de la saison par l’OFB. Pour les morts, 4 est le « chiffre le plus bas jamais enregistré », écrit le bilan.

Jusqu’en 2019-2020, la courbe oscille entre 113 et 179 accidents par saison. Elle tombe ensuite à 80 en 2020-2021, et ne remonte plus à son niveau d’avant.

De 179 accidents en 2006-2007 à 92 en 2025-2026 : la baisse s’est arrêtée depuis six saisons, sous la moyenne de 128.
De 179 accidents en 2006-2007 à 92 en 2025-2026 : la baisse s’est arrêtée depuis six saisons, sous la moyenne de 128.
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Depuis cette marche, la baisse s’est arrêtée : 90, 78, 97, 100, puis 92 accidents. Le bilan parle de chiffres « stables depuis 6 saisons », toutes sous la moyenne de vingt ans. Ce plancher varie pourtant d’une vingtaine d’accidents d’une saison à l’autre.

Les promeneurs sont-ils souvent victimes d’accidents de chasse ?

Non. Dix non-chasseurs ont été touchés en 2025-2026, contre 16 la saison précédente : 4 gravement, 6 légèrement. Aucun n’est mort, pour la quatrième saison consécutive. Sur vingt ans, les non-chasseurs représentent 12 % des victimes en moyenne, et 11 % cette saison.

Le gouvernement a dénombré 909 560 validations du permis de chasser pour 2025-2026, dans une réponse à un député publiée le 22 septembre 2026. Selon notre calcul, environ 9 chasseurs sur 100 000 ont été blessés ou tués par une arme de chasse en une saison. Pour les quelque 68,2 millions d’habitants qui ne chassent pas, le taux tombe à 0,015 pour 100 000 (l’Insee estime la population à 69,1 millions au 1er janvier 2026).

Un habitant qui ne chasse pas avait une chance sur 6,8 millions d’être touché sur la saison ; un chasseur, un risque environ 600 fois plus élevé. Ce taux moyen vaut pour toute la population : un randonneur qui marche chaque dimanche en zone de battue s’expose davantage, dans une proportion que le bilan ne mesure pas.

Les dégâts sans blessé sont plus fréquents : l’OFB a compté 122 incidents en 2025-2026. Parmi ces tirs, 53 ont touché des habitations, 23 des voitures et 46 des animaux domestiques. C’est moins que les 135 de la saison précédente, mais au-dessus de la moyenne de quinze saisons (99 par an). La distance moyenne entre le tireur et l’impact atteint 214 mètres, avec des extrêmes proches de 2 000 mètres.

Pourquoi 89 % des victimes sont-elles des chasseurs ?

D’abord parce que le chasseur est souvent touché par sa propre arme. Ces auto-accidents représentent 36 des 92 accidents de la saison (39 %), contre 31 % en moyenne sur vingt ans. Ils pèsent plus lourd encore parmi les morts : 3 des 4 accidents mortels de 2025-2026, un au grand gibier et deux au petit gibier.

Le quatrième décès est un tir dans l’angle des 30 degrés, pendant une chasse au grand gibier. Les chasseurs sont aussi les plus exposés : ils manipulent l’arme, se déplacent avec elle et se tiennent près de la ligne de tir des autres. Le réseau de l’OFB en tire une leçon de formation : « L’apprentissage du port de l’arme en action de chasse (au poste comme en déplacement) semble indispensable ».

Dans quelles circonstances surviennent les accidents de chasse ?

Deux accidents sur trois (66 %) ont lieu pendant une chasse au grand gibier (sanglier, cerf, chevreuil), contre 56 % en moyenne sur vingt ans. La première cause y reste le tir dans l’angle des 30 degrés (32 % des cas). En battue, chaque chasseur posté s’interdit de tirer dans un angle de 30 degrés autour de la direction de ses voisins. L’OFB rappelle comment le matérialiser : 5 pas vers le chasseur ou le bâtiment le plus à l’extérieur de la battue, puis 3 pas à angle droit.

Viennent ensuite les manipulations de l’arme (27 %), le tir dans la traque, la zone où avancent rabatteurs et chiens (10 %), puis les chutes (7 %). Selon l’office, 92 % des accidents résultent d’une faute humaine. Les 8 % restants surviennent malgré le respect des règles.

Au petit gibier (lièvre, faisan, bécasse), 31 accidents ont été recensés. La première cause y est la non-prise en compte de l’environnement (40 %), devant les manipulations (20 %), la chute de l’arme chargée (17 %) et la chute du chasseur (13 %). L’OFB décrit un « effet tunnel » au moment de viser : « Il est donc impératif de regarder son environnement avant d’épauler. Après, il est trop tard. »

Sur 57 auteurs d’accidents testés en 2025-2026, 5 étaient positifs à l’alcool (8,8 %), pour un taux moyen de 7,9 % sur vingt saisons. La chevrotine, autorisée depuis deux saisons dans 30 départements pour tirer le sanglier en chasse collective, est en cause dans 5 accidents sur ces deux saisons. L’un a été mortel, et 3 de ces 5 tirs étaient des ricochets.

Pourquoi les accidents ont-ils été divisés par deux en vingt ans ?

La formation est la piste que retient l’OFB, à commencer par l’examen pratique du permis de chasser, instauré en 2003. Les titulaires d’un permis plus ancien forment 64 % des chasseurs actuels, mais 76 % des auteurs d’accidents depuis 2003. La formation décennale à la sécurité joue « dans une plus faible proportion » : 49 % des auteurs d’accidents depuis 2020 l’avaient suivie, contre 54 % de l’ensemble des chasseurs.

L’âge ne ressort pas comme facteur de risque : les plus de 65 ans semblent même « proportionnellement moins à risque », avec 37 % des chasseurs et 29 % des auteurs d’accidents depuis 2003. La gravité recule elle aussi : en 2006-2007, environ un accident sur huit était mortel ; en 2025-2026, un sur vingt-trois.

Accidents de chasse par saison en France, 2006-2007 à 2025-2026 (source : OFB, Réseau national sécurité à la chasse ; part mortelle recalculée par nos soins)
SaisonAccidentsDont mortelsGrand gibierPetit gibierPart mortelle (%)
2006-2007179221017812,3
2007-20081631585789,2
2008-200914622846215,1
2009-201017419829210,9
2010-201113118725913,7
2011-201214316776611,2
2012-201317921869311,7
2013-201411416635114,0
2014-201512214695311,5
2015-20161461086606,8
2016-201714318796412,6
2017-201811313714211,5
2018-2019131784475,3
2019-20201361174628,1
2020-202180747338,8
2021-202290859318,9
2022-202378648307,7
2023-202497654436,2
2024-202510011633711,0
2025-202692461314,3

Le plan sécurité présenté par le gouvernement le 9 janvier 2023 prévoyait d’interdire la chasse sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants, selon Maire-info. Il annonçait aussi une formation obligatoire des organisateurs de battue et des panneaux standardisés pour les chasses collectives. Le bilan de l’OFB ne mesure pas l’effet propre de ces mesures, arrivées alors que la courbe avait déjà touché son plancher. Les 11 morts de 2024-2025 montrent que ce niveau bas reste fragile.

Accident de chasse : qui est responsable ?

Le tireur en répond, et son assureur indemnise la victime. Tout chasseur doit détenir une assurance responsabilité civile chasse qui couvre pour « une somme illimitée » les dommages causés à autrui, y compris par ses chiens, rappelle Service-public.fr. Si le contrat est résilié ou suspendu, le permis cesse d’être valable.

Le directeur général de l’OFB a en outre prononcé 38 suspensions administratives du permis en 2025-2026, en hausse sur un an. Vingt-cinq faisaient suite à une blessure grave ou mortelle, 13 à une mise en danger sans blessé, dont 9 près d’une habitation.

En forêt à la Toussaint, comment limiter le risque ?

Aucun jour de la semaine n’est fermé à la chasse au niveau national : le plan de 2023 a écarté cette piste au profit d’une « sécurité renforcée sept jours par semaine ». Le calendrier se joue donc commune par commune.

Les sorties d’automne, pendant les vacances de la Toussaint, pour les champignons ou pour écouter le brame du cerf, croisent les battues au grand gibier, qui concentrent 90 % des incidents recensés sur six saisons. Les panneaux « chasse en cours » posés à l’entrée des chemins signalent une battue active. Sur ces six saisons, près d’un incident sur deux (47 %) s’est produit à moins de 100 mètres du tireur.

Questions courantes

Combien de morts par accident de chasse chaque année en France ?
L’OFB a compté 4 morts sur la saison 2025-2026, 11 en 2024-2025 et 6 lors de chacune des deux saisons précédentes. En 2006-2007, il en recensait 22.

Combien d’accidents au grand et au petit gibier chaque saison ?
Sur vingt saisons, l’OFB compte en moyenne 72 accidents par an au grand gibier et 56 au petit gibier. En 2025-2026, ils étaient 61 et 31 ; au petit gibier, la baisse atteint 60 % depuis 2006.

Combien de chasseurs l’OFB a-t-il contrôlés ?
Lors de l’opération nationale menée du 28 novembre au 14 décembre 2025, les inspecteurs ont mené 1 445 missions et contrôlé près de 10 000 chasseurs. Ils ont relevé 475 infractions, dont 247 touchaient à la sécurité.

Le permis de chasser est-il difficile à obtenir ?
Le taux de réussite à l’examen reste stable, entre 71,7 % et 72,9 % selon l’OFB, qui note une hausse de 5,4 % des sessions d’examen sur un an.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Élise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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