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Entre 60 et 75 degrés de latitude nord, l’aurore boréale s’allume plus d’une nuit sur deux sur l’année, selon le centre américain de météo spatiale. Le nord de la Norvège, la Laponie finlandaise et l’Islande sont dans cette bande. On y part de septembre à mars, avec un pic autour des équinoxes, et l’on guette le ciel entre 22 heures et 2 heures.
Plus au sud, il faut une tempête géomagnétique, un sursaut du champ magnétique terrestre provoqué par une éruption du Soleil, que la NOAA classe de G1 à G5. Selon notre calcul sur l’échelle NOAA, une tempête G3 ou plus (Kp 7), nécessaire pour voir une aurore depuis Paris, survient en moyenne 17 à 18 jours par an.
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Où voir des aurores boréales ?
Tromsø, Rovaniemi et Reykjavik sont les trois bases classiques des chasseurs d’aurores, mais ce qui compte est la latitude géomagnétique. Le pôle Nord géomagnétique se trouve en 2025 par 80,85 degrés nord et 72,76 degrés ouest, d’après le modèle magnétique mondial de la NOAA.
Reykjavik, à 64,2 degrés de latitude, se trouve à 68,8 degrés de latitude géomagnétique : plus « au nord » que Tromsø (67,5), pourtant située 5,5 degrés plus haut sur la carte. Le même décalage avantage la France, placée du bon côté du pôle : Paris gagne 1,5 degré, Brest 2,6.
| Lieu | Latitude géographique (°N) | Latitude géomagnétique (°) | Écart (°) | Tempête nécessaire (repère NOAA) |
|---|---|---|---|---|
| Reykjavik (Islande) | 64,2 | 68,8 | +4,6 | aucune, sous l’ovale |
| Tromsø (Norvège) | 69,7 | 67,5 | −2,2 | aucune, sous l’ovale |
| Rovaniemi (Finlande) | 66,5 | 63,6 | −2,9 | aucune, sous l’ovale |
| Lille | 50,6 | 52,0 | +1,4 | G3 (Kp 7) |
| Brest | 48,4 | 51,0 | +2,6 | G3 (Kp 7) |
| Paris | 48,9 | 50,4 | +1,5 | G3 (Kp 7) |
| Lyon | 45,8 | 47,0 | +1,2 | G4 (Kp 8) |
| Marseille | 43,3 | 44,5 | +1,2 | G4 forte à G5 (Kp 9) |
Pourquoi ces latitudes et pas les autres ?
Le champ magnétique terrestre guide les particules du vent solaire vers deux anneaux centrés sur les pôles magnétiques, les ovales auroraux. Là, elles font briller les gaz de la haute atmosphère.
Quand le Soleil projette vers la Terre une éjection de masse coronale, l’ovale s’élargit et glisse vers l’équateur, jusqu’au-dessus de l’Europe moyenne. Le vulgarisateur Jamy Gourmaud décompose ce mécanisme en une minute pour France Télévisions.
Quand voir les aurores boréales ?
La NOAA conseille de sortir entre 22 heures et 2 heures, heure locale. Les meilleures saisons tombent autour des équinoxes de printemps et d’automne, d’après ses conseils d’observation. L’été arctique est exclu : le soleil de minuit ne laisse aucune nuit noire. La pleine lune et l’éclairage urbain pâlissent l’aurore : visez une nuit sans nuages, loin des villes.
L’indice Kp, noté de 0 à 9, résume l’agitation magnétique. La NOAA publie toutes les douze heures (0 h 30 et 12 h 30 UTC) une prévision à trois jours du niveau de tempête attendu. Sa carte à 30 minutes montre l’ovale avec 30 à 90 minutes d’avance.
Et chez nous ?
Peut-on voir des aurores boréales en France ?
Oui, pendant une tempête géomagnétique, et d’autant plus facilement qu’on habite au nord. Chaque niveau de l’échelle NOAA des tempêtes correspond à un indice Kp et à une latitude jusqu’où l’aurore descend typiquement. Ce seuil vaut 50 degrés géomagnétiques pour une G3, 45 pour une G4, 40 pour une G5.
| Niveau | Indice Kp | Latitude géomagnétique typique (°) | Jours de tempête par cycle | Jours par an (moyenne) |
|---|---|---|---|---|
| G2 (modérée) | 6 | 55 | 360 | 32,7 |
| G3 (forte) | 7 | 50 | 130 | 11,8 |
| G4 (sévère) | 8 | 45 | 60 | 5,5 |
| G5 (extrême) | 9 | 40 | 4 | 0,4 |
Ces fréquences sont des moyennes sur un cycle de onze ans, et les tempêtes se groupent dans ses années actives. Un jour de tempête ne fait pas non plus une nuit d’aurore : il faut que le pic tombe de nuit sur l’Europe et que le ciel soit dégagé.
Quand a-t-on vu des aurores en France ?
Le 10 mai 2024, une tempête G5 (Kp 9), la plus intense depuis novembre 2003, a balayé le ciel. Draperies et piliers lumineux ont été vus sur toute la métropole et la Corse, selon les observations réunies par la Société astronomique de France.
Le 19 janvier 2026, la NOAA a relevé des niveaux G4 dès 19 h 38 UTC, à l’arrivée d’une éjection de masse coronale. Cette nuit-là, des arcs verts et parfois rosés ont été vus depuis Le Grand-Bornand et Flaine, selon Haute-Savoie Tourisme. Le Grand-Bornand est à 46,9 degrés de latitude géomagnétique : dans le champ d’une G4, comme le prévoit l’échelle.
Verra-t-on des aurores cet hiver ?
La NASA et la NOAA ont annoncé le 15 octobre 2024 que le Soleil entrait dans sa période de maximum, partie pour durer encore environ un an. L’hiver 2026-2027 s’ouvre donc en phase de déclin du cycle solaire 25. Sauf que janvier 2026 l’a montré : le déclin n’interdit pas une G4 au-dessus des Alpes.
À Tromsø, une nuit claire suffit souvent ; à Marseille, il faut une tempête de la trempe de celle de mai 2024.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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