![]()
Sommaire
- Que fait-on pendant ces 20 minutes ?
- Les deux méditations agissent-elles de la même façon ?
- Que disent les méta-analyses sur la méditation et la dépression ?
- Pourquoi l’effet paraît plus fort face à une liste d’attente ?
- La méditation peut-elle remplacer un traitement ?
- À qui s’adresser si la déprime s’installe ?
Fixer son souffle ou questionner ses pensées : deux méditations allègent la déprime, par des chemins différents. En 2026, un essai mené auprès de 147 adultes recrutés en France a montré que 20 minutes de méditation par jour, cinq jours sur sept pendant quatre semaines, réduisent davantage les symptômes dépressifs qu’une liste d’attente. L’étude parue dans Mindfulness le 26 mars 2026 est signée Céline Stinus (université de Navarre) et Sophie Berjot (université de Reims Champagne-Ardenne).
Le bénéfice est modéré et concerne des volontaires en bonne santé, surtout des femmes de 44 à 49 ans en moyenne selon les groupes. Aucun ne prenait de traitement psychiatrique, n’avait reçu de diagnostic ni ne méditait déjà, détaille le compte rendu de PsyPost. Le titre de l’étude parle de prévenir la dépression, pas de la soigner.
Que fait-on pendant ces 20 minutes ?
Dans l’attention focalisée, on pose son attention sur un objet, le plus souvent le souffle : on remarque quand l’esprit s’égare, puis on y revient. Dans l’auto-enquête, on examine ses pensées et l’idée qu’on se fait de soi, en se demandant d’où elles viennent et comment elles pèsent sur ses émotions et ses actes.
Comment ça marche
- Cinq séances de groupe
Une heure en ligne, cinq fois en quatre semaines, pour apprendre la technique.
- Vingt minutes seul
À la maison, 20 minutes de pratique, cinq jours sur sept.
- Version attention focalisée
L’attention posée sur le souffle ; chaque distraction remarquée devient le signal du retour.
- Version auto-enquête
Des questions adressées à ses propres pensées : d’où vient celle-ci ? Comment pèse-t-elle sur ce que je ressens et ce que je fais ?
- Avant et après
Des questionnaires remplis une semaine avant le début et dans les sept jours après la fin.
Les deux méditations agissent-elles de la même façon ?
Non : le résultat se ressemble, le mécanisme diffère. Les deux groupes ont vu reculer leurs symptômes dépressifs et leur « menace identitaire », l’impression que l’image de soi est attaquée ou dévalorisée. Dans les deux, le décentrement a progressé.
Avec l’attention focalisée, ce décentrement explique à lui seul la baisse des symptômes dépressifs. Ce groupe est aussi le seul à avoir assoupli ses « attitudes dysfonctionnelles », ces croyances rigides qui nourrissent la dépression.
Les pratiquants de l’auto-enquête se sont sentis plus proches de la nature et des autres humains (un résultat exploratoire), et le lien ressenti avec les autres humains explique en partie le recul de la menace identitaire. Ce qui a allégé leur humeur, aucune mesure de l’essai ne l’explique. Les deux pratiques « apportent des bénéfices comparables […] mais opèrent par des mécanismes en partie distincts », concluent les autrices.
Que disent les méta-analyses sur la méditation et la dépression ?
En 2014, une équipe de l’université Johns Hopkins a passé en revue 47 essais et 3 515 participants dans JAMA Internal Medicine. Face à un groupe témoin actif, la méditation de pleine conscience améliorait modestement la dépression, avec une taille d’effet de 0,30 à huit semaines, puis de 0,23 entre trois et six mois.
Sur 100 personnes qui méditent, 62 vont mieux à huit semaines que le participant médian du groupe témoin, selon notre conversion de ces tailles d’effet, contre 50 si la méditation ne changeait rien. Entre trois et six mois, elles ne sont plus que 59.

Reprendre ce graphique ou citer ce chiffre
Citez ce chiffre en mentionnant Actu Alt Plus :
Ou réutilisez ce graphique librement sur votre site, attribution incluse :
Pourquoi l’effet paraît plus fort face à une liste d’attente ?
Parce qu’attendre n’apporte rien, alors qu’un traitement actif apporte déjà son propre bénéfice. La méta-analyse de Bassam Khoury (Clinical Psychology Review, 2013, 209 études, 12 145 participants) le montre tous troubles confondus. L’effet des thérapies fondées sur la pleine conscience y atteint 0,53 face à une liste d’attente, mais 0,33 face à d’autres traitements actifs.
Or l’essai de Navarre et de Reims compare à une liste d’attente. Les membres du groupe témoin savaient qu’ils attendaient ; 20 ont abandonné, contre 4 ou 5 dans chaque groupe de méditation. Tout repose sur des questionnaires remplis par les participants, sans suivi au-delà d’un mois. Céline Stinus a animé seule toutes les séances en ligne, et l’étude n’a pas été préenregistrée.
La méditation peut-elle remplacer un traitement ?
Rien ne montre qu’elle fasse mieux : les revues de 2014 et de 2013 la placent au mieux à égalité. La première ne trouvait aucun programme de méditation supérieur à un traitement actif. La seconde ne voyait pas de différence avec les thérapies cognitives et comportementales, ni avec les médicaments (sur trois études).
Sur les rechutes, la méditation tient la comparaison : dans l’essai britannique PREVENT, paru dans The Lancet en 2015, 44 % des 212 patients suivis en thérapie cognitive fondée sur la pleine conscience ont rechuté en deux ans. Chez ceux qui gardaient leur antidépresseur, c’était 47 % (résultats présentés par le Vidal). Le psychiatre Christophe André (hôpital Sainte-Anne, Paris) la présentait la même année sur Allodocteurs comme un outil de prévention des rechutes, non validé pour guérir.
À qui s’adresser si la déprime s’installe ?
À un psychologue partenaire du dispositif Mon soutien psy, prévu pour une souffrance psychique légère à modérée. On peut prendre rendez-vous directement, sans passage obligé chez le médecin. Mon soutien psy rembourse jusqu’à 12 séances par an, à 50 euros la séance, prise en charge à 60 % par l’Assurance maladie.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Céline Dion en concert : dernières dates, horaires et billets - 2
7 séances de musculation réduisent la graisse du ventre avant toute perte de poids, chez la souris - 3
Vacances de la Toussaint 2026, dates par zone et outre-mer - 4
Prix Nobel 2026, les lauréats des six prix et leur dotation - 5
Protéines des seniors : sans viande, autant de force mais 42 % de muscle gagné en moins
Nos dossiers
- Océan109
- Record du monde35
- Espace48
- Histoire110
- Famille97
- Évolution98
- Pouvoir d’achat167
- Climat144
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

