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« Une fille est la championne de Gazzer. » Écrite à la place de « Joan est la championne de Gazzer », cette phrase a suffi à faire croire à des enfants et à des adultes que moins de femmes pratiquaient ce jeu inventé. C’est le résultat d’une étude présentée le 14 octobre 2026 par l’université de New York (NYU) et parue dans le Journal of Experimental Psychology: General. Chez plus de 1 100 enfants et adultes interrogés aux États-Unis, les messages qui célèbrent une réussite féminine en soulignant le genre ont réduit l’envie d’essayer l’activité et, chez les adultes, la confiance dans les capacités des femmes. L’effet touche les filles comme les garçons, les femmes comme les hommes.
Qu’ont lu les participants ?
Des phrases presque identiques, sur des jeux inventés pour qu’aucun cliché existant ne s’en mêle. Un seul mot changeait : un prénom, ou « une fille ».
Avec « une fille », les lecteurs ont ensuite estimé que moins de femmes pratiquaient l’activité. Les adultes ont jugé les femmes moins douées pour elle, et les lecteurs ont eu moins envie de s’y essayer eux-mêmes. Le travail est signé April Bailey, de l’université d’Édimbourg, avec Maya Kreitman et Andrei Cimpian, professeur de psychologie à NYU. Le communiqué de l’étude range dans la même famille des intitulés bien réels : « Space4Women », « Coding for Girls » ou « Women’s Chess Champion ».
Pourquoi un compliment dessert-il celles qu’il vise ?
Le lecteur lit entre les lignes : si l’on précise qu’une championne est une fille, c’est que la chose paraît rare. Le message installe l’exception qu’il voulait combattre. Les adultes y étaient plus sensibles que les enfants, signe pour les chercheurs qu’ils déduisent davantage ce qu’on ne leur dit pas.
Quand les messages parlaient de groupes imaginaires, des « Daxes », plutôt que de femmes et d’hommes, l’effet disparaissait. Le mot « fille » ne pèse que parce qu’il réveille des croyances déjà installées sur les femmes et les hommes. Les auteurs ne plaident pas pour autant le silence.
« La visibilité compte toujours. Ce qui est contre-productif, c’est de mettre en avant le genre des femmes comme raison de les célébrer. »
Andrei Cimpian, professeur de psychologie à NYU
Et chez nous ?
En France, où se creuse l’écart en maths ?
L’écart s’ouvre au milieu du CP, selon une note statistique de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale. Au tout début du CP, les filles font mieux que les garçons en mathématiques. Au milieu de l’année, les garçons prennent 10 points d’avance sur l’échelle des évaluations nationales. L’écart monte à 19 points en CE1 et culmine à 32 en CM2, avant de redescendre autour de 20 points au collège et au lycée.

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En sixième, cet écart est passé de 9 points en 2020 à 21 en 2024. L’enquête internationale TIMSS mesure la même pente. En CM1, les garçons français devancent les filles de 23 points en 2023, contre 13 en 2019 et 6 en 2015, selon les résultats publiés par la DEPP.
Face à un tel écart, la tentation est de répéter aux élèves que « les filles aussi sont bonnes en maths ». L’étude de NYU ne mesure pas des notes, mais elle montre qu’un message qui souligne le genre peut faire croire que les filles qui réussissent sont rares.
Alors, que dire à un enfant ?
Une deuxième équipe arrive au même conseil que celle de NYU, en observant des familles. Publiée en février 2026 dans la même revue, une étude préenregistrée de Benitez, Foster-Hanson et Rhodes a enregistré à distance 192 duos parent-enfant qui parlaient du genre, avec des enfants de 3 à 5 ans. Plus les parents parlaient des filles et des garçons en général, plus les enfants voyaient le genre comme une nature et adhéraient aux stéréotypes. Même quand la phrase se voulait égalitaire.
Les deux études convergent vers le même geste, qui tient à un mot :
- plutôt que « Les filles aussi sont bonnes au foot ! », dire « Cette fille est très forte au foot ! » ;
- plutôt que « Une fille est la championne », dire « Joan est la championne ».
April Bailey, de l’université d’Édimbourg, conseille de montrer simplement des femmes qui réussissent dans ces domaines, sans faire de leur genre le sujet.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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