Une main tient un smartphone qui affiche une demande d'empreinte digitale pour ouvrir une session

Passkeys, comment ça marche : l’essai « piège » qui divise les développeurs

Un essai qualifie les passkeys de piège et divise les développeurs. Ce qui tient dans la critique, et ce qui se passe si vous perdez votre téléphone.

Sommaire
  1. Comment ça marche, une passkey ?
  2. Le « piège » dénoncé tient-il ?
  3. Que se passe-t-il si je perds mon téléphone ?
  4. Comment utiliser ou supprimer une passkey sans s'enfermer ?

Décryptage

5 milliards de passkeys sont en service dans le monde, estime la FIDO Alliance, le consortium qui écrit la norme. Un essai publié le 10 octobre 2026 conseille pourtant de ne pas s’en servir. Intitulé « Passkeys are a trap » (les passkeys sont un piège) et signé du pseudonyme The Hack, il a dépassé 460 points et 250 commentaires sur Hacker News.

Le fait

Un essai publié sur la plateforme Substack accuse les passkeys d’ouvrir la voie au verrouillage. Demain, un site pourrait n’accepter que les clés créées par un logiciel « approuvé ». Sur Hacker News, les développeurs se partagent entre la crainte d’un tel scénario et l’idée qu’il reste théorique.

Notre lecture

Le risque décrit repose sur l’attestation, une option de la norme. Il existe sur le papier, mais il ne touche pas le grand public aujourd’hui. Pour un particulier, le danger concret est ailleurs : perdre l’accès à ses comptes en perdant son téléphone, ou laisser quelqu’un qui connaît son code le déverrouiller.

La nuance

La passkey résiste à l’hameçonnage, que le mot de passe et les codes à usage unique ne bloquent pas. En contrepartie, une passkey synchronisée dépend entièrement du compte Apple, Google ou du gestionnaire qui la garde. Ce compte devient la clé de toutes les autres.

À surveiller

Les sites qui exigeraient une attestation des particuliers, à commencer par les banques citées dans la discussion. Et l’adoption réelle de Credential Exchange, la norme qui permet de déménager ses passkeys d’un gestionnaire à l’autre.

Comment ça marche, une passkey ?

Une passkey remplace le mot de passe par une paire de clés cryptographiques. La CNIL la définit dans sa recommandation sur l’authentification multifacteur, adoptée le 20 mars 2025 : « une paire unique de clés privée et publique, générée dans un dispositif matériel ou logiciel ».

75 % des personnes interrogées dans dix pays, dont la France, ont activé une passkey sur au moins un compte (FIDO Alliance, mai 2026). Elles ne sont que 49 % à s’en servir régulièrement quand un site le propose. Au moins un sondé sur quatre a donc créé une clé dont il ne se sert pas régulièrement.

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Comment ça marche

  1. Le site propose une clé

    Quand vous acceptez de créer une passkey, votre appareil fabrique deux clés liées : une privée, qu’il garde, et une publique, qu’il envoie au site.

  2. Vous revenez vous connecter

    Le site envoie un défi, une donnée aléatoire à signer, sans vous demander de secret à taper.

  3. Le téléphone vérifie que c’est vous

    Empreinte, visage ou code de déverrouillage : ce contrôle se fait sur l’appareil. Le site ne reçoit ni votre empreinte ni votre code.

  4. La clé privée signe le défi

    Elle reste sur l’appareil, et sa signature est liée à l’adresse exacte du site : sur une copie frauduleuse, elle ne fonctionne pas.

  5. Le site contrôle avec la clé publique

    Si la signature correspond, la session s’ouvre. Une fuite de la base du site ne livre que des clés publiques, inutiles pour se connecter.

  6. La clé se copie sur vos autres appareils

    Trousseau iCloud, Gestionnaire de mots de passe de Google ou application tierce : la clé circule chiffrée de bout en bout entre vos appareils.

Le « piège » dénoncé tient-il ?

L’essai vise l’attestation à distance, qui permet à un site de vérifier cryptographiquement que votre clé vient d’un gestionnaire « approuvé ». L’auteur redoute que les sites finissent par rejeter les passkeys non attestées. Les utilisateurs de Linux ou de GrapheneOS, une version alternative d’Android, resteraient alors à la porte.

Dans la discussion, des développeurs rappellent que le navigateur affiche une demande d’autorisation quand un site réclame l’attestation. Apple la réserve aux appareils gérés par une entreprise, comme l’expliquait sa présentation « Deploy passkeys at work » en 2023. D’autres voient les banques ouvrir la voie, habituées à imposer leurs propres règles de sécurité.

Les passkeys « peuvent réduire les attaques par hameçonnage, car aucun mot de passe n’est transmis au fournisseur de services », note le Centre canadien pour la cybersécurité dans ses considérations sur les clés d’accès d’avril 2026.

Vidéo : Les passkeys sont-ils la clé vers la fin des mots de passe ? (France Inter, YouTube)

Que se passe-t-il si je perds mon téléphone ?

Chez Apple, les passkeys vivent dans le trousseau iCloud, chiffré de bout en bout. Si vous perdez tous vos appareils, elles se récupèrent par un séquestre protégé contre les attaques par force brute, « y compris par Apple ». La page « À propos de la sécurité des clés d’accès » fixe la limite : « Seules dix tentatives d’authentification sont autorisées ». Au-delà, l’enregistrement du séquestre est détruit.

Chez Google, une passkey synchronisée se déchiffre sur un nouvel appareil avec le code de verrouillage d’un ancien téléphone Android. À défaut, un code PIN propre au Gestionnaire de mots de passe fait l’affaire, selon la documentation pour les développeurs. En cas de vol, l’aide du compte Google recommande de supprimer la clé de l’appareil perdu depuis un appareil resté accessible. Elle prévient aussi que « toute personne capable de déverrouiller votre appareil peut accéder à votre compte Google ».

Passkeys perdues ou volées : Apple et Google
QuestionAppleGoogle
Où sont gardées les clésTrousseau iCloud, chiffré de bout en boutGestionnaire de mots de passe de Google
Récupération sur un nouvel appareilSéquestre iCloud ou contact de récupérationCode de verrouillage d’un ancien Android ou PIN du Gestionnaire
Garde-fouSéquestre détruit après 10 tentativesSupprimer la clé de l’appareil perdu
Transfert vers un autre gestionnaireDepuis les systèmes 26Depuis le 1er juin 2026

Comment utiliser ou supprimer une passkey sans s’enfermer ?

Une passkey s’utilise là où on l’a créée, puis partout où le gestionnaire la synchronise. Pour en retirer une d’un compte Google, le chemin passe par « Sécurité et connexion », puis « Clés d’accès et clés de sécurité ». La suppression côté site n’efface pas forcément la copie gardée par le gestionnaire.

Depuis les systèmes 26, Apple permet de transférer ses passkeys entre les applications de gestion d’identifiants « participantes », selon sa présentation « What’s new in passkeys » de juin 2025. Sur Android, la portabilité des passkeys est arrivée par les services Google Play le 1er juin 2026.

Le profil décide : une personne qui recycle le même mot de passe partout gagne nettement à passer aux passkeys, parce qu’un faux site ne peut plus rien lui soutirer. Un utilisateur de Linux ou d’un Android modifié a intérêt à garder ses clés dans un gestionnaire indépendant, exportable.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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