Un Soleil devenu naine blanche, entouré de bouffées de gaz éjectées dans toutes les directions, tandis qu’une planète à anneaux dérive au premier plan.

Système solaire : le Soleil mourant disloquerait ses géantes 100 fois plus vite que prévu

Selon une étude parue le 21 septembre 2026, les planètes géantes ne tiendraient qu’un milliard d’années environ après la mort du Soleil, contre 100 milliards d’années dans les estimations précédentes. La cause : le Soleil perdra sa masse par à-coups. Cet article reporte ces échéances sur un calendrier où l’Univers tient en un an.

Vous comptiez sur 100 milliards d’années de répit pour les planètes géantes ? Comptez plutôt un milliard d’années après la mort du Soleil, selon Konstantin Batygin et Jim Fuller (Caltech) et Fred Adams (université du Michigan). Leur étude, parue le 21 septembre 2026 dans The Astrophysical Journal Letters, désigne un coupable inattendu : le Soleil lui-même, qui perdra sa masse par à-coups.

Environ 90 % des simulations publiées le 21 septembre 2026 dans The Astrophysical Journal Letters voient le système solaire externe se détruire dans les 3 milliards d’années qui suivent la mort du Soleil. Dans 40 % des cas, la casse commence avant, pendant la phase de géante rouge (prépublication arXiv). « Nous les perdons. Dans neuf de nos simulations sur dix, au moins une planète géante est projetée dans l’espace interstellaire », résume Konstantin Batygin, cité par ScienceAlert le 10 octobre 2026. Dans certaines simulations, Saturne est éjectée en quelques millions d’années.

Pourquoi l’échéance a-t-elle fondu d’un facteur 100 ?

Les calculs précédents supposaient un Soleil qui maigrit en douceur. Il doit pourtant perdre environ 46 % de sa masse en fin de vie. Or les naines blanches, ces cœurs d’étoiles éteintes, reculent en moyenne d’environ 0,75 km/s. Une fuite parfaitement symétrique ne leur donnerait aucun élan. La masse part donc par bouffées, chacune dans sa propre direction.

Les auteurs modélisent environ 4 600 éjections d’un dix-millième de masse solaire, soit environ 33 Terres à chaque fois. Chacune pousse le Soleil d’environ 7 mètres par seconde. Cela fait 25 km/h, l’allure d’un cycliste en ville. Ces coups partent dans tous les sens et les orbites se mettent à errer. Jupiter et Saturne peuvent se coincer en résonance 5:2, Uranus et Neptune en 2:1. Les orbites s’allongent et se resserrent jusqu’à se croiser. Uranus et Neptune peuvent alors échanger leurs places et plonger sous l’orbite de Jupiter.

Les étoiles de passage passent au second plan : même en les comptant, avec une perte de masse solaire régulière, on donnait environ 100 milliards d’années à l’architecture des planètes géantes. Selon les auteurs, le système secoué se détruit de lui-même, cent fois plus vite que l’attente d’une rencontre stellaire destructrice. Au-delà de deux corps, aucune équation ne donne l’avenir exact des orbites : l’équipe a lancé près de 700 simulations. « L’instabilité qu’envisageait Newton est bien réelle. Il ne s’était trompé que sur le coupable », concluent-ils.

Que valent ces échéances sur un calendrier ?

Placez le Big Bang au 1er janvier à 0 h et aujourd’hui au 31 décembre à minuit. L’Univers, âgé de 13,82 milliards d’années selon la mission Planck de l’ESA, tient alors dans une année. Chaque jour vaut 37,8 millions d’années, et le futur commence le 1er janvier suivant.

Sur un calendrier où l’Univers tient en un an, neuf simulations sur dix voient les planètes géantes se disloquer avant le 26 août, contre plus de sept ans pour l’ancienne estimation. Échéances arrondies et comptées à partir d’aujourd’hui ; un jour vaut 37,8 millions d’années.
Sur un calendrier où l’Univers tient en un an, neuf simulations sur dix voient les planètes géantes se disloquer avant le 26 août, contre plus de sept ans pour l’ancienne estimation. Échéances arrondies et comptées à partir d’aujourd’hui ; un jour vaut 37,8 millions d’années.
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Le Soleil, âgé de 4,57 milliards d’années, deviendra une géante rouge vers 10 à 11 milliards d’années d’âge, selon les données du satellite Gaia de l’ESA. Sur le calendrier, la géante rouge apparaît dès le 24 mai. La naine blanche suit vers le 8 juin, environ 6 milliards d’années après nous. Les planètes géantes se disloquent vers le 4 juillet, et au plus tard le 26 août dans neuf simulations sur dix. L’ancienne échéance de 100 milliards d’années tombait 2 643 jours après le réveillon, plus de sept ans plus tard.

Les échéances du système solaire sur un calendrier où l’Univers (13,82 milliards d’années) tient en un an ; un jour vaut 37,8 millions d’années (ESA, NASA, Batygin et al. 2026).
ÉchéanceDans combien de temps (milliards d’années)Jours après le 31 décembreDate du calendrier
Terre sans eau liquide (anciens modèles)0,651717 janvier
Terre encore habitable (modèle de 2014), au moins jusqu’à1,5409 février
Début de la géante rouge5,414424 mai
Naissance de la naine blanche61598 juin
Planètes géantes disloquées (environ 1 milliard d’années après)71854 juillet
Dislocation dans 9 simulations sur 10923826 août
Ancienne échéance (étoiles de passage)1002 643plus de 7 ans plus tard

La Terre sera-t-elle encore habitable pour le voir ?

Non. Le Soleil gagne en éclat au fil du temps, et la Terre décroche bien avant ses voisines géantes. Les anciens modèles la privaient de son eau liquide dans 650 millions d’années, vers le 17 janvier du calendrier. Un modèle climatique de 2014 repousse la limite à au moins 1,5 milliard d’années, quand le Soleil brillera 15,5 % plus fort (NASA Astrobiology). Le 9 février, donc, au moins. Mercure garde de son côté environ 1 % de risque de déstabilisation avant que le Soleil ne quitte sa phase actuelle.

« 97 % des étoiles meurent de cette façon, et beaucoup de systèmes sont plus fragiles que le nôtre », rappelle Konstantin Batygin. Et d’ajouter : « La paisible retraite que nous imaginions pour les systèmes planétaires est un mythe. »

Vrai ou faux ?

  1. Les étoiles de passage seront les principales responsables de la dislocation du système solaire.

    Faux. Selon l’étude de Batygin, Fuller et Adams, le système se détruit de lui-même, cent fois plus vite qu’une rencontre stellaire ne le ferait.

  2. Le Soleil perdra près de la moitié de sa masse en fin de vie.

    Vrai. Environ 46 %, en quelque 4 600 éjections d’un dix-millième de masse solaire chacune.

  3. La Terre restera habitable jusqu’à la naissance de la naine blanche.

    Faux. Les modèles cités par NASA Astrobiology lui laissent de 650 millions à au moins 1,5 milliard d’années d’eau liquide, loin des 6 milliards d’années de la naine blanche.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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