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Décryptage
100 750 adultes finlandais ont dit qui les aiderait en cas de coup dur. Des chercheurs de l’université d’Helsinki ont croisé ces réponses, recueillies de 2012 à 2017 dans 299 communes, avec les naissances de 2018 à 2020. Leur conclusion est publiée dans Biodemography and Social Biology : là où l’on peut compter sur ses proches, on fait plus d’enfants. Le niveau socio-économique de la commune ne prédit la fécondité dans aucun des modèles testés.
La question vaut aussi pour la France. En 2025, la France a compté 1 767 naissances par jour, contre 2 282 en 2010, d’après les chiffres de l’Insee publiés le 13 janvier 2026.
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Le fait
Sur 100 750 adultes interrogés dans 299 communes finlandaises, deux facteurs vont de pair avec une fécondité plus élevée : le soutien que l’on attend de son entourage et la fréquence des contacts sociaux. Le résultat tient compte de la taille, de la densité, de la religion et du niveau socio-économique des communes.
Notre lecture
Les politiques familiales parlent d’argent et de temps. Cette étude ajoute un facteur qu’aucun budget ne finance directement : avoir quelqu’un sur qui compter. Or, en France, la tranche d’âge où ce facteur pèserait le plus est aussi celle qui se dit la plus seule.
La nuance
Il s’agit d’une photographie à un instant donné, pas d’une preuve de cause à effet. Les enfants tissent eux-mêmes des liens, et une moyenne communale ne dit rien d’un foyer précis. C’est une piste solide par sa taille, mais encore fragile dans sa construction.
À surveiller
Les auteurs veulent maintenant distinguer le premier enfant des suivants. En France, les deux dernières éditions de l’étude Solitudes de la Fondation de France sont sorties un 22 janvier, la veille de la Journée mondiale des solitudes.
Qui compte, dans l’entourage ?
Le questionnaire venait d’une grande enquête nationale de santé. Il demandait aux répondants qui se soucie vraiment d’eux et qui leur rendrait un service pratique en cas de besoin (détails présentés par PsyPost). L’équipe d’Eetu Soini, chercheur en psychologie, a aussi mesuré la fréquence des contacts sociaux. Ces deux indicateurs vont de pair avec une fécondité plus forte. Le lien tient même après la prise en compte de la taille et de la densité de population, de l’appartenance religieuse et d’un score socio-économique régional.
Les autres pistes n’ont rien donné : la confiance envers les autres, l’engagement dans des clubs sportifs, des associations de santé ou des partis, les sorties culturelles et la solitude mesurée à l’échelle de la commune ne montrent aucun lien avec les naissances. Seul compte le cercle proche, celui à qui l’on demanderait un coup de main.
La Finlande sert de terrain d’observation idéal. Son indicateur de fécondité est passé de 1,87 enfant par femme en 2010 à 1,30 en 2025. Statistics Finland relevait même 1,25 en 2024, avant ce léger rebond. En quinze ans, 0,57 enfant de moins par femme.
Pourquoi l’entourage pèserait-il plus que le revenu ?
Le lien est le plus fort entre 20 et 39 ans, avec un pic dans la vingtaine. Pour les auteurs, la raison tient à la situation des jeunes adultes, plus exposés que leurs aînés à l’incertitude professionnelle et financière. À ce moment-là, un entourage sur lequel on peut s’appuyer aide davantage à franchir le pas vers la parentalité. Le revenu moyen de la commune ne dit pas qui gardera l’enfant un jour de fièvre.
Le sens de la relation reste à établir. L’enquête mesure une association à un moment donné, sans démontrer que l’entourage fait naître les enfants. L’inverse est tout aussi plausible, car avoir des enfants crée aussi des liens. Les chercheurs veulent maintenant séparer l’effet de l’individu de celui du quartier.
Chronologie
La Fondation de France publie son étude Solitudes : 35 % des 25-39 ans disent se sentir fréquemment seuls.
L’Insee annonce 645 000 naissances en France pour 2025 et un indicateur de fécondité de 1,56.
Nouvelle édition de l’étude Solitudes : 24 % des Français se sentent seuls.
Statistics Finland publie une fécondité de 1,30 enfant par femme pour 2025.
PsyPost présente l’étude de l’université d’Helsinki sur le soutien social et les naissances.
Et chez nous ?
En France, les 25-39 ans sont-ils entourés ?
La fécondité française reste au-dessus de celle de la Finlande, mais elle baisse elle aussi. L’indicateur est tombé à 1,56 enfant par femme en 2025, contre 1,61 en 2024 (bilan démographique de l’Insee). C’est son plus bas niveau depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Au rythme de 2025, cent Françaises mettraient au monde 156 enfants au cours de leur vie, contre 130 pour cent Finlandaises. En 2023, dernière année comparable, la France était deuxième de l’Union européenne avec 1,65, derrière la Bulgarie (1,81), pour une moyenne européenne de 1,38.
Le recul touche surtout les âges où, en Finlande, l’entourage pèse le plus. Chez les femmes de 25 à 29 ans, le taux de fécondité est passé de 12,8 enfants pour 100 femmes en 2005 à 8,2 en 2025, soit 36 % de moins. L’âge moyen des mères à la naissance atteint 31,2 ans. Chaque jour, il naît environ 515 bébés de moins qu’en 2010. En moyenne quotidienne, le recul se lit année après année :
| Année | Naissances | Par jour |
|---|---|---|
| 2010 | 832 799 | 2 282 |
| 2015 | 798 948 | 2 189 |
| 2020 | 735 196 | 2 009 |
| 2021 | 742 052 | 2 033 |
| 2022 | 725 997 | 1 989 |
| 2023 | 677 803 | 1 857 |
| 2024 | 660 787 | 1 805 |
| 2025 | 645 000 | 1 767 |
Chiffres de l’Insee, provisoires de 2023 à 2025 ; 2010 hors Mayotte. Moyenne par jour sur 365 jours, ou 366 les années bissextiles.
Côté entourage, les 25-39 ans forment la tranche d’âge où la solitude culmine. En juillet 2024, 35 % d’entre eux disaient se sentir fréquemment seuls, contre 16 % des 60-69 ans (étude Solitudes 2024). L’édition suivante a été menée par le Crédoc en juillet 2025, auprès de plus de 3 000 personnes. Elle compte 24 % de Français qui se sentent seuls (Fondation de France, janvier 2026).
En France, le débat sur la natalité porte surtout sur les congés, la garde des enfants et les aides. L’étude finlandaise pose une question plus simple : qui sera là, concrètement, quand le bébé arrivera ? L’Insee a déjà chiffré les effets à long terme de cette baisse dans ses projections à 2070.
Selon l’étude de janvier 2026, les Français se tournent d’ailleurs plus souvent vers leurs amis (58 %) et leurs voisins (54 %) que vers leur famille (52 %).
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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