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En bref
Les projecteurs d’un robot sous-marin éclairent une araignée de mer large comme une assiette, posée sur la vase au large du Chili. Trois petits crustacés sont agrippés à ses pattes et ne lâchent pas prise. La scène, filmée en novembre 2024, a été décrite dans la revue Ecology par cinq biologistes emmenés par Jorge Pérez-Schultheiss, du Muséum national d’histoire naturelle du Chili.
Cinq amphipodes accrochés aux pattes d’araignées de mer géantes ont été filmés par 3 155 et 2 698 mètres de fond au large du Chili, les 24 et 28 novembre 2024. Les deux plongées, distantes de 225 kilomètres, sont décrites par la revue Ecology du 11 septembre 2026. Quatre jours d’écart, deux sites éloignés, le même geste : les auteurs y voient de la phorésie, ce transport d’un animal par un autre,. Une association entre ces deux espèces avait déjà été signalée en 1927, sans image.
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À retenir
- Les passagers : des amphipodes Mesopleustes abyssorum, qui verrouillent la patte de leur hôte avec une griffe au bout de leurs propres membres, prise décrite comme très ferme.
- Le véhicule : Colossendeis colossea, araignée de mer abyssale dont l’envergure atteint 51 centimètres.
- Une femelle portant ses œufs figurait parmi les trois passagers de la première plongée ; un mâle et une femelle occupaient la seconde araignée.
- L’hypothèse : ces amphipodes nagent mal et n’ont pas de stade larvaire planctonique, l’auto-stop leur ouvrirait des distances autrement inaccessibles.
Ce qui intrigue les auteurs tient autant à la compagnie qu’au trajet : un couple sur la même monture, une femelle avec ses œufs. L’araignée servirait alors de taxi et de lieu de rendez-vous, dans un milieu où se croiser relève du hasard. Ce que l’hôte y gagne ou y perd, l’étude ne le dit pas.
Une scène pareille ne se ramasse pas au chalut, elle se regarde en direct. Trois des cinq signataires dirigeaient à l’automne 2024 la campagne Chile Margin, du 11 octobre au 5 décembre, à bord du Falkor (too) avec le robot SuBastian. Près de vingt suintements de méthane et quatre systèmes de canyons sous-marins y ont été explorés.
L’allure évoque l’araignée, la parenté s’arrête là. Les pycnogonides forment un groupe d’arthropodes marins qui aspirent les fluides de leurs proies avec une trompe. Le MBARI en filme entre 2 200 et 4 000 mètres dans le canyon de Monterey. Le même groupe vit sur les côtes françaises, en modèle réduit : Pycnogonum litorale mesure 1 à 2 centimètres, fréquente l’estran et perce les anémones de mer. La même eau salée, deux gabarits séparés par un facteur vingt-cinq environ.
Leur façon de se nourrir, trompe plantée dans la proie, a été filmée par le MBARI.
Reste à trier ce que la campagne chilienne a rapporté : au moins soixante espèces potentiellement nouvelles, selon le bilan dressé en fin de campagne.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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