Un carnet de vaccination usé, ouvert sur un comptoir de pharmacie, à côté d’un flacon de vaccin et d’une seringue sous blister.

La diphtérie recircule en France, à quel âge refaire votre rappel ?

Santé publique France a dénombré 39 cas de diphtérie toxinogène en 2025, dont 22 dus à la bactérie que vise le calendrier vaccinal. Ce que ce total recouvre vraiment, et à quel âge se refait le rappel adulte.

Sommaire
  1. En bref
  2. Ce que recouvrent les cas de 2025
  3. À vingt-cinq, quarante-cinq et soixante-cinq ans
  4. Le geste, si la date vous échappe
  5. Questions courantes

Vérif

Le carnet de santé finit au fond d’un tiroir, et la dernière ligne remplie date souvent du collège. En 2025, 39 cas de diphtérie toxinogène ont été déclarés en France hexagonale, à Mayotte et en Guyane, contre une moyenne annuelle de 3,4 cas de Corynebacterium diphtheriae sur 2017-2021, selon les données de surveillance de Santé publique France mises à jour le 9 mars 2026. Le rappel adulte, lui, a trois dates fixes : vingt-cinq, quarante-cinq et soixante-cinq ans.

L’affirmation« La diphtérie a disparu de France, et le vaccin reçu enfant protège à vie. »
Notre verdictFaux

Les deux moitiés tombent séparément. La maladie n’a pas quitté le territoire et son incidence a changé d’échelle depuis 2022. La protection, elle, est excellente et datée : la vaccination des nourrissons est obligatoire, mais les rappels qui suivent, chez l’enfant comme chez l’adulte, sont « recommandés » et « indispensables », pas automatiques.

En bref

  • Santé publique France a dénombré 39 cas de diphtérie toxinogène en 2025, dont 22 dus à Corynebacterium diphtheriae et 17 à Corynebacterium ulcerans.
  • La base de comparaison retenue par l’agence, 3,4 cas par an en moyenne de 2017 à 2021, ne porte que sur la première de ces deux bactéries.
  • Le rappel adulte tombe à 25 ans, 45 ans et 65 ans, puis tous les dix ans.
  • Pharmaciens, infirmiers et sages-femmes peuvent prescrire et injecter ce rappel dès 11 ans.

Ce que recouvrent les cas de 2025

Le décompte de l’agence sépare deux bactéries. Vingt-deux cas relèvent de Corynebacterium diphtheriae, celle qui circule d’humain à humain : quatorze en France hexagonale, sept à Mayotte, un en Guyane. Les dix-sept autres sont dus à Corynebacterium ulcerans, et l’agence précise qu’« au moins 14 d’entre eux avaient eu un contact avec un animal (chien et/ou chat) ». Le tournant se situe en 2022, année d’une forte augmentation dont la majorité des cas concernait des personnes migrantes ; en 2025, elles ne sont plus que deux sur les quatorze cas hexagonaux à C. diphtheriae.

Ce partage change la lecture du chiffre. La moyenne de 3,4 cas par an que Santé publique France retient comme base ne porte que sur C. diphtheriae, pas sur l’ensemble des cas toxinogènes. Rapportés à elle, les 22 cas de 2025 pèsent six fois et demie la moyenne des années 2017-2021, et non onze fois comme le laisserait croire le total tous germes confondus.

Le seul rapprochement à périmètre égal est celui des 22 cas de Corynebacterium diphtheriae de 2025 avec la moyenne de 3,4 cas par an de 2017 à 2021 : six fois et demie, pas onze. Limite : le total de 39 cas ajoute 17 cas de Corynebacterium ulcerans, absents de la base de comparaison retenue par l’agence.
Le seul rapprochement à périmètre égal est celui des 22 cas de Corynebacterium diphtheriae de 2025 avec la moyenne de 3,4 cas par an de 2017 à 2021 : six fois et demie, pas onze. Limite : le total de 39 cas ajoute 17 cas de Corynebacterium ulcerans, absents de la base de comparaison retenue par l’agence.
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La recrudescence est donc réelle sans avoir la taille qu’on lui prête, et elle dure : un niveau installé depuis 2022, pas une flambée de l’année. Dans les deux espèces, les formes cutanées sont les plus nombreuses, devant les formes ORL.

À vingt-cinq, quarante-cinq et soixante-cinq ans

Le calendrier adulte ne bouge pas avec l’épidémiologie. Vaccination Info Service le tient en trois lignes : « Rappel à 25 ans : 1 injection. Rappel à 45 ans : 1 injection. Rappel à 65 ans : 1 injection puis un rappel tous les dix ans. » Entre deux de ces rendez-vous, l’intervalle est de vingt ans ; passé le troisième, il tombe à dix. C’est là que le fil se perd, parce que rien ne convoque un adulte de quarante-cinq ans.

En amont, la primovaccination du nourrisson est obligatoire : deux injections à 2 et 4 mois, un rappel à 11 mois, soit trois doses au total. Le vaccin tient ses promesses, avec 96 à 98 % des nourrissons vaccinés protégés. La formulation utilisée chez l’adulte associe diphtérie, tétanos et poliomyélite (dTP) ; au rappel de 25 ans s’y ajoute la coqueluche, avec un vaccin tétravalent dTcaP.

Le geste, si la date vous échappe

Il n’y a plus besoin d’un rendez-vous chez le médecin pour le faire. L’Assurance maladie écrit que « les infirmiers, pharmaciens et sages-femmes sont autorisés à prescrire des vaccins et à vacciner les personnes de 11 ans et plus selon les recommandations du calendrier des vaccinations en vigueur ». Une officine suffit donc pour la prescription et pour l’injection, en une seule fois.

Ces âges pivots ne servent pas que la diphtérie. AAP mesurait le 2 août que la Haute Autorité de santé faisait passer la couverture sérotypique du vaccin antipneumococcique de 63 % à 84 % chez les 65 ans et plus. Le vaccin contre le zona se joue sur la même charnière d’âge.

Trois repères suffisent à trancher : votre âge, la dernière date de rappel inscrite quelque part, et l’écart entre les deux. Passé quarante-cinq ans sans rien retrouver depuis l’adolescence, la question se pose au prochain passage en pharmacie.

Questions courantes

Faut-il tout recommencer si on a perdu son carnet de vaccination ?
Non. L’Assurance maladie indique de reprendre la vaccination au stade où elle a été interrompue, sans repartir de la première injection.

Le rappel diphtérie est-il remboursé ?
Pour l’essentiel oui : la plupart des vaccins obligatoires et recommandés sont pris en charge par l’Assurance maladie, et le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite en fait partie.

Quels rappels sont prévus avant l’âge adulte ?
Deux, après la primovaccination du nourrisson : un à 6 ans, puis un autre entre 11 et 13 ans.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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