Une main gantée pose un petit flacon scellé sur une étagère métallique de laboratoire, la porte fermée d’un congélateur en arrière-plan flou.

Au MIT, un vaccin à ARN tient jusqu’à un an hors du congélateur et deux mois à 37 °C

Cinq excipients déjà approuvés et un algorithme entraîné sur de petits jeux de données : la formulation tient un an à température ambiante et deux mois à 37 °C, soit quinze fois la durée que l’OMS avait tolérée en 2012 pour sortir un vaccin du froid.

Dans un laboratoire du Koch Institute, le vaccin à ARN a été séché sous vide puis posé sur la peau sous forme de patch à micro-aiguilles. Les vaccins à ARN classiques se conservent entre -20 °C et -80 °C, selon le MIT, là où une formulation publiée le 28 septembre 2026 dans Nature Biotechnology tient jusqu’à un an à température ambiante et deux mois à 37 °C. Concrètement, l’équipe du MIT s’attaque à l’un des équipements qui ont compliqué la campagne de 2021 : le super-congélateur.

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Cinq excipients suffisent. Tous figurent déjà parmi les produits approuvés par l’agence américaine du médicament, et l’équipe les a retenus parmi une cinquantaine de candidats (communiqué du MIT). L’ARN voyage à l’intérieur de nanoparticules lipidiques, et c’est leur composition que la formulation déplace. Le tri des combinaisons revient à un algorithme développé avec le laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle du MIT. « La vraie beauté de cet algorithme, c’est qu’on peut l’employer sur de petits jeux de données », résume Ana Jaklenec, qui a dirigé le travail avec Robert Langer. Les deux premiers auteurs de l’étude dans Nature Biotechnology sont Jinbi Tian et Khanh Tran.

Ce que l’OMS avait déjà autorisé hors du froid

En octobre 2012, les autorités indiennes et l’équipe de préqualification de l’OMS ont autorisé MenAfriVac, un vaccin contre la méningite A, à quitter la plage des 2 à 8 °C. Quatre jours maximum, à 40 °C. À une condition : pas de soleil direct sur les flacons. La première campagne menée ainsi s’est tenue au Bénin en novembre 2012, dans le district rural de Banikoara : 155 000 personnes vaccinées, 150 villages, et des coûts logistiques qu’une analyse jugeait divisibles par deux (la campagne du Bénin). L’OMS y a aussi relevé moins de matériel de froid à surveiller et des zones sans électricité fiable redevenues atteignables.

RepèreMenAfriVac (OMS, 2012)Formulation du MIT (2026)
Durée hors du froid4 jours maximum60 jours à 37 °C, 365 jours à température ambiante
Température40 °C37 °C
Nature du résultatAutorisation réglementaireMesure de stabilité en laboratoire

Ramenés à la même unité, ces paliers donnent 4 jours hors du froid pour MenAfriVac, 60 jours à 37 °C pour la formulation du MIT et 365 jours à température ambiante. Soit quinze fois la durée tolérée en 2012, à une température voisine. La réserve tient en une ligne : d’un côté une autorisation réglementaire, de l’autre une mesure de stabilité en laboratoire.

  • MenAfriVac hors chaîne du froid, à 40 °C (OMS, 2012) 4 jours
  • Formulation du MIT à 37 °C 60 jours
  • Formulation du MIT à température ambiante 365 jours
Le temps qu’un vaccin peut passer hors du froid a changé d’ordre de grandeur en quatorze ans.

Et chez nous ?

En France, la campagne s’ouvre le 13 octobre

Grippe et Covid se vaccinent ensemble à partir du 13 octobre 2026, sur deux points d’injection distincts et sans délai minimal à respecter. Le vaccin Covid retenu est Comirnaty XFG, en version adulte et en version pédiatrique, et la campagne conjointe ne couvre que le territoire métropolitain (la campagne 2026-2027). Médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes peuvent vacciner, chacun dans le périmètre de ses compétences. En 2025-2026, la couverture vaccinale antigrippale des 65 ans et plus a plafonné à 56,7 %, pour une cible de 75 %. AAP chiffrait le 25 septembre 2026 à 4,8 millions de vaccinations ce qui sépare la France de cette cible. Un vaccin stable sur une étagère ne remplit aucun de ces rendez-vous, mais il change le matériel qu’il faut pour les tenir.

Ce que l’essai ne dit pas encore

Les souris vaccinées avec la formulation séchée ont développé une réponse immunitaire équivalente à celle obtenue avec une nanoparticule proche de la formule d’origine de Moderna. Les patchs à micro-aiguilles, chargés d’un antigène du SARS-CoV-2, ont produit une réponse comparable à celle des injections. L’étude s’arrête là : aucune donnée humaine n’accompagne la publication. L’essai clinique et le dossier réglementaire restent entiers, et ce sont eux qui fixeront la date à laquelle un patch pourra attendre à température ambiante dans une pharmacie. Trouver la bonne formule a demandé quelques semaines au lieu de plusieurs mois, et la Gates Foundation a payé une partie de la facture.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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