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Sommaire
- En bref
- Un point à 4,92 euros, 5,91 euros s’il avait suivi les prix
- Quatre hausses du point en seize ans, 6,3 % au total
- 1 801,74 euros brut au bas de la grille, 65,28 euros sous le Smic
- Ce que la Cour des comptes recommande, et ce que le gouvernement en retient
- Comment lire votre écart sur votre propre bulletin
- Questions courantes
Décryptage
Votre fiche de paie porte un nombre à trois chiffres, l’indice majoré. Multipliez-le par 0,99 euro. Vous obtenez ce qui manque chaque mois à votre traitement brut, parce que le point d’indice a décroché des prix depuis juillet 2010. Sébastien Lecornu a confirmé le gel de ce point pour le budget 2027 (Le Figaro, 17 septembre 2026), pour environ 2 milliards d’euros d’économies. Le 21 septembre, la Cour des comptes chiffrait à 20 milliards d’euros en trois ans l’effort qu’elle juge nécessaire sur la masse salariale des 5,88 millions d’agents publics.
En bref
- La valeur du point d’indice est bloquée depuis le 1er juillet 2023, et le gel est annoncé pour le budget 2027.
- Depuis juillet 2010, le point a progressé de 6,3 % quand les prix ont pris 27,7 % (Insee, moyennes annuelles 2010-2025).
- Indexé sur les prix, le point vaudrait 5,91 euros par mois au lieu de 4,92 euros.
- Au bas de la grille, l’indice majoré 366 donne 1 801,74 euros brut, soit 65,28 euros sous le Smic du 1er juin 2026.
- La Cour des comptes recommande « une sous-indexation concertée et pluriannuelle », l’un des quatre leviers de sa note du 21 septembre 2026.
Un point à 4,92 euros, 5,91 euros s’il avait suivi les prix
Le traitement de base d’un agent public tient en une multiplication. L’indice majoré, qui dépend du grade et de l’échelon, est multiplié par la valeur mensuelle du point. Cette valeur est fixée par décret, et elle est identique pour l’État, les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers. Le décret du 28 juin 2023 l’a portée à 5 907,34 euros par an pour l’indice 100. Elle n’a plus bougé depuis.
Le point d’indice de la fonction publique vaut 4,92 euros brut par mois en 2026 ; indexé sur les prix depuis juillet 2010, il vaudrait 5,91 euros, soit 0,99 euro de plus par point et par mois pour 5,88 millions d’agents publics français.
En juillet 2010, le décret du 7 juillet fixait l’indice 100 à 5 556,35 euros par an. Sur la même période, l’indice des prix est passé de 94,69 en moyenne annuelle 2010 à 120,95 en 2025, soit 27,7 % de hausse. Appliquée au point de 2010, cette hausse donne 5,91 euros par mois, là où le bulletin de paie en affiche 4,92. L’écart vaut presque un euro par point.
Quatre hausses du point en seize ans, 6,3 % au total
Quatre hausses du point, en seize ans. Le point a gagné 0,6 % le 1er juillet 2016, puis 0,6 % le 1er février 2017 (décret du 25 mai 2016). Il a repris 3,5 % le 1er juillet 2022, puis 1,5 % le 1er juillet 2023. Soit 6,3 % de hausse cumulée depuis juillet 2010, contre 27,7 % pour les prix.
Entre 2013 et 2017, l’écart stagne autour de 5 points de pourcentage, le temps que l’inflation se tasse elle aussi. Il triple ensuite en six ans : 13,6 points en 2022, puis 17,8 en 2023. Les 5 points d’indice majoré ajoutés à toutes les grilles le 1er janvier 2024 ont relevé les traitements sans toucher à la valeur du point.
La courbe ci-dessous suit cet écart cumulé, année par année, depuis 2010.

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De 2010 à 2016, le point est gelé mais l’inflation reste faible, parfois nulle : l’écart se forme lentement. De février 2017 à 2021, le point ne bouge plus et les prix montent de 0,5 à 1,9 % par an. En 2022 et 2023, l’inflation atteint 5,2 % puis 4,9 %, avant de retomber à 2,0 % en 2024 et 0,9 % en 2025. Les 5 % accordés sur les étés 2022 et 2023 en couvrent moins de la moitié. Le gel engagé en 2024 porte l’écart à 21,4 points en 2025.
| Année | Point, en euros par an | Point, base 100 en 2010 | Prix, base 100 en 2010 | Écart, en points |
|---|---|---|---|---|
| 2010 | 55,5635 | 100,0 | 100,0 | 0,0 |
| 2011 | 55,5635 | 100,0 | 102,1 | 2,1 |
| 2012 | 55,5635 | 100,0 | 104,1 | 4,1 |
| 2013 | 55,5635 | 100,0 | 105,1 | 5,1 |
| 2014 | 55,5635 | 100,0 | 105,6 | 5,6 |
| 2015 | 55,5635 | 100,0 | 105,6 | 5,6 |
| 2016 | 55,8969 | 100,6 | 105,8 | 5,2 |
| 2017 | 56,2323 | 101,2 | 106,9 | 5,7 |
| 2018 | 56,2323 | 101,2 | 108,9 | 7,7 |
| 2019 | 56,2323 | 101,2 | 110,1 | 8,9 |
| 2020 | 56,2323 | 101,2 | 110,7 | 9,5 |
| 2021 | 56,2323 | 101,2 | 112,4 | 11,2 |
| 2022 | 58,2004 | 104,7 | 118,3 | 13,6 |
| 2023 | 59,0734 | 106,3 | 124,1 | 17,8 |
| 2024 | 59,0734 | 106,3 | 126,6 | 20,3 |
| 2025 | 59,0734 | 106,3 | 127,7 | 21,4 |
L’indice des prix reste une moyenne nationale, pondérée par la consommation de l’ensemble des ménages. Un agent dont le budget penche vers le logement ou le carburant peut ressentir un décrochage plus large que cette moyenne. C’est tout l’écart entre le caddie et l’indice.
1 801,74 euros brut au bas de la grille, 65,28 euros sous le Smic
Au premier échelon de la catégorie C, l’indice majoré est de 366. Multiplié par la valeur du point, il donne 1 801,74 euros brut par mois à temps complet. Le Smic brut est passé à 1 867,02 euros le 1er juin 2026 (revalorisation du Smic). Les 65,28 euros d’écart sont comblés par une indemnité différentielle, due jusqu’à l’indice majoré 377.
La Cour des comptes dénombre 862 000 agents dans cette situation en 2026, près d’un sur six, dont le traitement de base passe sous le salaire minimum. Si le point avait suivi les prix, le même indice 366 donnerait 2 165 euros brut, 298 euros au-dessus du Smic. Le retard atteint 4 355 euros sur l’année, l’équivalent de près de deux mois et demi de traitement.
À l’indice majoré 400, l’écart atteint 397 euros brut par mois, soit 4 760 euros par an. À 500, il monte à 496 euros par mois. À 700, à 694 euros par mois et près de 8 330 euros par an. Ces montants portent sur le seul traitement indiciaire, primes et indemnités exclues.
Ce que la Cour des comptes recommande, et ce que le gouvernement en retient
La note de la Cour des comptes date du 21 septembre 2026. Elle s’intitule « La masse salariale de la fonction publique : un enjeu majeur pour le redressement des finances publiques ». Elle part de 362,1 milliards d’euros de masse salariale brute des administrations publiques en 2024. C’est 21,7 % de la dépense publique, près de 90 milliards de plus qu’en 2012.
Quatre leviers y sont énumérés : non-remplacement des départs en retraite, gel ou sous-indexation du point d’indice, limitation des mesures catégorielles, ralentissement des avancements. La Cour met les effectifs devant et, sur les salaires, recommande « une sous-indexation concertée et pluriannuelle ». Le gel sec inscrit au budget 2027 relève d’un autre choix, celui du gouvernement. La même série de notes a aussi visé la taxation des gros patrimoines et trois régimes de transmission.
Entre 2017 et 2026, relève la Cour, le point n’a été revalorisé que deux fois. Le total dépasse à peine 5 %, face à une inflation cumulée de 24,17 %. La même note observe que le salaire net moyen des agents en place a tout de même progressé en euros constants sur la période.
Comment lire votre écart sur votre propre bulletin
Trois nombres suffisent pour se situer. L’indice majoré se lit sur le bulletin de paie, à la ligne du traitement brut. Multiplié par 4,92278, il redonne ce traitement. Multiplié par 0,99, il donne le retard accumulé depuis juillet 2010, chaque mois, sur la seule part indiciaire.
Le gel de 2027 fige cet écart pour une année de plus. Chaque point d’inflation non répercuté retire 18 euros brut par mois à un agent payé à l’indice majoré 366, et 24,61 euros à l’indice majoré 500. Un gel du point ne demande d’ailleurs aucun article de loi de finances : il suffit de ne pas publier de décret. Chaque hausse du Smic, elle, étend d’office l’indemnité différentielle à de nouveaux échelons.
Questions courantes
Le point d’indice est-il le même dans les trois fonctions publiques ?
Oui. Le décret de majoration s’applique aux personnels civils et militaires de l’État, aux agents des collectivités territoriales et à ceux des établissements publics d’hospitalisation. Un gel vaut donc pour les trois versants au même jour.
Un gel du point empêche-t-il toute hausse de salaire ?
Non. Le traitement progresse aussi par avancement d’échelon et de grade, et la part des primes peut être revalorisée séparément. Un point gelé bloque la seule composante commune à tous les agents, quel que soit leur corps.
Qu’est-ce qu’une sous-indexation du point d’indice ?
C’est une revalorisation inférieure à l’inflation. Le point progresse, mais moins vite que les prix, et l’écart continue de se creuser, plus lentement qu’avec un gel complet. Appliquée plusieurs années de suite, elle produit un décrochage étalé plutôt qu’une marche d’escalier.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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