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Décryptage
5 195 pour 10 000. C’est le poids des services dans l’consommation : la mesure mensuelle de l’inflation publiée par l’INSEE. »>IPC français de 2026. Plus de la moitié du panier officiel, donc, avant la moindre course. Alimentation et produits pétroliers pèsent 1 855 pour 10 000 dans l’indice des prix à la consommation français et ont augmenté de 6,6 % sur un an en août 2026, quand l’indice d’ensemble affichait 2,4 %. L’écart que vous sentez à la caisse tient d’abord à ces poids : l’indice pèse chaque achat selon la dépense annuelle, pas selon la fréquence où vous le payez.
L’INSEE publie chaque mois le poids de chaque regroupement et sa hausse sur un an. L’alimentation pèse 1 485 pour 10 000 et a pris 1,1 % sur un an. Les produits pétroliers, suivis dans notre observatoire des carburants, pèsent 370 pour 10 000 et ont pris 28,7 %. Repondérés sur ces deux seuls postes, ils donnent 6,6 % en août 2026. Le reste du panier tire la moyenne vers le bas.
Le fait
Le principe tient en une ligne. Chaque produit est pondéré « proportionnellement à son poids dans la dépense de consommation des ménages », sur un panier fixe actualisé chaque année, indique la fiche de méthode. La base 2025 en est la neuvième génération, entrée en service en janvier 2026.
Ces 10 000 points dessinent un panier qui ressemble assez peu à un chariot de supermarché.

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Les produits de santé pèsent 397 pour 10 000, plus du double des produits frais. Les services de santé en pèsent 782, presque autant que les loyers, l’eau et les ordures ménagères (831). Les communications en pèsent 192, davantage que l’ensemble des produits frais. Le tabac pèse 168, les produits frais 170. Près d’un quart du panier, 2 388 pour 10 000, part dans les produits manufacturés, des vêtements aux médicaments. Et les transports, au sens des services de transport, en pèsent 300, moins que l’habillement et les chaussures (328).
| Poste | Poids 2026 (pour 10 000) | Prix sur un an (août 2026) |
|---|---|---|
| Ensemble | 10 000 | +2,4 % |
| Alimentation | 1 485 | +1,1 % |
| dont produits frais | 170 | +5,9 % |
| dont alimentation hors produits frais | 1 315 | +0,4 % |
| Tabac | 168 | +3,3 % |
| Produits manufacturés | 2 388 | -0,4 % |
| dont habillement et chaussures | 328 | -1,4 % |
| dont produits de santé | 397 | -2,3 % |
| dont autres produits manufacturés | 1 663 | +0,1 % |
| Énergie | 764 | +16,7 % |
| dont produits pétroliers | 370 | +28,7 % |
| Services | 5 195 | +1,9 % |
| dont loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères | 831 | +2,0 % |
| dont services de santé | 782 | +0,5 % |
| dont transports | 300 | +0,8 % |
| dont communications | 192 | +10,1 % |
| dont autres services | 3 090 | +2,1 % |
Les quatre grands regroupements et le tabac totalisent les 10 000 points de l’indice.
Notre regard
En août 2026, les produits pétroliers ont apporté environ 1,06 point des 2,4 points de hausse de l’indice, pour 3,7 % du panier. Les produits frais, dont les étiquettes bougent chaque semaine, en ont apporté 0,10 point. Un lave-linge entre dans le poste « autres produits manufacturés », 1 663 pour 10 000 : près de dix fois le poids des produits frais, pour un achat tous les dix ans.
L’INSEE a chiffré cet effet de loupe. Depuis 2004, l’opinion des ménages sur les prix fluctue en moyenne six points au-dessus de l’inflation mesurée par l’IPC. C’est le constat de l’étude sur l’inflation perçue signée Jérôme Accardo, Claire Célérier, Nicolas Herpin et Delphine Irac (Insee Analyses n° 5, 12 juillet 2012). En pondérant chaque produit par sa fréquence d’achat et en doublant le poids des hausses, les auteurs écrivent qu’« on résorbe totalement l’écart » entre l’indice et l’opinion. Le consommateur, écrivent-ils, est « plus attentif aux évolutions de prix à la hausse que de ceux stables ou à la baisse ».
Le gazole montre un autre piège de lecture, sur dix ans : il a pris 97 % en euros courants et 58 % en euros constants.
La nuance
L’indice ne prétend pas mesurer votre budget. L’INSEE écrit noir sur blanc qu’il « n’est pas un indice du coût de la vie » dans sa définition de l’IPC. Il estime la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages, à qualité constante, et non la dépense nécessaire pour tenir un niveau de vie donné.
Les loyers pesaient « 8 % en 2018 » dans l’indice, une part qui « correspond à la part de ces dépenses dans l’ensemble de la consommation des ménages ». C’est ce qu’expose la fiche de l’INSEE sur le calcul du pouvoir d’achat (mise à jour le 31 janvier 2019). Le poste loyers, eau et ordures ménagères en pèse 831 pour 10 000 en 2026. Or « pour les locataires, qui représentent 40 % des ménages environ, ce taux est de l’ordre de 20 %, et pour les propriétaires, 60 % des ménages, il est par définition nul ».
Le poids des dépenses contraintes dans le budget est passé de 26,8 % à 29,4 % en vingt ans. Il atteint 38 % chez les ménages pauvres contre 22 % chez les ménages aisés. L’INSEE en tire déjà une conséquence pratique : l’indice retenu pour le SMIC est celui des « ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie ».
En août 2026, l’indice harmonisé utilisé pour les comparaisons européennes affichait 2,6 % sur un an, deux dixièmes de point au-dessus de l’IPC français. Et cet indice d’ensemble sert ensuite à juger un placement : 10 000 euros posés sur un Livret A y perdent 70 euros par an en pouvoir d’achat.
À surveiller
L’INSEE publie les résultats définitifs de septembre 2026 le 15 octobre 2026 à 8 h 45, poste par poste et poids par poids (le relevé d’août 2026). Le jeu de pondérations vaut pour une année entière : celui de 2027 remplacera celui de 2026 avec l’indice de janvier.
En attendant, le calcul se refait sur votre propre budget. Le simulateur d’indice des prix demande un montant pour chacun de treize grands groupes de biens et de services, recalcule votre indice depuis 1997 et l’affiche à côté de l’IPC d’ensemble. Aucune information saisie n’est conservée. Son onglet « Répartition » nomme le poste qui pèse le plus dans votre inflation et le compare à celui de l’ensemble des ménages.
La moyenne nationale, elle, n’a jamais fait vos courses.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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