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200 à 1 000 mètres sous la surface du Pacifique, l’eau vieillit et rajeunit en même temps selon la latitude. Cinq chercheurs décrivent ce contraste dans AGU Advances, la revue de l’American Geophysical Union, en septembre 2026. Benjamin A. Taylor, Yassir A. Eddebbar, Yohei Takano, Lynne D. Talley et Shang-Ping Xie signent l’article. Quatre d’entre eux travaillent à la Scripps Institution of Oceanography, à l’université de Californie à San Diego.
Dans les gyres subtropicaux du Pacifique, bien ventilés, la désoxygénation projetée est forte et l’âge des masses d’eau augmente. Dans les zones à minimum d’oxygène des tropiques, mal ventilées, la perte d’oxygène reste faible et l’âge diminue. L’« âge » d’une masse d’eau mesure le temps écoulé depuis son dernier contact avec l’atmosphère. Une eau « jeune », dans ce vocabulaire, a seulement revu l’air plus récemment que sa voisine. Plus le contact est ancien, moins il reste d’oxygène dissous.
Ce Pacifique-là est aussi français. 63,5 % de la zone économique exclusive française se situe dans le Pacifique, soit 6 473 166 km² sur 10 186 624 km² (données SHOM 2023, Chiffres clés de la mer et du littoral, édition 2024).
Pourquoi une eau chaude cesse de plonger
Le réchauffement de la couche supérieure du bassin comprime la circulation du gyre subtropical dans une couche plus mince et plus plate. Le gyre subtropical est la grande boucle de courants qui tourne entre l’équateur et les latitudes moyennes. La ventilation baisse à la base de la thermocline ventilée du Pacifique Nord. L’eau de surface, jeune et oxygénée, descend moins loin. Ce qui se trouve dessous vieillit.
L’affaire se joue comme dans une bouteille d’huile et de vinaigre : plus les densités s’écartent, moins les couches se mélangent. Le réchauffement écarte les densités. Les vitesses verticales ralentissent, et tout le résultat de l’étude tient à ce ralentissement.
L’oxygène de cette couche borne l’espace utilisable par les poissons et les invertébrés qui y séjournent. Une eau qui vieillit consomme son oxygène sans le renouveler, faute de contact avec l’atmosphère. Les auteurs rattachent leur résultat à l’adaptation des écosystèmes marins. L’oxygène d’une eau se perd aussi par d’autres voies, réchauffement de surface et pollution par les nutriments : les deux causes de la désoxygénation.

Le détour par l’océan Austral
Le second mécanisme part de l’océan Austral. Le réchauffement de ses latitudes moyennes y réduit la plongée locale des eaux. À distance, il réduit aussi la remontée d’eaux anciennes et pauvres en oxygène vers le Pacifique tropical et le Pacifique Nord. Le signal voyage par un ajustement de la circulation porté par des ondes de Kelvin.
Moins d’eau vieille remonte, donc les zones tropicales pauvres en oxygène rajeunissent et perdent peu d’oxygène. La perte se concentre là où il restait de l’oxygène à perdre. Eileen Hofmann, rédactrice d’AGU Advances, retient le qualificatif de « contre-intuitif » dans les éclairages d’Eos, le 25 septembre 2026. « Clarifier cette explication physique éclaire la confiance que l’on peut placer dans les projections climatiques », écrivent les auteurs.
Et chez nous ?
Quatre collectivités françaises riveraines du bassin
La Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, Clipperton et Wallis-et-Futuna bordent le Pacifique. Leurs zones économiques exclusives, mises bout à bout, pèsent près des deux tiers du domaine maritime français. Ces eaux relèvent de la juridiction française, et leur surveillance avec elles. 9,5 millions de km² de la ZEE française surplombent des fonds de plus de 1 000 mètres, de quoi loger la couche entière que décrit l’étude.
Le poids relatif se lit collectivité par collectivité, d’après les chiffres clés de la mer.
| Territoire | ZEE (km²) |
|---|---|
| Polynésie française | 4 541 204 |
| Nouvelle-Calédonie | 1 240 601 |
| Clipperton | 434 619 |
| Wallis-et-Futuna | 256 742 |
| Total Pacifique | 6 473 166 |
| ZEE française, hors extension du plateau continental | 10 186 624 |
Ce même bassin faisait déjà l’actualité en 2026 pour une autre raison. Actu Alt Plus relevait un indice ONI de +1,39 °C sur le trimestre mai-juin-juillet, au-dessus des pics de 1997 et de 2015 : El Niño et les outre-mer du Pacifique. El Niño rebrasse la chaleur sur quelques mois. La projection de l’étude, elle, court sur cent ans (ScienceAlert). Les deux se superposent dans les mêmes eaux.
Les auteurs réclament davantage de flotteurs Biogeochemical-Argo, ceux qui mesurent l’oxygène en dérivant dans cette couche, et une meilleure représentation de la ventilation dans les modèles de climat.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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