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Sommaire
Récit
À Palaiseau, la lumière se met à couler comme un fluide dans des cavités épaisses de quelques micromètres. C’est le terrain de Jacqueline Bloch, directrice de recherche au Centre de nanosciences et de nanotechnologies, à qui le CNRS a décerné sa médaille d’or 2026 le 17 septembre.
En bref
- La médaille d’or 2026 du CNRS revient à la physicienne Jacqueline Bloch, annoncée le 17 septembre.
- Elle est dotée de 50 000 euros par la Fondation CNRS et sera remise le 17 décembre à la Maison de la Chimie, à Paris.
- Ses travaux portent sur les polaritons, particules hybrides nées du couplage entre lumière et matière.
- Ses microcavités servent de laboratoires miniatures pour simuler des phénomènes hors d’atteinte, trous noirs compris.
Cinquante mille euros et un rendez-vous en décembre
Créée en 1954, la médaille d’or du CNRS revient en 2026 à la physicienne Jacqueline Bloch, avec 50 000 euros de la Fondation CNRS. La remise est fixée au 17 décembre 2026, à la Maison de la Chimie, à Paris (communiqué du CNRS, 17 septembre 2026). La distinction récompense des carrières « ayant contribué de manière remarquable au dynamisme et au rayonnement de la recherche française ».
« La carrière exceptionnelle de Jacqueline Bloch incarne l’audace et la rigueur de la recherche française », déclare Thierry Dauxois, PDG du CNRS. Il ajoute une image : « En domptant la lumière, ses travaux ont révélé des effets spectaculaires et inédits en physique et ingénierie. »
Comment la lumière se met à couler
Les microcavités qu’elle étudie mesurent quelques micromètres d’épaisseur. Un cheveu est dix fois plus épais. On y enferme des photons entre deux miroirs, assez longtemps pour qu’ils échangent de l’énergie avec la matière semi-conductrice qui les entoure. De cet échange naît une quasi-particule hybride, mi-lumière mi-matière : le polariton.

Refroidis et rassemblés en nombre, ces polaritons finissent par occuper le même état quantique et forment un condensat de Bose-Einstein. La lumière cesse alors de se comporter en faisceau. Elle s’écoule, contourne les obstacles sans frottement, se met à onduler comme de l’eau dans un bassin : le CNRS parle de superfluidité.
Un trou noir sur le plateau de Saclay
Jacqueline Bloch a été la première à démontrer les différences essentielles entre condensats de polaritons et lasers conventionnels (CNRS, 17 septembre 2026). Les deux émettent une lumière cohérente. Le mécanisme qui la produit diffère, et c’est elle qui l’a établi.
Le communiqué du CNRS va plus loin : ces microcavités à polaritons constituent « de véritables laboratoires miniatures pour simuler et explorer des phénomènes issus d’autres domaines de la physique, comme les trous noirs ». Un trou noir ne se visite pas. Un dispositif posé sur une table optique se règle et se recommence.
La physique fondamentale multiplie ces terrains de substitution. Une étoile morte a servi à vérifier que le vide n’est pas vide ; un satellite a fait interférer des photons en orbite. À Palaiseau, l’expérience tient dans une salle.
Douze ans de distinctions avant l’or
Le CNRS lui avait déjà remis sa médaille d’argent en 2017, neuf ans avant l’or. La Société française de physique, l’Académie des sciences et la République l’avaient distinguée auparavant. Mises bout à bout, ces récompenses dessinent une montée régulière.
Le détail, année par année :
| Année | Distinction | Décernée par |
|---|---|---|
| 2014 | Prix iXcore | Fondation iXcore pour la recherche |
| 2014 | Chevalière de la Légion d’honneur | République française |
| 2015 | Prix Jean Ricard | Société française de physique |
| 2017 | Médaille d’argent | CNRS |
| 2019 | Prix Ampère | Académie des sciences |
| 2019 | Élection comme membre | Académie des sciences |
| 2023 | Officière de l’ordre national du Mérite | République française |
| 2026 | Médaille d’or | CNRS |
Douze ans séparent la première décoration de 2014 de la médaille d’or de 2026. Son laboratoire, pendant ce temps, a déménagé deux fois depuis ses débuts à Bagneux : Marcoussis en 2001, Palaiseau en 2018 (notice Jacqueline Bloch). Le Centre de nanosciences et de nanotechnologies y occupe un bâtiment du boulevard Thomas-Gobert, sous tutelle du CNRS et de l’Université Paris-Saclay.
Le CNRS a mis en ligne une rétrospective de sa médaille d’or, depuis la première en 1954.
Questions courantes
Jacqueline Bloch enseigne-t-elle ?
Oui. Elle est professeure chargée de cours à l’École polytechnique depuis 2015.
Où a-t-elle été formée ?
À l’École supérieure de physique et de chimie industrielles, dont elle sort diplômée en 1991. Elle avait passé un DEA de physique du solide à l’université Paris VI en 1990, et a soutenu sa thèse de physique en 1994.
A-t-elle travaillé hors de France ?
Oui, aux Bell Laboratories, aux États-Unis, en 1998 et 1999.
À quoi les polaritons peuvent-ils servir ?
Le CNRS cite le développement de nouveaux lasers et le traitement optique de l’information, ainsi que l’étude des propriétés du graphène.
Elle est entrée au CNRS en 1994, comme chargée de recherche. Trente-deux ans plus tard, elle en reçoit la médaille d’or.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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