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25 kilomètres de diamètre : c’est la taille du cratère d’impact repéré en 2024 par l’astronome amateur Joël Lapointe sur des cartes satellite en ligne. Il préparait un séjour de camping sur la Côte-Nord québécoise quand un cercle trop régulier a accroché son œil près du lac Marsal. Une expédition conduite en octobre 2025 par le planétologue Gordon Osinski, de Western University, a confirmé la structure sur place. L’observatoire terrestre de la NASA a raconté l’épisode le 15 septembre 2026 : l’impact remonte à environ 390 millions d’années.
Lapointe n’a pas gardé sa trouvaille pour lui. Il a écrit à des spécialistes en Europe et en Amérique du Nord. Ses questions ont conduit une équipe française à inscrire le secteur du lac, lors d’une réunion de la Meteoritical Society en 2024, comme possible onzième structure d’impact du Québec. C’est par là que Gordon Osinski, directeur de la base de données Impact Earth, a été mis dans la boucle. Il était sceptique.
Un rond sur une carte ne prouve rien
Les relevés géologiques antérieurs donnaient une autre explication aux brèches du secteur : un diatrème, cette cheminée de roches fragmentées que laissent les éruptions explosives de magma. L’hypothèse tenait debout. Dès le deuxième jour de terrain, les chercheurs ont repéré autre chose dans les affleurements : des cônes de percussion, ces stries en éventail qu’aucun volcan ne sait produire. « C’est la seule preuve indiscutable d’un impact que l’on puisse voir sur le terrain à l’œil nu », explique Gordon Osinski.

Le reste du décor va dans le même sens. L’objet a creusé un cratère complexe de 25 kilomètres, avec un soulèvement central et de hautes falaises à prismes. L’analyse des échantillons place l’événement au Dévonien, une centaine de millions d’années avant le pic de cratérisation que les géologues relient à des collisions dans la ceinture d’astéroïdes. C’est le plus grand cratère d’impact découvert depuis Hiawatha, 31 kilomètres sous la glace du Groenland, identifié en 2018. Un objet de cette taille tombant aujourd’hui sur le Québec provoquerait, selon Osinski, une « dévastation régionale à une échelle qui effacerait des villes majeures et aurait des effets climatiques mondiaux ».
Cinquante mètres d’eau avant de poser le pied à terre
L’équipe est arrivée en hydravion. L’appareil n’a pas pu approcher du rivage : les chercheurs ont traversé cinquante mètres d’eau à pied, chargés de leur matériel. Le terrain s’est révélé accidenté, marécageux, infesté d’insectes et couvert d’une végétation qu’Osinski décrit comme « profonde, tordue, noueuse ». Il a mené des campagnes sur six continents et range celle-ci parmi les plus rudes de sa carrière. La structure porte désormais le nom d’Uhackatik, retenu après consultation du Conseil des Innus d’Ekuanitshit.
Osinski appartient à la première équipe de géologie du programme Artemis de la NASA, mais il n’imagine pas y emmener des astronautes : Uhackatik est trop difficile d’atteindre. L’entraînement géologique se fait plutôt au Labrador, sur le cratère Kameshtashtan, plus jeune et plus accessible.
Et chez nous ?
Rochechouart, la même preuve dans un mur de grange
La France ne compte qu’un astroblème de cette envergure. Il chevauche deux départements de Nouvelle-Aquitaine, et cinquante hectares y sont classés en réserve naturelle nationale. À Chassenon, les cônes de percussion s’observent jusque dans le mur d’une grange de Champonger. Le Québec compte désormais 11 des quelque 200 structures d’impact confirmées sur Terre ; la France n’en recense qu’une, l’astroblème de Rochechouart-Chassenon, entre Haute-Vienne et Charente, protégé depuis le 18 septembre 2008.
Alignés, les deux sites racontent la même méthode de preuve à deux époques géologiques d’écart.
| Poste | Uhackatik (Québec) | Rochechouart-Chassenon (France) |
|---|---|---|
| Diamètre du cratère | 25 km | environ 20 km |
| Âge de l’impact | environ 390 millions d’années | environ 200 millions d’années |
| Localisation | Côte-Nord, lac Marsal | Haute-Vienne et Charente |
| Preuve décisive | cônes de percussion, deuxième jour de terrain (octobre 2025) | cônes de percussion, jusque dans un mur de grange à Chassenon |
| Statut | reconnaissance attendue d’une commission de la Meteoritical Society | réserve naturelle nationale de 50 hectares depuis 2008 |
| Structures d’impact confirmées sur le territoire | 11 au Québec | 1 en France |
Uhackatik n’est pas encore officiellement inscrit : une commission de la Meteoritical Society doit l’entériner à sa prochaine réunion. L’équipe considère pourtant l’affaire réglée. Les géologues estiment que des centaines d’autres structures d’impact attendent sous la végétation, la glace ou les sédiments. Le sous-sol garde régulièrement ce genre de surprise, à l’image de la tonne de fer celte retrouvée sous une gravière du Danube. Celle du lac Marsal attendait sous les épinettes, à portée de n’importe quel curseur.
Joël Lapointe a confié à CityNews qu’il était « aux anges » le jour où les chercheurs ont validé le cercle. Son conseil tient en une phrase : « J’encourage tout le monde à ne pas ignorer une intuition ou une observation, même si ce n’est pas votre domaine d’expertise. »
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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