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Publié le 16 septembre 2026 · Mis à jour le 24 septembre 2026 à 11h28
À l’hôpital Virgen de la Arrixaca de Murcie, des hématologues ont prélevé la moelle osseuse de dix femmes pour la leur réinjecter modifiée. Leur essai de phase 1 a été publié le 11 septembre 2026 dans Cell. Chez ces patientes de 51 à 72 ans atteintes d’ostéoporose avancée, l’incidence des fractures est tombée de huit événements par an à 0,5 dans les deux années qui ont suivi la perfusion, soit 94 % de moins.
Les cellules en question sont des cellules souches mésenchymateuses, prélevées dans la hanche de chaque patiente puis cultivées en laboratoire. L’équipe retouche ensuite leur surface pour y forcer l’expression d’une molécule, le sialyl-Lewis X, qui fonctionne comme une adresse postale et oriente les cellules vers l’os une fois relâchées dans le sang. Elles sont rendues à la patiente par une perfusion intraveineuse, à raison de deux ou cinq millions de cellules par kilo.
Ramené à chaque femme, l’écart se lit autrement : huit fractures par an pour dix patientes, cela fait 0,8 fracture par patiente et par an avant la perfusion, et 0,05 ensuite. Sept d’entre elles montraient par ailleurs, dès le 120e jour, une augmentation significative de la surface de tissu osseux, et le suivi clinique court sur environ six ans.
Dix patientes, aucun groupe témoin
Ce que l’essai établit et ce qu’il laisse espérer ne sont pas au même étage. Son objectif principal, déposé au registre public sous le numéro NCT02566655, était la tolérance du geste : compter les effets indésirables pendant vingt-quatre mois. L’essai est à bras unique, sans tirage au sort ni insu, ouvert en septembre 2015 et clos en mai 2018 ; la baisse des fractures n’y figure que parmi les critères secondaires, avec la densité osseuse et la douleur.
Deux réserves s’ajoutent, relevées dans l’analyse de Nature : la plupart des participantes ont continué à prendre leur traitement habituel contre l’ostéoporose pendant le suivi. Les cellules perfusées n’ont pas été pistées dans l’organisme, si bien que personne ne sait combien d’entre elles ont réellement atteint l’os. Le résultat impressionne néanmoins des spécialistes extérieurs à l’équipe. « C’est assez remarquable », y déclare Ajit Varki, de l’université de Californie à San Diego (traduit de l’anglais). Il souligne une efficacité « soutenue pendant plusieurs années » et l’absence d’effets secondaires. Un critère secondaire mesuré sur dix personnes ne vaut pourtant pas un essai randomisé, même quand l’écart saute aux yeux : c’est la grille de lecture appliquée à l’étude zona-démence.

Ce que pèse l’ostéoporose en France
Dix patientes : c’est la taille de l’essai de phase 1 publié dans Cell le 11 septembre 2026. La France, elle, comptait 484 000 fractures de fragilité pour la seule année 2019. La même année, près de quatre millions de personnes vivaient avec une ostéoporose dans le pays, soit 5,5 % de la population, selon l’Assurance Maladie.
La maladie ne se répartit pas au hasard. Vers 65 ans, 39 % des femmes en sont atteintes ; après 80 ans, la proportion monte à 70 %. Un quart des fractures dues à une fragilité osseuse surviennent chez des hommes. Et une personne qui vient de subir une fracture vertébrale a 25 % de risque d’en refaire une dans l’année : c’est cette population-là que l’essai espagnol a recrutée, pas l’ensemble des personnes ostéoporotiques.
Les traitements qui existent déjà
Aucune thérapie cellulaire n’est autorisée contre l’ostéoporose, ni en France ni ailleurs. Ce qui se prescrit aujourd’hui tient dans une liste courte, que l’Assurance Maladie hiérarchise ainsi.
| Traitement | Place dans la stratégie | Ce que dit la fiche publique |
|---|---|---|
| Biphosphonates (alendronate, risédronate, zolédronate) | 1re intention | Les plus prescrits ; réduisent les fractures vertébrales, non vertébrales et du col du fémur |
| Dénosumab | 2e intention | Utilisé lorsque les biphosphonates ne sont pas efficaces |
| Raloxifène | Situation particulière | Réservé aux personnes à faible risque de fracture périphérique |
| Romosozumab | Situation particulière | Réservé à des profils précis d’ostéoporose sévère |
| Tériparatide | Situation particulière | Réservé à des profils précis d’ostéoporose sévère |
| Calcium et vitamine D | Mesure associée | 1 000 à 1 200 mg de calcium par jour, 800 à 1 200 UI de vitamine D en entretien |
| Cellules mésenchymateuses modifiées | Recherche | Essai de phase 1 sur dix patientes, aucune autorisation de mise sur le marché |
Deux points ne dépendent d’aucun essai à venir. Un traitement anti-ostéoporotique interrompu en cours de route ne protège plus du risque de fracture sur cinq à dix ans, prévient l’Assurance Maladie : son arrêt se décide avec le médecin qui l’a prescrit, jamais de son propre chef. Quant aux apports quotidiens en calcium et vitamine D, leur effet sur les fractures est plus discuté que ne le laisse penser la ligne du tableau.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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