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Essai visuel
850 glaciers disparaissent déjà chaque année sur la planète. Depuis le 11 septembre 2026, un atlas interactif mis en ligne par le glaciologue Lander Van Tricht (Vrije Universiteit Brussel et ETH Zurich) donne à chacun des 211 490 glaciers de l’inventaire mondial une année de disparition projetée, selon quatre scénarios de réchauffement allant de +1,5 °C à +4 °C.
Concrètement, l’écart entre deux trajectoires climatiques cesse d’être un pourcentage : il devient une date, glacier par glacier, cliquable sur une carte. Le Global Glacier Extinction Explorer repose sur l’étude « Peak glacier extinction in the mid-twenty-first century », parue dans Nature Climate Change le 15 décembre 2025.
Un glacier « éteint » n’est pas un glacier fondu
Le mot a une définition technique, et elle est basse. Un glacier est compté comme éteint quand sa surface projetée passe sous 0,01 km², le seuil habituel des inventaires, ou quand son volume restant tombe sous 1 % de sa valeur initiale. De la glace résiduelle peut donc rester dans le paysage : pour le modèle, l’objet a cessé d’exister en tant que glacier.

Cette convention explique la forme du résultat central de l’étude. Les disparitions ne s’étalent pas régulièrement jusqu’en 2100 : elles culminent au milieu du siècle, entre 2035 et 2060 environ, quand la cohorte des petits glaciers franchit le seuil en masse. La hauteur du pic, elle, dépend du réchauffement : environ 2 000 glaciers par an à +1,5 °C, jusqu’à 4 000 par an au milieu des années 2050 à +4 °C. Ces glaciers perdus au moment du pic sont majoritairement petits et pèsent peu dans le volume total de glace, ce qui n’enlève rien aux paysages, aux écosystèmes et aux économies locales qui s’organisent autour d’eux.
L’arc alpin se vide avant le reste du monde
Les Alpes jouent leur partie plus tôt que la moyenne planétaire. Plus de la moitié de leurs glaciers doivent disparaître en deux décennies, et le pic y tombe autour de 2040 quel que soit le scénario retenu : à cette échéance, le réchauffement déjà engagé pèse plus lourd que les décisions à venir. C’est après 2040 que les quatre trajectoires se séparent vraiment.

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Le graphique se lit en une phrase : ce qui se joue entre les deux scénarios extrêmes, ce sont 380 glaciers alpins. Dans les Alpes, l’étude Van Tricht et al. parue dans Nature Climate Change le 15 décembre 2025 projette environ 400 glaciers encore debout en 2100 à +1,5 °C, contre 110 à +2,7 °C et une vingtaine à +4 °C, sur les quelque 3 000 recensés aujourd’hui.
À l’échelle du globe, le même écart se compte en dizaines de milliers : 96 000 glaciers survivants en 2100 à +1,5 °C, 78 000 à +2 °C, 44 000 à +2,7 °C et 18 000 à +4 °C. Rapporté aux 211 490 glaciers de l’inventaire de départ, cela fait 45 % du stock mondial encore debout à +1,5 °C, contre 8,5 % à +4 °C.
La Mer de Glace tient, sauf à +4 °C
Le glacier français le plus visité résiste dans trois scénarios sur quatre. La Mer de Glace passe le cap de 2100 à +1,5 °C, +2 °C et +2,7 °C ; à +4 °C, elle a une chance sur deux d’avoir disparu entre 2094 et 2100. Le Grand Aletsch suisse suit le même profil. Le Pasterze autrichien lâche bien plus tôt, entre 2061 et 2077.

Chaque fiche affiche une année médiane accompagnée de son intervalle de probabilité (Q25-Q75), ce qui évite de lire une projection comme un rendez-vous inscrit à l’agenda. Cette médiane sort de trois modèles glaciaires mondiaux combinés, GloGEM, OGGM et PyGEM, croisés avec plusieurs modèles de circulation générale, posés sur les contours du Randolph Glacier Inventory 6.0 et les volumes de référence de Farinotti et al. (2019). Le code de l’atlas et ses paramètres sont publics.
Côté usage, le Global Glacier Extinction Explorer se manœuvre en deux gestes. On choisit d’abord un scénario dans le sélecteur (+1,5, +2, +2,7 ou +4 °C, la valeur par défaut étant +2,7 °C), puis on cherche un glacier par son nom, son identifiant RGI ou son identifiant GLIMS. Au-delà du zoom 11, les points deviennent des contours détaillés, avec surface, altitudes minimale et maximale, volume et année d’inventaire ; une vue 3D complète la fiche. Les années affichées s’échelonnent de 2027 à 2099, au-delà de quoi le glacier est réputé survivre à l’horizon de l’étude.
Reste la question qui décide de tout : ces dates valent-elles quelque chose ? Un premier test grandeur nature vient de tomber. Le glacier de Bella Tola, au-dessus de Saint-Luc en Valais, a été déclaré éteint en août 2026, alors que l’étude le faisait disparaître entre 2026 et 2029, indique le communiqué de la VUB. « Chaque fraction de degré compte », y résume Lander Van Tricht : limiter le réchauffement à 1,5 °C préserverait deux fois plus de glaciers d’ici 2100.
La glace se mesure aussi par blocs entiers : AAP relevait le 27 août 2026 les 76,4 km² détachés du Petermann au Groenland, puis le 30 août les 83 % de glace cachés dans un glacier rocheux de l’Utah. Ces relevés disent des volumes ; l’atlas, lui, distribue des calendriers.
Le détail des projections, scénario par scénario, figure dans la version en libre accès de l’article et dans la présentation qu’en donne son auteur principal. Sur les quatre scénarios proposés, aucun ne laisse debout plus de 400 glaciers alpins en 2100.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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