Une main glisse un téléphone au fond d’une poche de manteau à la sortie d’une station de métro bondée, à la tombée du jour.

Les Britanniques croient les vols de portables en hausse, ils ont chuté de 70 %

83 % des Britanniques pensent que les vols de portables augmentent alors qu’ils ont reculé d’environ 70 % depuis 2010. En France, la crainte du cambriolage dépasse de quinze fois le cambriolage lui-même, mais le décrochage n’y est pas général : sur les injures et les menaces, la peur colle aux faits.

Sommaire
  1. Le fait
  2. Notre regard
  3. La nuance
  4. À surveiller

Décryptage

Vous rangez votre téléphone au fond de votre poche en sortant du métro, et vous avez de la compagnie : 83 % des Britanniques pensent que les vols de portables ont augmenté depuis 2010, alors qu’ils ont reculé d’environ 70 %. Le chiffre vient de « Wrongful convictions? », l’enquête du Policy Institute du King’s College London publiée le 17 août 2026, réalisée par YouGov auprès de 1 797 adultes interrogés du 23 au 27 mars 2026.

Le même vertige traverse la Manche, où il porte un nom administratif : le sentiment d’insécurité, que le ministère de l’Intérieur mesure chaque année sur environ 200 000 personnes de 18 ans et plus.

Le fait

Le décalage britannique se répète délit par délit (les chiffres de réalité du rapport portent, pour l’essentiel, sur l’Angleterre et le pays de Galles). Une majorité croit les cambriolages en hausse, 56 %, et les vols de véhicules aussi, 62 %, quand les deux ont baissé d’environ 50 % depuis 2010. Sur les homicides, 37 % parient sur une augmentation, alors que le nombre a reculé d’environ 20 %.

La question du risque personnel est celle qui frappe. Invités à estimer la part de leurs compatriotes victimes d’un délit dans l’année, les sondés répondent 27 % en médiane. La mesure donne 9,7 %, soit près de trois fois moins. Les effectifs de police y passent aussi : 63 % les croient en baisse et 18 % seulement voient juste, alors qu’ils ont progressé d’environ 20 % entre 2018 et 2025.

Mis côte à côte, ce que le public estime et ce que les enquêtes mesurent ne racontent pas le même pays.

Des deux côtés de la Manche, la part d’adultes concernés par la peur ou l’estimation dépasse de loin la part réellement touchée. Limite : la question britannique porte sur une estimation de prévalence, la française sur une inquiétude déclarée.
Des deux côtés de la Manche, la part d’adultes concernés par la peur ou l’estimation dépasse de loin la part réellement touchée. Limite : la question britannique porte sur une estimation de prévalence, la française sur une inquiétude déclarée.
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La lecture tient en une phrase : des deux côtés de la Manche, la peur occupe une place que les faits ne remplissent pas.

Ce que le public estime, ce que les enquêtes mesurent, en % des adultes. Limite : la question britannique porte sur une estimation de prévalence, la française sur une inquiétude déclarée. Sources : Policy Institute du King’s College London (YouGov, mars 2026) et enquête VRS du SSMSI exploitée par L’Essor, septembre 2026.
IndicateurPerçuMesuré
Royaume-Uni, adultes victimes d’un délit dans l’année27 %9,7 %
France, cambriolage (inquiétude, puis victimation déclarée)50,2 %3,3 %
Cher, cambriolage (inquiétude, puis victimation déclarée)58,3 %2,0 %
Royaume-Uni, vols de portables jugés en hausse depuis 201083 %baisse d’environ 70 %

Notre regard

Bobby Duffy, qui dirige le Policy Institute, avance deux causes emboîtées dans une tribune sur Phys.org : le cerveau humain surveille en priorité l’information négative parce qu’elle signale une menace, et les médias, les responsables politiques et les plateformes, qui savent que ce registre fait réagir, en fournissent davantage. L’image du pays finit durablement plus sombre que le pays.

Il faut y ajouter une affaire de tempo. La baisse s’est étalée sur quinze ans ; un vol à l’arraché dure trois secondes. On retient le second.

Le public britannique n’est pourtant pas aveugle. Sur les vols à l’étalage, 84 % identifient correctement une hausse, et cette hausse est réelle : environ 70 %. Quand la réalité monte, la perception suit ; c’est quand elle baisse que le lien casse. Le Royaume-Uni sert ici de laboratoire, comme souvent dans notre dossier britannique.

Un sondage ne mesure d’ailleurs pas la criminalité : il mesure ce que 1 797 personnes croient de leur pays un matin de mars.

Une maison isolée dans la rue d’un village français à la tombée du soir, volets fermés et chaussée déserte.
Dans le Cher, 58,3 % des habitants redoutent un cambriolage quand 2,0 % en ont subi un.

La nuance

Plaquer ce tableau sur la France serait confortable et faux. Le ministère de l’Intérieur dispose de sa propre mesure, et une exploitation département par département publiée par L’Essor le 3 septembre 2026 en tire un résultat en demi-teinte.

Sur le cambriolage, le décrochage est net. En France, 50,2 % des adultes interrogés se disent inquiets d’être cambriolés un jour quand 3,3 % déclarent l’avoir été, selon l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » du SSMSI exploitée par département et publiée en septembre 2026. La crainte est quinze fois plus répandue que le fait lui-même. Le Cher pousse l’écart plus loin, avec 58,3 % d’inquiets pour 2,0 % de victimes ; le Rhône, à l’inverse, enregistre 5,4 % de cambriolages déclarés.

Sur d’autres atteintes, la peur colle aux faits. La corrélation entre victimation déclarée et inquiétude atteint 0,71 pour les injures et les menaces, contre 0,33 pour le cambriolage. Les Français ne se trompent donc ni partout ni de la même façon : l’angoisse se concentre là où la délinquance mesurée est basse, dans plusieurs départements ruraux, pendant que Paris et la Seine-Saint-Denis encaissent les vols réellement subis, 7,7 % de vols sans violence hors domicile pour l’une, 7,6 % de vols dans les véhicules pour l’autre.

Le ressenti, lui, monte. En 2024, 18 % des femmes déclarent se sentir en insécurité à leur domicile, contre 12 % des hommes, et 31 % renoncent parfois à sortir seules de chez elles, contre 10 % des hommes, d’après les données de l’Insee. Se tromper sur les volumes ne veut pas dire ressentir dans le vide.

À surveiller

L’enquête française est reconduite chaque année, et la prochaine édition dira si le ressenti continue de grimper pendant que la victimation, elle, ne bouge pas : c’est ce ciseau qui fabrique un décrochage à l’anglaise, pas le niveau de la délinquance.

À surveiller aussi, la géographie. L’écart français se creuse loin des grandes villes, là où les faits divers arrivent par l’écran plutôt que par la rue. Le Royaume-Uni, lui, a mis quinze ans à ne pas s’apercevoir de son propre reflux.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Malik » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Monde & Pop Monde : l’actualité internationale reliée à la France, avec ce qu’elle change ici.

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