Un canot pliant retourné, quille en l’air, avec des silhouettes debout dessus, sur une mer d’huile à l’aube parsemée de glaces

Charles Lightoller, rescapé du Titanic, a répondu à 1 608 questions des enquêteurs britanniques

Du choc ressenti dans sa cabine à l’aube passée debout sur un canot retourné, la nuit du deuxième officier du Titanic racontée par ses dépositions, et ce qu’il a avoué en 1935.

Sommaire
  1. En bref
  2. Pourquoi les enquêteurs l’interrogent-ils aussi longtemps ?
  3. Que fait Lightoller quand le Titanic heurte l’iceberg ?
  4. Comment Charles Lightoller a-t-il survécu au naufrage ?
  5. Qu’a-t-il reconnu plus tard sur les enquêtes ?
  6. Questions courantes

Récit

Plaqué sous l’eau contre la grille d’un conduit d’aération, à l’avant d’une cheminée, Charles Lightoller ne remonte plus. Dans la nuit du 15 avril 1912, le deuxième officier du Titanic coule avec son navire et la mer qui s’engouffre dans le conduit le tient collé. Puis « un souffle d’air venu d’en bas » l’en arrache, raconte-t-il le 21 mai devant les enquêteurs britanniques (sa déposition à Londres).

Charles Lightoller, deuxième officier du Titanic, a répondu à 1 608 questions numérotées de l’enquête britannique, les 20, 21 et 23 mai 1912. Ces réponses publiques retracent sa nuit heure par heure. Ses mémoires, en 1935, diront ce qu’il avait choisi de taire.

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En bref

  • 1 608 questions posées à Lightoller par l’enquête britannique, les 20, 21 et 23 mai 1912.
  • Rescapé debout sur le pliant B retourné, il passe à l’aube dans le canot n° 12.
  • En 1935, ses mémoires disent qu’il a ménagé le Board of Trade et la White Star Line.

Pourquoi les enquêteurs l’interrogent-ils aussi longtemps ?

Parce que le commandant Edward Smith, l’officier en chef Henry Wilde et le premier officier William Murdoch ont disparu : Lightoller est le membre d’équipage le plus gradé à avoir survécu (sa biographie).

L’enquête britannique, présidée par Lord Mersey pour le Board of Trade, siège du 2 mai au 3 juillet 1912 (chronologie des enquêtes). Près de cent témoins y répondent à plus de 25 000 questions (bilan de la commission).

Il décrit d’abord une nuit sans lune, un ciel « parfaitement clair », une mer « relativement lisse » (première audition). Rappelé le 23 mai, il ne se souvient que d’un message d’alerte, celui du Caronia. Celui du Mesaba, dit-il, était « de la plus haute importance » : le commandant l’aurait porté lui-même à la passerelle s’il l’avait reçu (audition du 23 mai).

Que fait Lightoller quand le Titanic heurte l’iceberg ?

Lightoller est couché, lumière éteinte mais pas encore endormi, quand il sent « une légère secousse suivie d’un raclement », puis l’arrêt des machines (question 13 734). Murdoch l’avait relevé de son quart à 22 heures. Il reste environ une demi-heure dans sa cabine, jusqu’à ce que le quatrième officier, Joseph Boxhall, l’avertisse : l’eau atteint le pont F.

Sur le pont des embarcations, la vapeur des chaudières couvre les voix. Sur ordre de Wilde, Lightoller fait découvrir les canots, en commençant par le n° 4, à bâbord. Smith donne ensuite la consigne : « mettez les femmes et les enfants dedans et descendez » (audition du 21 mai).

Au canot n° 6, « les femmes tendaient simplement le poignet », raconte-t-il : il les prend par le poignet et les fait monter, environ quarante-deux personnes. Le n° 4 part plus tard, rempli autant que possible sans danger selon lui. Il envoie le maître d’équipage ouvrir les portes de coupée du pont E. Il ne le reverra jamais.

Comment Charles Lightoller a-t-il survécu au naufrage ?

Lightoller ne monte dans aucun canot. Ses derniers efforts vont au pliant B, arrimé sur le toit du quartier des officiers, que ses hommes font glisser sur le pont quand l’eau y arrive déjà. Puis le navire « a semblé piquer un peu, et je suis simplement entré dans l’eau », dit-il à Londres. Devant le Sénat américain, le 19 avril, il avait décrit la cheminée qui s’abat sur les nageurs de ce côté (audition à Washington).

Quand il refait surface, le pliant B flotte retourné à côté de lui. Six hommes s’y tiennent, debout ou à genoux. D’autres nagent jusqu’à lui pendant la nuit : au matin, ils sont « près de 28 ou 30 » sur la coque (questions 14 102 à 14 116). Une légère houle se lève une demi-heure environ après son arrivée sur le pliant.

Le pliant B s’enfonce et tangue sous le poids. Dans ses souvenirs, Lightoller aligne tout le monde et corrige chaque embardée d’un ordre bref : « Penchez-vous à droite » (récit repris par Titanic’s Officers). Trois ou quatre hommes meurent avant le jour, dit-il aux sénateurs américains, « deux ou trois » devant les enquêteurs britanniques. Parmi eux, selon le second opérateur Harold Bride, l’opérateur radio Jack Phillips.

À l’aube, deux canots s’approchent (fiche du Lifeboat Project). Lightoller fait passer ses hommes dans le n° 12, y compte 65 têtes et estime le total à « au moins 75 ». Entre les fusées du Carpathia et leur sauvetage, « il a semblé s’écouler une bonne heure » (fin de sa déposition).

Qu’a-t-il reconnu plus tard sur les enquêtes ?

En 1935, il publie ses mémoires, Titanic and Other Ships, aujourd’hui en accès libre. À Washington, écrit-il, cela avait peu d’importance ; à Londres, « il fallait garder la main sur le pinceau à badigeon ». Il ne voulait pas que la faute retombe sur le Board of Trade, qui avait jugé le navire apte à prendre la mer, ni sur la White Star Line. Toute la tension, ajoute-t-il, a pesé sur les « épaules malchanceuses » d’un seul homme.

« Quand tout a été fini, je me sentais plus paillasson juridique qu’officier de paquebot postal. »

Charles Lightoller, deuxième officier du Titanic, Titanic and Other Ships (1935)

En 1936, l’ancien officier, devenu capitaine de frégate de la réserve de la Royal Navy, raconte la nuit à la radio de la BBC. La chaîne Titanic’s Officers a mis l’enregistrement en ligne : on y entend la voix que Londres avait interrogée trois jours durant.

Vidéo : Lightoller à la BBC en 1936 (Titanic’s Officers, YouTube)

En 1940, à soixante-six ans, il conduit lui-même son yacht à Dunkerque pour rapatrier des soldats britanniques. Charles Lightoller meurt à Richmond, près de Londres, le 8 décembre 1952.

Questions courantes

Quel âge avait Charles Lightoller lors du naufrage du Titanic ?
Trente-huit ans. Né le 30 mars 1874 à Chorley, dans le Lancashire, il avait commencé son apprentissage de marin à treize ans.

Que fait Lightoller à Dunkerque en 1940 ?
À bord de son yacht, le Sundowner, autorisé à transporter 21 passagers, il rapatrie 127 militaires britanniques évacués de Dunkerque, selon la plaque de Richmond ; Lightoller, lui, en comptait 130.

Où lire les dépositions de Charles Lightoller ?
Sur le site du Titanic Inquiry Project, qui publie question par question les transcriptions des enquêtes américaine et britannique de 1912.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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