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Sommaire
- En bref
- Huit pays, un décompte, des fenêtres de comptage différentes
- La France dans le décompte : 7 300 morts, relevé arrêté au 22 juillet
- « Mort en excès » : ce que le chiffre mesure vraiment
- 2003, 2022, 2026 : la série que les bilans du jour ne font pas
- Ce qui protège, et le geste qui tient debout cette semaine
- Questions courantes
Panorama
En bref
- Plus de 32 000 morts en excès en Europe entre la mi-juillet et la mi-août 2026, selon la plateforme de surveillance EuroMoMo.
- Un décompte de l’AFP dans huit pays porte le total à environ 33 000, dont 14 000 en Allemagne et 7 300 en France.
- Un « mort en excès » mesure un écart statistique à une mortalité attendue : la métrique conditionne toute la lecture du bilan.
- Les fenêtres de comptage diffèrent d’un pays à l’autre, ce qui interdit un classement au sens strict.
- Le bilan français reste provisoire : le relevé s’arrête au 22 juillet et le bilan complet est annoncé pour octobre.
Plus de 32 000 morts en excès : c’est ce que la plateforme européenne EuroMoMo a mesuré sur le continent entre la mi-juillet et la mi-août 2026. Un décompte de l’AFP publié le 21 août, bâti sur les surveillances nationales de huit pays, porte le total à environ 33 000 morts, dont 7 300 en France.
Ces estimations sont provisoires et la saison n’est pas close. Elles donnent le premier ordre de grandeur disponible sur un été que l’Europe a passé sous canicules répétées et sécheresse.
Deux précautions avant d’aller plus loin. Les périodes couvertes changent d’un pays à l’autre, et le « mort en excès » ne désigne pas un décès dont le certificat mentionne la chaleur.
Huit pays, un décompte, des fenêtres de comptage différentes
Huit pays documentent aujourd’hui leur surmortalité estivale, et un seul concentre plus de 40 % du total recensé. La géographie des canicules ne le désigne pas d’avance.
Combien de morts en excès l’Allemagne a-t-elle enregistrés cet été, jusqu’au 9 août ?
14 000 morts, près du double du bilan français, et un niveau que l’institut Robert Koch décrit comme le plus élevé depuis le début de ce suivi en 2016.
Le graphique qui suit se lit avec une réserve : chaque pays publie sur sa propre fenêtre de comptage, et certains recensent des décès explicitement liés à la chaleur là où d’autres mesurent un écart à l’attendu.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Le tableau ci-dessous rend ces fenêtres explicites, colonne par colonne, à partir du relevé pays par pays. C’est la précision que les dépêches agrègent sans la donner.
| Pays | Bilan | Période couverte | Métrique publiée |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 14 000 | jusqu’au 9 août | décès liés à la chaleur |
| France | 7 300 | fin mai au 22 juillet | morts en excès |
| Espagne | près de 4 500 | 1er juin au 19 août | décès liés à la chaleur |
| Angleterre | 2 877 | mai et juin | décès liés à la chaleur |
| Belgique | 2 570 | 18 juin au 17 juillet | morts en excès |
| Pays-Bas | 968 | 22 juin au 5 juillet | morts en excès |
| Portugal | plus de 600 | mi-juin à fin juillet | morts en excès |
| Autriche | 396 | juin | décès liés à la chaleur |
| Total huit pays | environ 33 000 | périodes hétérogènes | métriques mixtes |
Retenez la dernière ligne du tableau autant que la première. Le total de 33 000 additionne des grandeurs qui ne se superposent pas exactement, et il vaut comme ordre de grandeur.
La France dans le décompte : 7 300 morts, relevé arrêté au 22 juillet
La France affiche 7 300 morts en excès entre la fin mai et le 22 juillet 2026, d’après le relevé du 19 août de Santé publique France. Près des trois quarts de ces décès concernent des personnes de 75 ans et plus, et 78 départements sont touchés.
Selon nos calculs, les 7 300 morts en excès enregistrés en France pendant les vagues de chaleur de 2026, arrêtés au 22 juillet, dépassent deux années entières de mortalité routière française (3 515 morts sur les routes en 2025).
Le chiffre routier vient du bilan définitif 2025 de la Sécurité routière. La comparaison sert à situer une échelle : les deux décomptes reposent sur des méthodes différentes, l’un sur des constats individuels, l’autre sur un modèle statistique.
Un seul épisode, du 17 juin au 2 juillet, a produit 5 764 morts en excès selon Santé publique France. L’Île-de-France y concentre près de 2 000 décès supplémentaires, soit 81,2 % de plus que l’attendu, devant le Centre-Val de Loire et les Pays de la Loire.

Ce relevé s’arrête avant la vague de chaleur prolongée de la fin juillet et d’août. Le bilan complet de la saison est annoncé pour octobre, parce que les effets sanitaires de la chaleur se lisent avec retard.
« Mort en excès » : ce que le chiffre mesure vraiment
Un mort en excès n’est pas un décès dont le certificat mentionne la chaleur : c’est l’écart entre les décès observés sur une période et ceux qu’un modèle statistique attendait. La distinction change la lecture de tous les chiffres de cet article.
L’exemple le plus lisible reste 2003. Du 1er au 20 août, la France a enregistré 41 621 décès quand le modèle en attendait 26 819, d’après le rapport du Sénat : la surmortalité de 14 802 personnes est exactement cette différence.
La méthode a un avantage et une limite. Elle capte les décès que la chaleur précipite sans apparaître sur le certificat, mais elle dépend du modèle d’attendu et des délais d’enregistrement, qu’EuroMoMo invite à interpréter avec prudence sur les trois dernières semaines publiées.
C’est aussi pour cela que Santé publique France travaille sur un modèle adapté d’EuroMoMo, nourri de six années d’historique et couvrant environ 5 000 communes, soit 84 % de la mortalité nationale.
2003, 2022, 2026 : la série que les bilans du jour ne font pas
Trois étés servent de repères à l’échelle européenne. L’été 2003 avait causé plus de 70 000 décès liés à la chaleur sur le continent, l’été 2022 plus de 61 000, selon l’observatoire climat européen.
L’été 2026 ne se compare pas encore à ces deux bornes, et pour une raison de calendrier. Les 32 000 morts d’EuroMoMo ne couvrent qu’un mois, de la mi-juillet à la mi-août, et laissent hors champ les deux semaines les plus meurtrières de la saison.
Ces deux semaines sont documentées : la dernière de juin, avec près de 16 000 morts en excès en Europe, et la première de juillet, avec environ 8 000. Un total saisonnier européen ne pourra donc être posé qu’une fois toutes les semaines consolidées.
En France, la comparaison avec 2003 tient sur un point et échoue sur un autre. L’épisode de juin 2026 a dépassé août 2003 en intensité selon Santé publique France, alors que son bilan humain reste nettement inférieur aux 14 802 morts en excès de 2003.
Ce qui protège, et le geste qui tient debout cette semaine
Trois leviers reviennent dans tous les bilans depuis 2003. Le repérage des personnes isolées, le rafraîchissement des logements et la continuité des soins pendant l’épisode.
Le premier levier est celui qui manque le plus souvent, parce que la majorité des décès survient au domicile et non à l’hôpital : nous avions détaillé cet angle mort du domicile en juillet. Le profil du bilan 2026 le confirme, avec près de trois quarts de victimes de 75 ans et plus.

Le deuxième levier est devenu un dispositif : la France a activé cet été un plan Orsec chaleurs pour organiser la réponse des préfectures. Son efficacité se jugera sur le bilan d’octobre, pas sur celui d’août.
Le geste concret, lui, tient en un appel. Repérez la personne de plus de 75 ans qui vit seule dans votre immeuble ou votre rue, prenez son numéro avant la prochaine alerte, et signalez-la au registre communal des personnes vulnérables tenu par votre mairie : c’est ce fichier que les équipes appellent quand la vigilance passe au rouge.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’un « mort en excès » ?
C’est l’écart entre le nombre de décès observés sur une période et le nombre que le modèle statistique attendait à partir des années précédentes. Un décès n’a pas besoin d’être certifié comme dû à la chaleur pour entrer dans le compte.
Les 33 000 morts recensés sont-ils tous morts de la chaleur ?
Non. Le total additionne des morts en excès et, pour certains pays, des décès explicitement attribués à la chaleur. Ces deux métriques ne se superposent pas et le total vaut comme ordre de grandeur.
Pourquoi ne peut-on pas classer les pays entre eux ?
Parce que chaque pays publie sur sa propre fenêtre. L’Allemagne compte jusqu’au 9 août, la France s’arrête au 22 juillet, l’Autriche ne documente que le mois de juin. Un écart de bilan mesure donc aussi un écart de période.
Le bilan français de 7 300 morts est-il définitif ?
Non. Le relevé s’arrête au 22 juillet, avant une vague de chaleur prolongée, et le bilan complet est annoncé pour octobre. Les effets sanitaires de la chaleur se mesurent avec retard.
L’été 2026 est-il plus meurtrier que 2003 en France ?
Non, selon les estimations disponibles. La canicule d’août 2003 avait produit 14 802 morts en excès en vingt jours. L’épisode de juin 2026 a dépassé 2003 en intensité, mais son bilan humain reste inférieur.
Que peut-on faire concrètement pendant une alerte ?
Repérer les personnes de plus de 75 ans qui vivent seules, garder un contact téléphonique quotidien pendant l’épisode, et les signaler au registre communal des personnes vulnérables tenu par la mairie.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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