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Sommaire
- Devinez avant de lire
- En bref
- Trois publics dans la même salle
- 7,42 euros au guichet, et deux tiers de billets à tarif réduit
- 6 401 écrans, et une poignée de multiplexes
- Quinze minutes de trajet, une version française, quinze jours pour se décider
- Pourquoi le CNC a publié deux chiffres pour la même année
- Questions courantes
Devinez avant de lire
Sur 100 spectateurs français, combien sont des assidus, ceux qui réalisent à eux seuls 18,4 % des entrées ?
La réponse :
Panorama
La salle se remplit toujours un peu des mêmes. Le bilan 2025 du CNC, publié le 12 mai 2026, compte 156,2 millions d’entrées pour 40,9 millions de spectateurs dans les cinémas français, et cette moyenne cache une population très inégale : les spectateurs assidus ne pèsent que 3,0 % des spectateurs, mais ils fournissent 18,4 % des entrées.
Le calcul tient en deux divisions. Nous avons appliqué ces parts aux totaux publiés par le CNC : 3,0 % de 40,9 millions de spectateurs, soit 1,2 million de personnes, et 18,4 % de 156,2 millions d’entrées, soit 28,7 millions de billets. Selon nos calculs à partir du bilan 2025 du CNC, les 1,2 million de spectateurs assidus français ont vu 23,4 films en salle en 2025, contre 2,2 pour un spectateur occasionnel et 3,8 pour la moyenne des 40,9 millions de spectateurs français.
En bref
- 156,2 millions d’entrées et 40,9 millions de spectateurs en 2025, selon le bilan définitif du CNC publié le 12 mai 2026.
- Trois publics : occasionnels (73,6 % des spectateurs, 43,1 % des entrées), réguliers (23,4 % et 38,6 %), assidus (3,0 % et 18,4 %).
- Nos calculs : 23,4 séances par an pour un assidu, 6,3 pour un régulier, 2,2 pour un occasionnel, 3,8 en moyenne.
- Billet moyen à 7,42 euros, quand la FNCF rappelle que deux tiers des billets partent à tarif réduit (chiffres 2022).
- 6 401 écrans dans 2 060 cinémas actifs, mais 12,3 % d’établissements (les multiplexes) font 56,8 % des entrées.
Série AAP
Nous suivions déjà ce chiffre : le 16 juin, AAP mesurait les 24 millions d’entrées disparues en un an et le décrochage des seniors, sur une série remontant aux années 1980. Aujourd’hui, l’année 2025 est close et consolidée : voici qui remplit les 156,2 millions d’entrées restantes, à quel prix et dans quelles salles.
Trois publics dans la même salle
Le CNC découpe son public en trois strates. Les occasionnels forment 73,6 % des spectateurs et 43,1 % des entrées, les réguliers 23,4 % des spectateurs et 38,6 % des entrées, les assidus 3,0 % des spectateurs et 18,4 % des entrées, d’après les chiffres détaillés du bilan. Rapporté à leur poids démographique, le groupe des assidus pèse 6,1 fois plus lourd en billets qu’en têtes.
Les deux vues ci-dessous partent du même tableau : la première oppose le poids en spectateurs au poids en billets, la seconde traduit cet écart en nombre de séances par personne et par an.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

La bascule dit la même chose de deux façons : un assidu voit en une seule année ce qu’un occasionnel mettrait plus de dix ans à voir au même rythme.
| Public | Part des spectateurs | Part des entrées | Spectateurs (millions, nos calculs) | Entrées (millions, nos calculs) | Entrées par spectateur (nos calculs) |
|---|---|---|---|---|---|
| Occasionnels | 73,6 % | 43,1 % | 30,1 | 67,3 | 2,2 |
| Réguliers | 23,4 % | 38,6 % | 9,6 | 60,3 | 6,3 |
| Assidus | 3,0 % | 18,4 % | 1,2 | 28,7 | 23,4 |
| Ensemble | 100 % | 100 % | 40,9 | 156,2 | 3,8 |
La conséquence se formule simplement. Une salle française vit d’un noyau d’un peu plus d’un million de personnes, pendant que la majorité de son public pousse la porte deux fois par an. Le déséquilibre se lit aussi par l’âge : l’étude du CNC sur le public du cinéma en 2024, publiée le 1er juillet 2025, relève que 64,9 % des Françaises et des Français sont allés au moins une fois en salle cette année-là, pour 4,3 entrées en moyenne, avec un taux de 80,8 % chez les moins de 25 ans et la fréquence la plus élevée chez les 60 ans et plus, à 6,3 entrées.
7,42 euros au guichet, et deux tiers de billets à tarif réduit
Le prix moyen du billet s’établit à 7,42 euros en 2025. Ce n’est pas un tarif affiché : c’est une recette divisée par des entrées, donc déjà une moyenne de plein tarif, de tarifs réduits, de cartes d’abonnement et de séances à prix cassé. La Fédération nationale des cinémas français l’écrit noir sur blanc sur sa page consacrée aux prix : deux tiers des billets achetés au cours d’une année le sont à tarif réduit. Les données qu’elle publie portent sur 2022 et doivent se lire à ce millésime : cette année-là, 60 % des billets ont été vendus à moins de 7 euros, 42 % à moins de 6 euros, pour un prix moyen de 7,24 euros.
D’après nos calculs, le billet moyen a donc gagné 18 centimes entre 2022 et 2025, soit environ 2,5 % en trois ans. Sur la décennie précédente, la FNCF chiffre la hausse à 11,5 % entre 2013 et 2022, quand l’inflation générale hors tabac progressait de 12,8 % : la place de cinéma avait alors augmenté moins vite que le reste du panier.
Nous avons ensuite converti ces fréquences en budget annuel. En appliquant le billet moyen de 7,42 euros aux rythmes que nous avons dérivés, un spectateur assidu dépense environ 174 euros de cinéma par an, un régulier environ 47 euros, un occasionnel environ 17 euros. La limite est réelle : les assidus recourent davantage aux cartes d’abonnement, donc ces 174 euros forment un plafond plutôt qu’une facture. Appliqué au total, le même billet moyen donne une recette de guichet d’environ 1,16 milliard d’euros pour l’année 2025.

6 401 écrans, et une poignée de multiplexes
Le parc, lui, ne se contracte pas. Le bilan recense 6 401 écrans en 2025, en hausse de 0,7 % (46 écrans de plus), répartis dans 2 060 cinémas actifs (7 de plus), soit 3,1 écrans par établissement selon nos calculs. Le pays a par ailleurs vu sortir 812 films en première exclusivité (+9,3 %), dont 404 films français, 101 films américains et 449 films classés art et essai.
La géographie du public est bien plus concentrée que celle des salles. Les multiplexes représentent 12,3 % des établissements et 56,8 % des entrées ; les mono-écrans, 54,1 % des établissements et 9 % des entrées. Nous avons rapporté ces parts aux totaux : environ 253 multiplexes ont accueilli 88,7 millions d’entrées, soit près de 350 000 entrées chacun sur l’année, quand les quelque 1 114 mono-écrans se partageaient 14,1 millions d’entrées, soit environ 12 600 entrées par salle. Un multiplexe français fait donc, en moyenne, vingt-huit fois les entrées d’un cinéma à écran unique.

Quinze minutes de trajet, une version française, quinze jours pour se décider
Le spectateur français ne va pas loin. L’enquête du CNC sur les pratiques cinématographiques, reprise par Boxoffice Pro, indique que 75,7 % des spectateurs citent la proximité comme critère de choix de la salle, que 93,3 % s’y rendent en moins de 30 minutes et que le trajet moyen dure 15 minutes.
Il n’y va pas seul : 76,5 % des spectateurs étaient accompagnés lors de leur dernière séance, 32,7 % en couple (5,6 points de moins qu’avant la crise sanitaire) et 29,3 % en famille (5 points de plus). Seuls 16 % des 15-19 ans y vont seuls.
Et il regarde en français : 74,5 % des spectateurs privilégient la version française pour les films étrangers, contre 71,1 % en 2019, et 93,3 % se déclarent satisfaits des films français. La fenêtre de décision s’est resserrée : 84,9 % des spectateurs se déplacent dans les quinze jours qui suivent la sortie, et 38,8 % des assidus dans les cinq premiers jours, soit 14 points de plus qu’en 2019. Côté billetterie, 35,3 % achètent à l’avance et 50,9 % des réservations se font encore le jour même. Pour choisir, 57,6 % s’appuient sur la bande-annonce vue en salle, 16,8 % seulement sur les critiques des médias, le plus bas niveau depuis 2016.
Ce public cohabite avec un salon très équipé. Les Tendances audio-vidéo de l’Arcom, publiées le 3 avril 2025, indiquent que trois quarts des Français ont accès à une offre vidéo payante, pour un budget médian de 20 euros par mois, et que 89 % des foyers sont équipés d’un téléviseur, dont 84 % connectés à Internet. Un assidu à 174 euros de cinéma par an paie donc, à peu de chose près, l’équivalent de neuf mois d’abonnements vidéo.
Pourquoi le CNC a publié deux chiffres pour la même année
Il existe deux totaux officiels pour 2025, et les deux sont exacts. Le 30 décembre 2025, le communiqué du CNC annonçait 156,79 millions d’entrées, en recul de 13,6 %, avec des chiffres arrêtés au 28 décembre : une estimation de fin d’année, publiée avant que la dernière semaine ne soit close et avant consolidation des remontées des exploitants. Le 12 mai 2026, le bilan définitif a ramené le total à 156,2 millions, soit un recul de 14,0 %. L’écart entre les deux publications atteint environ 590 000 entrées, d’après notre soustraction.
Le même mouvement joue sur les parts de marché. Le communiqué de décembre créditait les films français de 37,7 % et les films américains de 35,8 %, les autres films occupant 26,5 %. Le bilan de mai porte les films français à 37,9 %, et les chiffres détaillés repris par Boxoffice Pro ramènent les films américains à 34,9 %, présenté comme leur plus bas niveau depuis 1982. La page de fréquentation du CNC affiche encore, elle, les 156,79 millions de l’estimation, à côté des 181,3 millions d’entrées de 2024.
Sur le terrain européen, le classement ne bouge pas : avec ses 156,79 millions d’entrées arrêtées au 28 décembre 2025, la France devançait l’Allemagne (85 millions), l’Italie (67 millions) et l’Espagne (65 millions). Le détail des mois se lit ailleurs, et AAP a suivi ensuite le rebond de juillet 2026. Reste ce que 2025 a fixé : une salle tenue debout par un million de fidèles, un billet à 7,42 euros dont deux tiers partent à tarif réduit, et un quart d’heure de trajet qui décide, plus sûrement qu’une critique, de qui verra le prochain film.
Questions courantes
Combien de fois par an va un spectateur assidu ?
Selon nos calculs à partir du bilan 2025 du CNC, 23,4 fois. Les assidus représentent 3,0 % des 40,9 millions de spectateurs et 18,4 % des 156,2 millions d’entrées, soit environ 1,2 million de personnes pour 28,7 millions de billets. Un spectateur occasionnel en est à 2,2 entrées par an, la moyenne française à 3,8.
Pourquoi deux chiffres d’entrées différents pour 2025 ?
Le communiqué du CNC du 30 décembre 2025 donnait 156,79 millions d’entrées, une estimation arrêtée au 28 décembre. Le bilan définitif publié le 12 mai 2026 retient 156,2 millions après consolidation, soit environ 590 000 entrées de moins. Les deux sont officiels, seul le second est définitif.
Combien coûte vraiment une place de cinéma en France ?
Le prix moyen effectivement payé est de 7,42 euros en 2025 selon le CNC. C’est une recette divisée par des entrées, pas un tarif affiché : la FNCF rappelle que deux tiers des billets sont vendus à tarif réduit et qu’en 2022, 60 % des billets sont partis à moins de 7 euros et 42 % à moins de 6 euros, pour un prix moyen de 7,24 euros.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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