
À East Palo Alto, en Californie, la dernière sonnerie de The Primary School a retenti en juin 2026. Fondée en 2016 par Priscilla Chan, cette école privée entièrement gratuite ferme après dix ans, et plus de 400 élèves rejoignent le district scolaire public de Ravenswood City, rapporte NBC Bay Area.
La fermeture a été annoncée en mai 2025, selon le journal lycéen voisin, pour une prise d’effet à la fin de l’année scolaire 2025-2026. Elle fait suite a la décision de la Chan Zuckerberg Initiative (CZI), la structure philanthropique de Priscilla Chan et Mark Zuckerberg, d’arrêter de financer l’établissement. L’école n’a pas rendu publiques les raisons précises de cet arret. Interrogée par le Wall Street Journal et citée par Fast Company, Priscilla Chan a déclaré que les résultats n’étaient pas là où le conseil d’administration, ni personne d’autre, aurait voulu qu’ils soient.
Une école qui soignait autant qu’elle enseignait
Le modèle tenait en une promesse simple : scolarité, santé et accompagnement des familles au même endroit, sans un dollar à débourser. L’établissement a ouvert en maternelle et primaire avant de s’étendre jusqu’aux petites classes de collège, une classe supplémentaire étant prévue pour l’année suivante, detaille un média local. Il réunissait parents, enseignants et professionnels de santé mentale autour d’enfants confrontés à la pauvreté, au mal-logement et aux obstacles d’accès aux soins.
Concrètement, cela allait du contrôle dentaire gratuit au coaching bien-être proposé aux parents, précise Fast Company, qui évalue à environ 540 le nombre d’enfants passés par l’école depuis 2016. La population scolaire était majoritairement latino et issue de familles à bas revenus, selon NBC Bay Area. Ce couplage école et santé est exactement ce qui disparaît avec la fermeture.

Ce que le district public doit absorber
Ravenswood City School District récupère les élèves. La bascule n’a rien d’anodin : 58 % des enfants transférés bénéficient d’un plan d’accompagnement individualisé ou de services de soutien spécialisés, chiffre le journal lycéen. Autant de dossiers, d’heures d’accompagnement et de suivis à reconstituer dans une école publique qui fonctionnait déjà avec ses propres moyens.
La superintendante du district, Gina Sudaria, affirme que Ravenswood répond directement aux défis que l’école avait été créée pour résoudre, et promet une transition réfléchie pour chaque enfant et chaque famille. Côté établissement, Carson Cook, responsable stratégie et développement, indique travailler avec les parents, les élèves et le district à des programmes de transition. Sur le terrain, le calendrier passe mal : l’ancien maire d’East Palo Alto, Antonio Lopez, parle d’une trahison et juge cruel de faire naître des espoirs dans une communauté puis de s’arrêter brusquement. Le maire adjoint, Mark Dinan, résume la situation en la qualifiant d’incroyablement perturbante.
50 millions de dollars, et trois précédents
CZI a annoncé 50 millions de dollars sur cinq ans, jusqu’en 2030, pour East Palo Alto, Belle Haven et l’East Bay : petite enfance, santé, soutien aux parents. S’y ajoutent des comptes d’épargne éducation (10 000 dollars par élève de primaire, 2 500 dollars en maternelle, 1 000 dollars pour la petite enfance) et des spécialistes de la transition, selon Fast Company et NBC Bay Area. La fondation ferme également son école de San Leandro.
Pour mesurer ce que vaut ce type d’engagement dans la durée, nous avons compilé trois écoles privées financées par de grandes fortunes et fermées en sept ans.
| Établissement | Financement | Arret | Élèves |
|---|---|---|---|
| The Primary School (East Palo Alto) | Chan Zuckerberg Initiative | Juin 2026 | Plus de 400 transférés |
| AltSchool | Investisseurs privés, dont M. Zuckerberg, P. Thiel et L. Powell Jobs | 2019 | 240 la dernière année |
| Donda Academy | Fonds privés, 15 000 dollars de frais annuels | 2022 | Environ 100 |
Sources : NBC Bay Area et Fast Company. Les effectifs ne sont pas comptés de la même façon d’un cas à l’autre (élèves transférés ici, élèves inscrits ailleurs) : le tableau situe des ordres de grandeur, pas une série homogène.
Le point commun de ces trois arrets n’est pas l’argent, c’est le mecanisme de décision. Chacun tient a un financeur unique qui cesse de payer, pas a un budget voté, contestable et inscrit dans un calendrier public. C’est la limite structurelle du modèle : la gratuité offerte aux familles n’a jamais été un droit, elle était une subvention.
En France, la question n’est pas théorique. Fondations, mécénat d’entreprise et associations financent déjà des internats, des dispositifs périscolaires et des programmes de soutien, souvent là où les moyens publics manquent, y compris dans les écoles hors éducation prioritaire. Si votre enfant bénéficie d’un dispositif porté par un partenaire privé, la bonne question n’est pas ce qu’il apporte aujourd’hui, mais ce qui subsiste le jour où il s’arrête. À East Palo Alto, la reponse tient en un chiffre : plus de 400 élèves, et une rentrée entière à réorganiser.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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