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Des chercheurs ont branché l’aile d’un papillon de nuit à un circuit électrique et lui ont soufflé des odeurs. L’aile a répondu, sauf qu’elle n’en a reconnu que deux sur toute la palette testée.
C’est le résultat d’une étude parue le 27 juillet 2026 dans le Journal of Experimental Biology, signée par l’équipe de Sonja Bisch-Knaden et Bill Hansson, au Max Planck Institute for Chemical Ecology, en Allemagne. On savait que les ailes d’insectes touchent et perçoivent le vent. Personne n’avait montré qu’elles sentaient.
À retenir
- L’insecte : le sphinx du tabac (Manduca sexta), un papillon de nuit qui butine à la tombée du jour.
- Deux odeurs, pas une de plus : la pyrrolidine et la pipéridine, deux amines malodorantes présentes dans les feuilles de solanacées, là où la femelle préfère pondre.
- La piste de départ : deux longueurs de poils cohabitent sur le bord de l’aile, 120 micromètres pour le toucher, 80 micromètres, plus trapus et poreux, pour l’odorat.
- Le décompte moléculaire : l’ARN messager de 33 récepteurs du goût et de l’odorat a été repéré, dont 15 exprimés le long du bord de l’aile.
Le protocole se lit comme un geste. Le bord de l’aile est recouvert d’une fine couche d’or puis passé au microscope électronique à balayage, qui révèle les poils poreux, signature des capteurs d’odeur. L’aile est ensuite reliée à un circuit et exposée à des bouffées de parfums, parmi lesquels de la pyridine, de l’hexanoate de méthyle et l’odeur du datura, comme le détaille le communiqué de la revue. Pour comprendre ce qui se joue à l’échelle des protéines, Ahmed Ismaieel a confié à une IA la prédiction de la structure en trois dimensions de dix récepteurs candidats.
Détail qui compte : quand les chercheurs retirent le bord de l’aile, l’odorat subsiste, signe que des poils sensibles sont répartis sur toute la surface, pas seulement sur la marge.
Pourquoi ça compte
Sentir avec une aile déplace l’organe de l’odorat là où on ne le cherchait pas, et la sélectivité du filtre en dit long : ces deux amines sont exactement celles des plantes où le sphinx dépose ses œufs. L’aile ne balaie pas tout l’air ambiant, elle repère la signature chimique du site de ponte. De quoi relire ce que l’on croit savoir sur la carte de notre odorat et sur la manière dont un insecte lit son environnement en vol.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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