
Sommaire
- Ce que la marque annonce, et d'où vient exactement l'information
- Un tournevis suffit-il vraiment ? Personne ne l'a montré publiquement
- Deux pages du même site, deux prix et deux étanchéités
- Une pièce remplaçable ne sert à rien si elle n'est pas vendue
- Ce que la France note, et ce qu'elle ne note pas
- Ce que vous pouvez faire aujourd'hui quand la batterie lâche
Vous avez peut-être déjà mis au rebut une montre connectée dont tout fonctionnait, sauf la batterie. Une petite marque écossaise affirme avoir réglé le problème : quatre vis, un tournevis ordinaire, et vous remplacez vous-même l’écran ou l’accumulateur. Nous avons cherché un démontage indépendant qui le confirme, sans en trouver un seul, puis regardé ce que la France note vraiment : cinq familles de produits d’un côté, deux de l’autre, et rien qui se porte au poignet.
Ce que la marque annonce, et d’où vient exactement l’information
D’une seule source : son propre site. Le constructeur, installé en Écosse, présente sa montre GPS comme la première du genre à donner accès à l’ensemble des composants internes, annonce une batterie de 280 mAh à coque rigide qui se remplace avec un seul tournevis, une autonomie de dix jours en usage quotidien et une plateforme ouverte aux développeurs. Chacune de ces phrases est une revendication commerciale, pas un résultat de mesure. Cela ne veut pas dire qu’elles sont fausses : personne d’extérieur ne les a vérifiées, et la nuance compte quand vous engagez près de trois cents livres.
Un tournevis suffit-il vraiment ? Personne ne l’a montré publiquement
Non, pas à ce jour. Les articles parus depuis le printemps 2025 reprennent le dossier de presse du fabricant sans ouvrir l’appareil. Digital Trends décrivait en mars 2025 un produit encore en préparation de campagne, batterie, écran et façade annoncés modulaires.

Le site Notebookcheck évoquait le mois précédent quatre vis et des modules fixés par vissage plutôt que par collage. Aucun des deux n’a démonté la montre. La campagne, elle, a bien eu lieu : 261 002 livres réunies auprès de 1 293 contributeurs entre le 2 avril et le 2 mai 2025, pour un objectif de 10 000 livres. Un objet financé n’est pas un objet ouvert devant témoin.
Deux pages du même site, deux prix et deux étanchéités
C’est l’écart que nous avons relevé en croisant ses pages entre elles. La page d’accueil affiche 294,00 livres pour la version livrée avec bracelet ; la fiche produit du même site indique 239,99 livres.
Même flottement sur l’eau. La mention « IP68 » figure bien sur le site, sauf qu’elle qualifie le câble de charge USB-C, pas le boîtier. La fiche produit classe la montre en IPX5, résistante aux projections et à la douche, et la déclare pour l’instant non immersible, déconseillée à la natation. Pour une montre de sport vendue sur son endurance, l’écart n’est pas cosmétique.
Une pièce remplaçable ne sert à rien si elle n’est pas vendue
Et c’est là que le dossier se tend. Sur la fiche produit consultée le 29 juillet 2026, les seules pièces proposées à la vente sont des bracelets en silicone à 19,99 livres. Ni batterie de rechange, ni écran, ni façade. La conception peut être parfaitement ouverte : sans catalogue de pièces ni prix affiché, celui qui fêle son écran dans trois ans ne sera pas mieux loti qu’avec une montre collée.
Ce n’est pas une exigence de notre invention : le référentiel français pèse la disponibilité des pièces détachées et leur prix au même titre que la démontabilité et les outils nécessaires.
Ce que la France note, et ce qu’elle ne note pas
Sept familles de produits, et aucune montre. Créé par l’article 16 de la loi anti-gaspillage du 10 février 2020, l’indice de réparabilité note de 0 à 10 cinq catégories depuis 2021 : ordinateurs portables, tondeuses à gazon, lave-vaisselle, aspirateurs et nettoyeurs haute pression. Depuis 2025, l’indice de durabilité prend le relais sur les téléviseurs, le 8 janvier, et sur les lave-linge, le 8 avril.
Voilà le périmètre réel de la notation en rayon.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Sept familles notées, donc, et pas une seule que vous portiez au poignet. Une montre connectée peut être impossible à ouvrir, dépourvue de documentation et sans aucune pièce au catalogue sans qu’une étiquette vous en avertisse avant l’achat. C’est pour cela qu’une marque peut faire de quatre vis un argument commercial : personne ne vérifie à sa place.
Ce que vous pouvez faire aujourd’hui quand la batterie lâche
Trois leviers, dans l’ordre du plus rentable. La garantie d’abord : avant de racheter, la bonne question est celle de la prise en charge, et les réflexes détaillés face à une panne d’électroménager valent aussi pour un objet connecté. L’entretien ensuite, recommandé par l’ADEME : réglages d’autonomie, rinçage après l’effort, contacts nettoyés chaque mois contre la corrosion, séchage complet avant la charge.
Le cadre européen, enfin. Le règlement sur les batteries impose que les batteries portables soient facilement amovibles et remplaçables par l’utilisateur final, sans outil spécifique ni expertise technique. La Commission a toutefois publié des lignes directrices sur les dérogations prévues par l’article 11 : tous les appareils ne seront pas logés à la même enseigne. Un tournevis cruciforme, lui, n’a jamais été un outil spécifique.
Une montre connectée sait beaucoup de choses, jusqu’à alerter les secours à la place de celui qui la porte. Elle ne sait toujours pas se rouvrir. La marque écossaise tiendra peut-être sa promesse ; nous le saurons le jour où quelqu’un d’indépendant posera un tournevis dessus. D’ici là, si vous gardez votre matériel cinq ans, aucune étiquette ne vous dit lequel tiendra.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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