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Panorama
41 000 hectares : c’est la surface partie en fumée en France depuis le début de l’année, arrêtée à la mi-juillet, selon le système européen de surveillance par satellite EFFIS. En rapportant ce total à la moyenne des vingt dernières années, environ 9 000 hectares à la même date, nous obtenons un multiplicateur qui dit l’anomalie mieux qu’aucune photo : la France a brûlé cette année quatre fois et demie plus que d’habitude, et elle a déjà égalé 2022, son année de référence.
En bref
- Selon nos calculs à partir des données EFFIS, les 41 300 hectares brûlés au 15 juillet représentent environ quatre fois et demie la moyenne des vingt dernières années (près de 9 000 hectares).
- La France a rejoint son pire millésime récent : 41 300 hectares en 2026 contre 41 100 en 2022 à la même date.
- 90 % des départs de feux restent d’origine humaine, mais c’est la sécheresse qui décuple leur portée : 99 départements sur 101 étaient en restriction d’eau au 15 juillet.
- Des régions longtemps épargnées ont brûlé, dont l’Île-de-France : l’incendie de Fontainebleau a ravagé 2 000 hectares, soit plus de cent fois la moyenne annuelle régionale.
Chaque jour amène ses images de flammes et de Canadairs, mais les images ne disent pas l’échelle. Nous avons donc réuni les surfaces satellitaires, la comparaison entre années et l’origine des départs pour répondre à une question simple : cet été est-il vraiment hors norme, et pourquoi ?
41 300 hectares : le niveau de 2022, l’année de la Gironde
Le chiffre ne prend son sens que comparé. À la même date du 15 juillet, les surfaces brûlées atteignent 41 300 hectares en 2026, contre 41 100 en 2022, l’année des grands feux de Gironde. Deux étés se détachent ainsi très nettement au-dessus de tous les autres depuis que le satellite mesure, en 2006.
Ces données proviennent du système européen EFFIS, qui détecte les feux par satellite à l’échelle du continent. Contrairement aux relevés du ministère de l’Agriculture, il enregistre tous les incendies en temps réel, ce qui en fait le thermomètre le plus réactif de la saison.

Face à ces 9 000 hectares de moyenne, le total de 2026 marque donc un facteur d’environ 4,6. Un niveau que le post-doctorant Antoine Ehret, de l’Institut Pierre-Simon-Laplace, qualifie d’exceptionnel mais pas surprenant : avec le réchauffement, résume-t-il, les feux deviennent plus fréquents, plus intenses et plus longs.

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La saison a aussi commencé plus tôt que la normale. Habituellement, la saison estivale des incendies débute après le 15 juillet ; en 2026, comme en 2022, les premiers grands feux se sont déclarés dès le début du mois.
Ce n’est pas l’allumette, c’est la sécheresse
L’origine des départs, elle, n’a rien de nouveau. Environ 90 % des feux restent d’origine humaine, volontaire ou accidentelle, un mégot, une étincelle de débroussailleuse, un barbecue, selon l’Observatoire de la forêt. Ce qui change, c’est ce que devient l’étincelle une fois tombée.
Car c’est la sécheresse qui transforme un départ en catastrophe. Trois canicules successives, en mai, juin et juillet, ont asséché sols et végétation, offrant au feu un combustible prêt à s’embraser. Résultat, au 15 juillet, 99 départements sur 101 connaissaient des restrictions d’eau.
Le rôle du climat est désormais quantifié. Selon une étude publiée dans npj Climate, les feux de Gironde de 2022 avaient une probabilité deux fois plus élevée de se produire du seul fait du réchauffement. Le Haut Conseil pour le climat ajoute que la superficie française exposée à des conditions propices aux incendies a été multipliée par 2,5 entre 1961-1990 et 2016-2025, couvrant désormais 55 % du territoire.
L’été 2026 des feux, en repères chiffrés
| Repère | Surface brûlée | Mise en perspective |
|---|---|---|
| France, au 15 juillet 2026 | 41 300 ha | environ 4,6 fois la moyenne 2006-2025 |
| France, moyenne à la mi-juillet | ~9 000 ha | référence des vingt dernières années |
| France, au 15 juillet 2022 | 41 100 ha | précédent pic, année de la Gironde |
| Incendie de Fontainebleau | 2 000 ha | plus de 100 fois la moyenne annuelle d’Île-de-France |
| Espagne, depuis janvier 2026 | 80 000 ha | +100 % par rapport à la moyenne |
Tableau Actu Alt Plus, d’après EFFIS (Copernicus), l’Observatoire de la forêt et le Haut Conseil pour le climat. La France ne bat pas un record isolé : c’est toute l’Europe du Sud, et désormais du Nord, qui s’embrase.
La carte des feux remonte vers le nord
Le signal le plus frappant de 2026, c’est la géographie. Des départements longtemps préservés ont brûlé cette année, du Maine-et-Loire au Cher, jusqu’aux Côtes-d’Armor et à l’Île-de-France.
L’exemple francilien donne le vertige. L’incendie de Fontainebleau a parcouru 2 000 hectares à lui seul, quand la région ne brûlait en moyenne que 15 hectares par an depuis 2006. Selon nos calculs, ce seul feu représente donc plus de cent trente fois la moyenne annuelle régionale, dans une zone que personne ne rangeait parmi les terres à risque.

Cette avancée vers le nord n’est pas un accident. Météo France estime qu’avec le réchauffement, la saison des risques de feux pourrait durer un à deux mois de plus, et gagner des régions jusqu’ici épargnées comme le nord et l’est du pays. La France rejoint ainsi la trajectoire de ses voisins : l’Allemagne a vu brûler 2 000 hectares cette année, trois fois sa moyenne, et le nord de l’Europe, longtemps à l’abri, s’y met à son tour.
Ce que ça change pour vous
Pour beaucoup de Français, le risque incendie n’était qu’une affaire méditerranéenne. Ce n’est plus le cas. Si vous vivez près d’une forêt, d’une lande ou de champs secs, même dans le centre ou l’ouest, la question du feu vous concerne désormais.
La prévention tient à des gestes simples pendant les épisodes de forte chaleur : pas de barbecue ni de travaux à étincelles à proximité de la végétation, pas de mégot jeté depuis une voiture, débroussaillage autour des habitations. Neuf feux sur dix partant d’un geste humain, c’est aussi neuf sur dix qui peuvent être évités. Nous avions déjà raconté la mobilisation autour de l’incendie de Fontainebleau, symbole de cette bascule géographique.
Méthode : surfaces brûlées issues du système européen EFFIS (Copernicus), qui détecte les feux par satellite en temps réel, relevé au 15 juillet 2026 et comparé à la même date sur les années 2006-2025 ; part des départs humains selon l’Observatoire de la forêt ; mise en perspective climatique d’après le Haut Conseil pour le climat et une étude parue dans npj Climate and Atmospheric Science. Multiplicateurs (4,6 fois la moyenne, 130 fois la moyenne francilienne) calculés par nos soins à partir de ces sources. Limites : les données EFFIS, satellitaires et en temps réel, diffèrent des chiffres consolidés du ministère de l’Agriculture, souvent plus tardifs et parfois inférieurs ; un total en cours de saison peut encore fortement évoluer.
Questions courantes
Combien d’hectares ont brûlé en France en 2026 ?
Plus de 41 000 hectares depuis le début de l’année, arrêtés à la mi-juillet, selon les données satellitaires EFFIS. C’est environ quatre fois et demie la moyenne des vingt dernières années à la même date.
2026 est-elle une année record ?
Elle égale 2022, l’année des grands feux de Gironde : 41 300 hectares au 15 juillet contre 41 100 en 2022. Ces deux étés se détachent nettement au-dessus de tous les autres depuis 2006.
Les feux sont-ils dus au changement climatique ?
Les départs restent à 90 % d’origine humaine, mais c’est la sécheresse, amplifiée par le réchauffement, qui décuple leur ampleur. La superficie française exposée à des conditions propices aux incendies a été multipliée par 2,5 en soixante ans.
Quelles régions sont touchées cette année ?
Au-delà du pourtour méditerranéen habituel, des zones longtemps épargnées ont brûlé : Maine-et-Loire, Cher, Côtes-d’Armor et Île-de-France, où l’incendie de Fontainebleau a parcouru 2 000 hectares.
Comment réduire le risque d’incendie ?
En évitant tout feu, étincelle ou mégot près de la végétation lors des fortes chaleurs, et en débroussaillant autour des habitations. Neuf feux sur dix partant d’un geste humain, la prévention individuelle est décisive.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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