Un ouvrier du bâtiment vu de dos sur un chantier sous un soleil de midi écrasant, casque et gilet haute visibilité

Canicule au travail : chaque degré au-dessus de 30 °C fait perdre 3 % de productivité

Au-delà de 30 °C, chaque degré coûte 3 % de production horaire. De 30 à 35 °C, cela fait, selon nos calculs, près de 15 % de productivité envolée. La chaleur a un prix, et il se chiffre en points de PIB comme en chantiers à l'arrêt.

Devinez avant de lire

Selon la CGT, combien de millions de salariés français travaillent régulièrement en extérieur, exposés aux fortes chaleurs ?

Le chiffre

Au-delà de 30 °C, chaque degré supplémentaire fait fondre la production horaire de 3 %, selon les calculs d’Allianz Trade relayés par Capital. Mis bout à bout, de 30 à 35 °C, cela représente, selon nos calculs, près de 15 % de productivité horaire partie en fumée. La canicule n’est pas qu’un problème de confort : c’est une ligne de coût.

-3% de production horaire par degré au-dessus de 30 °C

Le chiffre a l’air modeste, mais il s’empile vite. Une journée de canicule au-dessus de 32 °C équivaut économiquement, d’après la Chaire économie du climat, à une demi-journée de grève.

Ce que coûte vraiment chaque degré

La bascule se joue à 30 °C. En dessous, le corps encaisse ; au-dessus, la concentration, la vigilance et la vitesse d’exécution décrochent, au bureau comme à l’usine. C’est ce seuil que l’étude d’Allianz Trade identifie comme le point de rupture.

Un bureau pendant une canicule, un ventilateur à côté d'un ordinateur portable et des stores à moitié fermés
La bascule se joue à 30 °C : au-dessus, la concentration et la vitesse d’exécution décrochent.

À partir de là, l’addition grimpe degré après degré. En appliquant le recul de 3 % par degré, la production horaire passe d’un indice 100 à 30 °C à environ 85 à 35 °C, soit près de 15 % perdus sur la seule tranche caniculaire.

Indice de productivité horaire de 30 à 35 °C : de 100 à 30 °C, il tombe à environ 85 à 35 °C.
Graphique Actu Alt Plus. Source : Allianz Trade (via Capital), extrapolation du -3 %/degré. De 30 à 35 °C, près de 15 % de productivité horaire s’évaporent, degré après degré.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Ramené à l’échelle du pays, l’effet se lit en points de croissance : les douze jours consécutifs au-dessus de 32 °C de l’été 2025 pourraient amputer le PIB français de 0,3 point, estime la même étude. Et la tendance ne va pas dans le bon sens : à l’échelle mondiale, la part des heures de travail perdues à cause de la chaleur pourrait passer de 1,4 % en 1995 à 2,2 % dès 2030.

De 30 à 35 °C-15 %
Croissance amputée, été 2025-0,3 pt de PIB

Unité : productivité horaire et point de PIB. Période : étude Allianz Trade, épisode caniculaire de l’été 2025. Limite : le -15 % est une extrapolation linéaire du -3 %/degré entre 30 et 35 °C ; l’effet réel varie selon le secteur, l’exposition et les mesures d’adaptation.

Qui paie l’addition en France

Ce sont d’abord ceux qui travaillent dehors. Selon la CGT, au moins 3,6 millions de salariés sont régulièrement exposés aux fortes chaleurs, soit, selon nos calculs, environ un actif sur neuf rapporté aux 31,4 millions d’actifs recensés par l’Insee. Le bâtiment est en première ligne : d’après une enquête de la Capeb au printemps 2026, 58 % des artisans constatent des retards de chantier et 55 % ont modifié les horaires de leurs équipes. C’est aussi ce que documente notre article sur les obligations de l’employeur.

Le décrochage ne s’arrête pas au bâtiment. Dans plusieurs usines Stellantis, des représentants syndicaux ont signalé des malaises depuis le début de la vague de chaleur, et l’effet déborde même des heures ouvrées : les nuits tropicales rognent le sommeil, avec jusqu’à douze heures de sommeil en moins par an et par personne dans les régions les plus exposées. Un salarié qui a mal dormi arrive au travail déjà entamé.

Un chantier désert à midi pendant une canicule, outils et matériaux laissés en place, sans ouvrier
Suspendre les chantiers aux heures brûlantes : le geste que le ministère du Travail recommande aux préfets.

La riposte, elle, tient en peu de gestes : décaler les horaires vers le matin, suspendre les chantiers aux heures brûlantes, rafraîchir les locaux. Le ministère du Travail a d’ailleurs invité les préfets à faire cesser les chantiers entre 13 et 21 heures les jours de fournaise. Chaque degré a un prix ; une organisation qui l’anticipe en récupère l’essentiel.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avantGrève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant
  2. 2L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à MontpellierL’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier
  3. 3Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les piègesMusées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges
  4. 4Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujoursConseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours
  5. 5600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Aurore, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Aurore

« Aurore » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Idées & Solutions : des démarches qui marchent, des droits concrets et des gestes utiles au quotidien.

Articles: 409