
Sommaire
On a tous, cet été, ces images en tête : une forêt qui brûle, et l’angoisse sourde de ce qu’il advient des bêtes prises au piège. Autour de Fontainebleau, la réponse a un chiffre. Environ 4 000 volontaires se sont déclarés prêts à secourir la faune sauvage, selon la Ligue pour la protection des oiseaux. Mais aucun ne peut encore entrer dans le massif.
Un feu fixé, mais pas éteint
Depuis le 15 juillet, les deux incendies de la forêt de Fontainebleau sont déclarés fixés par la préfecture. Fixé ne veut pas dire éteint : la forêt brûle toujours par endroits, et près de 500 pompiers restent mobilisés pour noyer les points chauds.
Au total, environ 2 050 hectares sont partis en fumée, entre le premier feu du dimanche et le second du lundi. C’est l’un des trois plus grands incendies qu’ait connus la moitié nord du pays en vingt ans. Des interpellations ont eu lieu dans le cadre de l’enquête sur l’origine des départs de feu.

Dans ce massif classé Natura 2000, ce sont près de 6 600 espèces animales qui sont recensées. D’où l’urgence ressentie par tant de bénévoles.
Des milliers de mains, une forêt fermée
L’élan est réel, mais il se heurte à un mur administratif. Un arrêté préfectoral interdit à quiconque d’entrer dans la forêt, et cette interdiction court, pour l’heure, jusqu’au 19 août.
La raison tient aux tourbières du massif, ces zones humides où le feu couve sous la surface et peut resurgir. On demande donc aux volontaires de ne pas intervenir, pour éviter tout suraccident. Une situation inédite, puisque les associations sont d’ordinaire autorisées à agir dès qu’un feu est fixé.
En attendant, la LPO coordonne l’attente avec deux structures, Futur’asso et l’AGEPA. Des petits groupes de bénévoles se montent, des fils de discussion s’organisent, pour être prêts à agir le moment venu, sans se disperser.
Dans les premiers jours, l’urgence a surtout concerné les animaux domestiques et de compagnie. Des chevaux ont été évacués de centres équestres proches des flammes, et des pensions ont dû mettre leurs pensionnaires à l’abri dans les communes voisines.
Comment on sauve la faune après un feu
Le travail, lui, est déjà cadré. Une fois l’accès rouvert, chaque hectare brûlé devra être ratissé à pied, à la recherche des reptiles, oiseaux, rongeurs et grands mammifères survivants.
Face à un animal, la règle est d’évaluer avant d’agir. Est-il blessé, en détresse, ou lui suffit-il d’un peu d’eau et de nourriture pour quitter la zone par ses propres moyens ? La capture n’intervient qu’en dernier recours, quand l’animal a plus de chances de s’en sortir soigné que laissé sur place.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Le problème, c’est que les centres de soins sont déjà saturés. Les canicules à répétition les engorgent : à Faune Alfort, spécialisé dans les grands animaux sauvages, les prises en charge avaient bondi de 52 % en juin 2025 sur un an. Résultat, un animal blessé n’a pas toujours de place où être soigné, ce qui rend le tri sur le terrain d’autant plus décisif.
Ce que dit la loi
Cet engagement pour les bêtes n’est plus seulement affaire de bonnes volontés. La loi Matras de 2021 a inscrit noir sur blanc la protection des animaux parmi les missions des sapeurs-pompiers, prolongeant la loi de 2015 qui reconnaissait l’animal comme un être sensible.
Concrètement, secourir un cheval, un chien ou un chevreuil ne dépend plus du seul bon vouloir des équipes. Des unités spécialisées dans le risque animalier se généralisent d’ailleurs dans les services d’incendie.
Au-delà du sauvetage, certains responsables de la LPO appellent déjà à repenser la gestion de la forêt. Le massif laisse une large place aux pins sylvestres et maritimes, dont la sève très inflammable a nourri les flammes, et dont la monoculture est aujourd’hui interrogée.

Le vrai décompte, celui des animaux sauvés ou perdus, ne commencera que lorsque les braises seront froides. D’ici là, l’élan reste suspendu, mais bien vivant, à la lisière d’une forêt qui fume encore.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Grève easyJet : un préavis sans aucune date, et une loi qui ne prévient les passagers que 24 heures avant - 2
L’Odyssée de Nolan en IMAX 70 mm : la seule salle de France est à Montpellier - 3
Musées gratuits le premier dimanche du mois : la règle et les pièges - 4
Conseillers numériques : le budget passe de 40 à 14 millions d’euros, et les démarches bloquent toujours - 5
600e de Taratata : ce que France 2 a rediffusé jeudi soir avait été tourné dix mois plus tôt
Nos dossiers
- France486
- Santé208
- Science207
- Prévention195
- Culture184
- Consommation178
- Biodiversité171
- IA149
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

