Un arbitre de football vu de dos sur une pelouse ensoleillée, sifflet à la main, tribunes floues au loin

Huit arbitres français sur les 170 du Mondial 2026, et une pause de trois minutes imposée à la 22e minute de chaque mi-temps

Sur les 170 officiels retenus par la FIFA, huit sont français : le troisième contingent sur 50 fédérations. Ils ont tous quitté le tournoi avant la finale, pendant qu'un protocole de chaleur arrête le jeu trois minutes à la 22e minute de chaque mi-temps, dans les 104 matchs.

Sommaire
  1. En bref
  2. Huit Français dans une liste de 170
  3. La 22e minute, trois minutes, cent quatre fois deux
  4. Écartés le 13 juillet, avant même l'élimination des Bleus
  5. Ce qui reste quand l'équipe part
  6. Questions courantes

Décryptage

Huit noms français sur une liste de 170. Nous avons compté ligne à ligne le document officiel publié par la FIFA : sur les 50 fédérations représentées au Mondial 2026, seuls le Brésil et l’Argentine, avec neuf officiels chacun, font mieux que la France, qui se retrouve troisième à égalité avec les États-Unis. Les Bleus ont quitté le tournoi mardi soir à Dallas. Leurs arbitres, eux, en étaient déjà sortis la veille.

En bref

  • Nous avons dépouillé la liste officielle des officiels de la FIFA : la France y aligne 8 arbitres sur 170, soit le troisième contingent sur 50 fédérations, à égalité avec les États-Unis et derrière le Brésil et l’Argentine (9 chacun).
  • À la 22e minute de chaque mi-temps, l’arbitre arrête le jeu trois minutes pour une pause hydratation. Dans les 104 matchs, sans aucune condition de température.
  • Cela représente 624 minutes d’arrêts imposés sur l’ensemble du tournoi, soit plus de dix heures de jeu suspendu.
  • Depuis le 13 juillet, François Letexier et Clément Turpin ne dirigent plus rien : la FIFA a écarté les arbitres des quatre nations demi-finalistes, comme le veut l’usage.

Le score a occupé toute la couverture, et c’est légitime. Mais un Mondial, ce n’est pas seulement vingt-deux joueurs. C’est aussi une petite troupe d’officiels qu’on ne remarque que lorsqu’elle se trompe, et un règlement qui, cette année, a changé quelque chose de visible sans que grand monde le commente de ce côté-ci de l’Atlantique.

Une liste imprimée de noms posée sur une table, colonnes illisibles, lunettes et stylo à côté
La liste de la FIFA aligne 52 arbitres centraux, 88 assistants et 30 arbitres vidéo, issus de 50 fédérations.

Huit Français dans une liste de 170

La FIFA a publié sa sélection le 9 avril 2026, au terme d’un processus qu’elle décrit comme étalé sur plus de trois ans. Le décompte est précis : 52 arbitres centraux, 88 arbitres assistants et 30 arbitres vidéo, issus des six confédérations et de 50 fédérations nationales. C’est, selon le communiqué officiel de la FIFA, le contingent le plus fourni de l’histoire de la compétition, avec 41 officiels de plus qu’au Qatar en 2022. Il fallait bien cela : le tournoi est passé de 32 à 48 équipes et de 64 à 104 matchs.

La liste elle-même est un simple tableau de noms et de codes pays. Nous l’avons recomptée fédération par fédération. Le résultat tient en une hiérarchie courte : Brésil et Argentine en tête avec neuf officiels, France et États-Unis juste derrière avec huit, Angleterre et Mexique à sept. Autrement dit, quatre pour cent et demi des officiels du Mondial 2026 sont français, pour une fédération parmi deux cent onze.

Nombre d'officiels retenus par la FIFA pour le Mondial 2026, par fédération, avec le Brésil et l'Argentine en tête à neuf et la France troisième à huit
Graphique Actu Alt Plus, d’après notre décompte de la liste officielle FIFA. Sans être pays hôte ni puissance sud-américaine, la France place huit officiels sur 170 : le troisième contingent des 50 fédérations représentées.
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Ce classement mérite une nuance. Les États-Unis et le Mexique sont pays hôtes, ce qui aide toujours. Le Brésil et l’Argentine puisent dans un vivier qui tourne toute l’année sur des compétitions continentales exigeantes. La France n’a ni l’un ni l’autre de ces avantages : elle est là sur la seule base du principe que la FIFA appelle « quality first ».

Côté fédération française, la lecture est franche. « Pour la première fois de l’histoire, la France comptera 8 arbitres dont deux centraux », annonce la page officielle de la FFF consacrée aux arbitres tricolores. Elle ajoute un repère qui situe la rareté de la chose : c’est la troisième fois en vingt-trois éditions que la France envoie deux arbitres centraux, après l’Italie en 1990 (Joël Quiniou et Michel Vautrot) et le Qatar en 2022 (Stéphanie Frappart et Clément Turpin).

Les huit officiels français du Mondial 2026

NomFonctionParticipations
François LetexierArbitre centralPremière Coupe du monde
Clément TurpinArbitre centralTroisième, après 2018 et 2022
Nicolas DanosArbitre assistantTroisième, après 2018 et 2022
Cyril MugnierArbitre assistantPremière Coupe du monde
Benjamin PagèsArbitre assistantPremière Coupe du monde
Mehdi RahmouniArbitre assistantPremière Coupe du monde
Jérôme BrisardArbitre assistant vidéoDeuxième, après 2022
Willy DelajodArbitre assistant vidéoPremière Coupe du monde

Tableau Actu Alt Plus, d’après la FFF et la liste officielle de la FIFA. Cinq des huit découvrent la Coupe du monde : ce contingent record est aussi un contingent neuf.

La 22e minute, trois minutes, cent quatre fois deux

Passons de l’autre côté du sifflet, là où se joue la vraie nouveauté de ce tournoi. Depuis le coup d’envoi du 11 juin, chaque arbitre du Mondial 2026 applique la même consigne : arrêter le jeu à la 22e minute de chaque mi-temps et laisser trois minutes aux joueurs pour boire.

Le point important, celui qui n’a presque pas été relevé en France, tient en une phrase du document de la FIFA sur les pauses hydratation : la pause n’est conditionnée à rien. Ni à la température, ni au taux d’humidité, ni au fait que le stade soit couvert ou climatisé. Elle est systématique, à minute fixe. « Pour chaque match, peu importe où les matchs sont joués, peu importe s’il y a un toit, ou la température, il y aura une pause hydratation de trois minutes. Ce sera trois minutes de coup de sifflet à coup de sifflet, dans les deux mi-temps », a détaillé Manolo Zubiria, directeur du tournoi pour les États-Unis, en présentant le dispositif devant les diffuseurs du monde entier à Washington.

C’est une rupture avec les éditions précédentes, où l’arbitre décidait au cas par cas, sur relevé de température. La FIFA en donne la raison : garantir des conditions identiques à toutes les équipes, dans tous les matchs. Fini le match où une sélection récupère et l’autre non, selon le thermomètre du jour. Un seul aménagement a été prévu, et il est de bon sens : si un arrêt pour blessure survient à la 20e ou à la 21e minute et se prolonge, l’arbitre ajuste sur place.

Sortons la calculette, parce que le chiffre est parlant. Trois minutes, deux fois par match, sur 104 matchs : cela fait 624 minutes de jeu volontairement suspendu, soit dix heures et vingt-quatre minutes. L’équivalent de près de sept matchs entiers, passés à boire. Rapporté à un seul match, ce sont six minutes qui s’ajoutent mécaniquement au temps additionnel et qui redessinent la gestion d’une rencontre : deux respirations imposées, deux occasions de reprendre des consignes, deux coupures de rythme pour l’équipe qui menait la danse.

Écartés le 13 juillet, avant même l’élimination des Bleus

Reste le paradoxe de cette quinzaine, et il est cruel. Le 13 juillet, la veille de France – Espagne, la FIFA a réduit son contingent pour les quatre derniers matchs du tournoi. Comme le veut l’usage, les officiels des quatre nations encore qualifiées ont été écartés. La France était en demi-finale : Letexier et Turpin ont donc été mis de côté, exactement comme leurs homologues espagnols, anglais et argentins. Treize arbitres centraux, représentant cinq confédérations, ont été conservés pour la fin de la compétition, selon le décompte publié par Media365. La FIFA ne commente pas publiquement les non-désignations.

Le bilan des deux hommes est donc clos. Clément Turpin s’arrête à quatre matchs : Angleterre – Croatie et Paraguay – Australie en phase de groupes, Colombie – Ghana au tour suivant, puis le quart de finale entre l’Angleterre et la Norvège, dont certaines décisions ont été discutées. François Letexier termine à trois matchs pour sa première Coupe du monde, jusqu’au huitième de finale entre l’Argentine et l’Égypte, une rencontre elle aussi contestée. C’est le sort ordinaire d’un arbitre : on ne retient de lui que le match où l’on n’était pas d’accord.

L’arbitrage français n’a pourtant pas complètement disparu du dernier carré. Jérôme Brisard, arbitre vidéo depuis le début du tournoi, a été conservé par la FIFA. Un Français reste donc dans la boucle jusqu’au bout, mais dans une salle de Dallas, devant des écrans, loin de la pelouse du New York New Jersey Stadium où se jouera la finale dimanche 19 juillet.

Ce qui reste quand l’équipe part

Il y a une ironie dans cette séquence. La France a envoyé son plus gros contingent d’arbitres de l’histoire à un Mondial, et ce contingent a été écarté précisément parce que l’équipe de France allait bien. Plus les Bleus avançaient, plus les chances de voir un Français au sifflet d’un grand match reculaient. La réussite sportive a coûté sa fin de tournoi à l’arbitrage tricolore. Et l’attente dure : le dernier Français à avoir arbitré une finale s’appelle Maurice Guigue, c’était en 1958, en Suède. La liste d’avril laissait espérer une troisième, soixante-huit ans après. Le parcours des Bleus l’a refermée.

Ce Mondial aura aussi été celui de quelques bascules discrètes du côté des officiels, comme les six femmes parmi les officiels retenues par la FIFA. Le mouvement est le même : ce qui compte finit par se jouer hors du tableau des scores, dans un tableau de noms que personne ne lit.

Des bouteilles d'eau alignées au bord d'une pelouse de football en plein soleil, terrain vide en arrière-plan
Trois minutes à la 22e minute de chaque mi-temps, dans les 104 matchs, sans condition de température.

Alors dimanche, quand la finale commencera et qu’à la 22e minute tout s’arrêtera d’un coup pour trois minutes, vous saurez que ce n’est ni un incident ni une décision de l’arbitre. C’est une ligne de règlement, écrite en décembre à Washington, appliquée cent quatre fois de suite. Et vous saurez aussi qu’un Français regarde ce match, depuis une salle de Dallas, avec un casque sur les oreilles. Le tournoi ne s’arrête pas quand l’équipe part. Il continue, simplement, avec ceux qu’on ne filme jamais.

Questions courantes

Combien d’arbitres français participent au Mondial 2026 ?
Huit, selon la FFF et la liste officielle de la FIFA : deux arbitres centraux (François Letexier et Clément Turpin), quatre assistants (Nicolas Danos, Cyril Mugnier, Benjamin Pagès, Mehdi Rahmouni) et deux arbitres vidéo (Jérôme Brisard et Willy Delajod). C’est le plus gros contingent français jamais envoyé à une Coupe du monde.

La France est-elle la nation la plus représentée dans l’arbitrage ?
Non. En recomptant la liste officielle de la FIFA, le Brésil et l’Argentine arrivent en tête avec neuf officiels chacun. La France est troisième avec huit, à égalité avec les États-Unis, devant l’Angleterre et le Mexique (sept chacun).

Pourquoi Letexier et Turpin n’arbitrent-ils plus ?
Parce que la FIFA écarte, pour les quatre derniers matchs, les officiels des nations encore qualifiées. La France étant en demi-finale, les deux arbitres français ont été retirés le 13 juillet, comme leurs homologues espagnols, anglais et argentins. Treize arbitres centraux ont été conservés pour la fin du tournoi.

En quoi consiste exactement la pause hydratation ?
L’arbitre arrête le jeu à la 22e minute de chaque mi-temps et accorde trois minutes aux joueurs, de coup de sifflet à coup de sifflet. La règle s’applique aux 104 matchs du tournoi.

La pause dépend-elle de la météo ou de la température ?
Non, et c’est la nouveauté. La FIFA a supprimé toute condition de température, d’humidité ou de type de stade. La pause est systématique, y compris dans les enceintes couvertes et climatisées, afin d’assurer des conditions identiques à toutes les équipes.

Combien de temps de jeu ces pauses représentent-elles sur le tournoi ?
Six minutes par match, soit 624 minutes au total sur les 104 matchs : dix heures et vingt-quatre minutes de jeu suspendu. Ce temps est en principe compensé dans le temps additionnel de chaque période.

Un Français a-t-il déjà arbitré une finale de Coupe du monde ?
Oui, deux fois : Georges Capdeville en 1938 en France (Italie – Hongrie) et Maurice Guigue en 1958 en Suède (Brésil – Suède). Aucun depuis.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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