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Panorama
En six ans, la France a appris à rouler beaucoup plus. Entre 2019 et 2025, la fréquentation cyclable a bondi de 47 % à l’échelle nationale, selon le dernier bilan 2025 du Réseau vélo et marche, qui agrège les compteurs de tout le pays. Le chiffre de la dernière année est plus modeste, un +5 % pour 2025, mais il porte une vraie nouveauté : la campagne a progressé au même rythme que la ville, ce qui tranche avec les années précédentes. Reste une ombre au tableau, la trajectoire officielle vers 2030 s’éloigne un peu plus à chaque saison.
En bref
- En recomposant les chiffres du bilan national, la hausse depuis 2019 atteint +47 % pour l’ensemble du pays, mais grimpe à +54 % en ville dense contre +22 % en zones rurales et intermédiaires (source : Réseau vélo et marche).
- En 2025, la fréquentation a progressé de +5 %, et pour une fois de manière homogène entre urbain dense, périurbain et rural.
- Le suivi repose sur 1 830 compteurs partagés par 194 collectivités fin mars 2026.
- Malgré tout, viser une part modale de 12 % en 2030 supposerait environ 13 % de croissance par an : hors d’atteinte au rythme actuel.
Près de moitié plus de vélo qu’avant le Covid
Le repère central du bilan est un indice calé sur l’année 2019, la dernière avant la pandémie. Sur cette base, la fréquentation cyclable nationale a gagné 47 % en six ans. La courbe n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille : forte poussée entre 2020 et 2022, coup de frein en 2023 et 2024, puis rebond en 2025. Derrière la moyenne nationale, les territoires n’avancent pas au même pas.

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C’est là que le chiffre devient parlant. Les grands centres urbains denses affichent la plus forte progression, +54 % depuis 2019, portée par les trajets domicile-travail. Les communes rurales et intermédiaires, elles, plafonnent à +22 %, avec une pratique bien plus saisonnière. L’écart, du simple au double, dessine deux France du vélo qui ne roulent pas pour les mêmes raisons.
Pour tenir ensemble le volume national, la dynamique par milieu et la cible officielle, un tableau vaut mieux qu’un long paragraphe.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Évolution 2019 → 2025 (national) | +47 % | Réseau vélo et marche |
| dont urbain dense | +54 % | Réseau vélo et marche |
| dont rural et intermédiaire | +22 % | Réseau vélo et marche |
| Évolution 2024 → 2025 | +5 % | Réseau vélo et marche |
| Compteurs alimentant le suivi (fin mars 2026) | 1 830 | Réseau vélo et marche |
| Part modale vélo visée en 2030 | 12 % (contre 2,6 % en 2018) | Plan vélo |
La vraie surprise de 2025 : la campagne suit la ville
Les années précédentes, la croissance était presque entièrement tirée par les grandes agglomérations. En 2025, les trois milieux, urbain dense, périurbain et rural, gagnent chacun 5 %. Cette progression homogène doit beaucoup à la météo : après une année 2024 parmi les plus pluvieuses jamais enregistrées, qui avait découragé les cyclistes, le retour à des printemps plus cléments a produit un net effet de rebond, entre +9 % et +14 % au printemps selon le suivi de la plateforme nationale animée par l’ex-Vélo & Territoires.

Attention toutefois à ne pas confondre rythme et niveau. Progresser de 5 % ne veut pas dire rouler autant partout. Le trafic moyen atteint près de 1 200 passages par jour et par compteur en ville dense, contre à peine 127 en milieu rural, un rapport de près d’un à dix. La hausse est bien partagée, mais elle part de planchers très différents. Le vélo du quotidien reste d’abord une histoire urbaine, comme nous le racontions à propos de Paris à vélo.
L’été, saison reine du vélo à la campagne
Le calendrier confirme ces deux usages. En ville dense, la pratique reste soutenue toute l’année, signe de déplacements utilitaires bien ancrés. À la campagne, le vélo se concentre sur la belle saison : les seuls mois de juillet et août pèsent 37,5 % de la fréquentation annuelle, et le mois d’août à lui seul en représente près de 21 %, soit environ treize fois plus que janvier. Autrement dit, une large part du vélo rural est un vélo de vacances et de loisir, celui qu’on ressort du garage quand les journées s’allongent.
Cette saisonnalité a une conséquence concrète pour qui prépare ses sorties d’été : sur les itinéraires touristiques, l’affluence se joue sur quelques semaines. Elle explique aussi pourquoi la pratique récréative, plus sensible à la météo et aux congés, reste plus volatile que le vélo pendulaire des villes, fidèle même l’hiver, à condition d’équiper son vélo correctement.
Une cible 2030 devenue hors d’atteinte
Voilà le revers de la médaille. Dans ses plans successifs, l’État s’est fixé de faire passer la part du vélo dans les déplacements de 2,6 % en 2018 à 9 % en 2024, puis à 12 % en 2030. Tenir un tel cap suppose une croissance d’environ 13 % par an sur toute la période, un rythme observé seulement pendant les années post-Covid 2020-2022. Or, depuis 2023, la dynamique a nettement ralenti, et même le rebond de 2025 plafonne à +5 %. Le Réseau vélo et marche le dit sans détour : chaque année qui passe rend l’objectif improbable, voire illusoire.

Le message n’est pas que rien ne bouge, au contraire. Les années 2020-2022 ont prouvé qu’une progression rapide est possible quand les aménagements suivent. Le vrai défi, désormais, est de retrouver cette intensité et de la tenir dans la durée, alors que les budgets des collectivités se resserrent. La hausse de la fréquentation est même déjà confirmée sur le début 2026, avec une hausse de 5 % encore mesurée sur les premiers mois.
Reste une bonne nouvelle pour cet été : jamais la France n’a compté autant de kilomètres roulés qu’aujourd’hui. La courbe monte, moins vite qu’espéré, mais dans le bon sens.
Questions courantes
De combien la pratique du vélo a-t-elle augmenté en France depuis 2019 ?
La fréquentation cyclable nationale a progressé de 47 % entre 2019 et 2025, selon le bilan du Réseau vélo et marche fondé sur les compteurs de la plateforme nationale.
La hausse est-elle la même partout ?
Non. Depuis 2019, la ville dense a gagné 54 %, contre 22 % pour les zones rurales et intermédiaires. En revanche, en 2025, les trois milieux ont progressé au même rythme, 5 % chacun.
Pourquoi 2025 marque-t-elle un rebond ?
En grande partie à cause de la météo. L’année 2024 avait été très pluvieuse, ce qui avait freiné la pratique. Le retour à un printemps plus clément en 2025 a produit un effet de rattrapage, surtout entre mars et mai.
Où roule-t-on le plus, en ville ou à la campagne ?
En ville dense, et de loin. Le trafic moyen y atteint près de 1 200 passages par jour et par compteur, contre environ 127 en milieu rural, soit un rapport de près d’un à dix.
Quand les Français roulent-ils le plus à la campagne ?
En été. Les mois de juillet et août concentrent 37,5 % de la fréquentation annuelle rurale, le seul mois d’août pesant près de 21 % du trafic de l’année, contre une pratique urbaine stable toute l’année.
La France atteindra-t-elle son objectif vélo de 2030 ?
C’est très peu probable. Viser 12 % de part modale en 2030 supposerait environ 13 % de croissance annuelle. Le rythme actuel, autour de 5 %, en est loin, ce qui rend la cible hors d’atteinte selon le Réseau vélo et marche.
Méthode et limites
Les chiffres cités proviennent du bilan 2025 de la fréquentation cyclable publié par le Réseau vélo et marche (ex-Vélo & Territoires), à partir de la plateforme nationale des fréquentations. Les évolutions annuelles reposent sur 967 compteurs comparables, la série 2019-2025 sur un échantillon plus restreint de 239 compteurs, dont la répartition n’est pas strictement représentative du territoire. Ces comptages mesurent des passages en des points fixes : ils ne se confondent pas avec la part modale, qui compare le vélo aux autres modes de transport. Le rapprochement entre la courbe de fréquentation et la cible 2030 donne donc un ordre de grandeur, pas une équivalence exacte.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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