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Elles étaient une femme ménopausée sur deux à prendre un traitement hormonal en 2000. Aujourd’hui, elles sont moins de 6 %, selon l’étude française ELISA citée par l’Inserm. Entre les deux, une étude américaine de 2002 a installé une peur tenace : le traitement hormonal de la ménopause donnerait le cancer du sein. Plus de vingt ans plus tard, l’Inserm rappelle que ce traitement reste le plus efficace pour soulager les symptômes, et que le sur-risque, bien réel, est plus précis et conditionnel que la rumeur ne le laisse croire.
En bref
- Les prescriptions sont passées d’une femme sur deux en 2000 à moins de 6 % aujourd’hui, d’après l’étude ELISA reprise par l’Inserm.
- Le traitement hormonal reste « le plus efficace » contre les bouffées de chaleur et la perte osseuse, selon la cellule Canal Détox de l’Inserm.
- Le sur-risque de cancer du sein existe mais reste faible en valeur absolue et dépend de la durée du traitement.
- La Haute Autorité de santé a réévalué ses recommandations fin 2025, pour une prise en charge actualisée en 2026.
La ménopause survient en moyenne vers 51 ans en France. Pour la grande majorité des femmes, elle ne passe pas inaperçue : 87 % d’entre elles ressentent au moins un symptôme en plus de l’arrêt des règles, et 20 à 25 % souffrent de troubles sévères qui pèsent sur le sommeil, l’humeur et la vie quotidienne. Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse intime : ces symptômes ne sont ni honteux ni anecdotiques, et ils ont un traitement.
D’où vient la peur du cancer
Tout part d’une grande étude américaine, la Women’s Health Initiative (WHI), publiée dans la revue JAMA en 2002. Menée chez plus de 16 000 femmes, elle a observé, dans le groupe sous traitement combinant œstrogène et progestatif, une hausse modeste du risque de cancer du sein, plus des accidents vasculaires et des thromboses. La nouvelle a fait le tour du monde et les prescriptions se sont effondrées.
Mais ce que la rumeur a retenu, la science l’a depuis nuancé. Les participantes avaient en moyenne 63 ans et commençaient souvent le traitement plus de dix ans après leur ménopause, alors que la balance est plus favorable quand il est initié tôt. Beaucoup présentaient des facteurs de risque cardiovasculaire. Surtout, les molécules utilisées n’étaient pas celles prescrites en France aujourd’hui. La cellule anti-désinformation Canal Détox de l’Inserm parle d’une interprétation depuis « nuancée par des analyses complémentaires ».

Autrement dit, on a tiré une conclusion générale d’une étude menée sur une population particulière. La peur, elle, est restée.
Ce que dit vraiment le risque, en chiffres
Le sur-risque n’est pas une invention : il existe. Mais le voir en valeur absolue change tout. Sur 1 000 femmes de 50 à 60 ans, environ 50 développeront un cancer du sein sans aucun traitement. Ce chiffre passe à 52 après cinq ans de traitement hormonal, et à 56 après dix ans, d’après les données rassemblées par l’Inserm.
Le graphique ci-dessous met ce gradient en perspective. Il montre une augmentation réelle mais limitée, qui dépend de la durée, et qui diminue après l’arrêt du traitement.

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À retenir : le sur-risque est lié à la durée d’utilisation, plus faible voire absent avec l’œstrogène seul chez les femmes sans utérus, et il varierait selon le type de progestatif employé. Le risque de thrombose, lui, dépend surtout de la voie d’administration : en France, les patchs et les gels appliqués sur la peau sont privilégiés, car ils évitent l’augmentation du risque observée avec les comprimés.
Pour qui le bénéfice l’emporte
Une synthèse publiée dans la revue Cell en 2023 le résume : le traitement hormonal reste le plus efficace contre les symptômes les plus gênants. Il améliore le sommeil et l’humeur, et il freine la perte osseuse, réduisant le risque de fractures liées à l’ostéoporose de 30 à 40 %.
Selon l’Inserm, le rapport bénéfice/risque est favorable dans la très grande majorité des cas quand le traitement est commencé dans les premières années suivant la ménopause, et avant 60 ans. Il n’est pas adapté à toutes : antécédents de cancer du sein, de maladie cardiovasculaire, certaines maladies du foie ou saignements inexpliqués sont des contre-indications strictes. La décision se prend toujours avec un médecin, après un bilan, et le traitement se réévalue au moins une fois par an.

Pour saisir comment se déroule concrètement cette discussion en consultation, le gynécologue Patrice Lopès la détaille dans cette courte vidéo de la clinique ELSAN.
Reste un calendrier qui compte. La Haute Autorité de santé a réévalué fin 2025 son avis sur ces traitements et publié une note de cadrage pour une prise en charge actualisée en soins de premier recours. Concrètement, elle confirme la place du traitement hormonal pour des femmes bien sélectionnées et écarte certains progestatifs liés à un risque de méningiome. De quoi rouvrir, sans pression, une conversation que beaucoup de femmes avaient close par précaution.
Questions courantes
Le traitement hormonal donne-t-il le cancer du sein ?
Il augmente légèrement le risque, surtout avec le traitement combiné et sur la durée, mais ce sur-risque reste faible en valeur absolue et diminue après l’arrêt, selon l’Inserm.
À partir de quel âge est-il déconseillé ?
Le bénéfice est jugé favorable quand il est commencé tôt, dans les premières années après la ménopause et avant 60 ans. Au-delà, il peut être envisagé au cas par cas avec le médecin.
Pourquoi les patchs plutôt que les comprimés en France ?
La voie cutanée, patchs et gels, évite l’augmentation du risque de thrombose veineuse observée avec la voie orale, selon la Haute Autorité de santé.
Que faire si on ne peut pas le prendre ?
Activité physique régulière, alimentation équilibrée et certaines approches non hormonales peuvent aider, sans remplacer totalement le traitement quand il est indiqué. À discuter avec un professionnel de santé.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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