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Un diffuseur de la taille d’une grosse enceinte, une vingtaine de capsules logées à l’intérieur, et la promesse de fabriquer une senteur inédite en quelques secondes à partir d’une simple image ou d’un morceau de musique. C’est ce que la jeune pousse coréenne Deepscent montrait cette semaine à VivaTech 2026, le plus gros salon tech d’Europe, qui se tenait du 17 au 20 juin Porte de Versailles, à Paris. L’idée tient en une phrase : traiter le parfum comme un fichier numérique, généré à la demande. Reste à séparer la mécanique réelle des chiffres de plaquette.
En bref
- Deepscent annonce un diffuseur qui mélange une vingtaine de capsules biodégradables pour composer une senteur en quelques secondes, à partir d’une image, d’un son ou d’une ambiance (selon la marque, vu sur place via Le Café du Geek).
- La startup a été fondée en 2018 par des chercheurs issus du KAIST, la grande université scientifique coréenne.
- Elle a décroché un CES 2026 Innovation Award dans la catégorie maison connectée, et exporte déjà vers le Japon.
- Le chiffre des « centaines de milliers de combinaisons » vient de la marque : il n’a pas été audité.
Ce que fait, concrètement, la machine
Posons d’abord la mécanique, parce qu’elle est plus simple qu’il n’y paraît. Le produit se compose de trois briques : un diffuseur connecté, des capsules de senteurs et une application baptisée Toum. Vous chargez une entrée dans l’appli, une photo de coucher de soleil, un extrait sonore, une humeur, et une IA dite multimodale traduit cette entrée en une recette. Le diffuseur dose alors plusieurs capsules pour produire l’odeur correspondante. Le tout se pilote depuis un tableau de bord cloud, qui permet d’envoyer de nouvelles recettes à distance, un peu comme on pousse une mise à jour logicielle.
L’analogie qui revient sur le stand est celle de la playlist : au lieu d’un flacon figé, vous composez et rejouez des senteurs, et vous en récupérez de nouvelles sans changer de matériel. Tout le pari est là, faire de l’odeur un contenu qui se crée et se met à jour, plutôt qu’un objet acheté une fois.

Une boîte de data scientists, pas de parfumeurs
L’origine de Deepscent éclaire le projet. La société a été fondée en 2018 par des chercheurs en données et en logiciel issus du KAIST, l’équivalent coréen d’une grande école d’ingénieurs de premier plan. Son dirigeant, qui a vécu une quinzaine d’années entre le Royaume-Uni, l’Australie et Singapour, dit avoir été frappé par la place du parfum d’ambiance là-bas, et par l’absence d’IA dans un secteur resté très artisanal. D’où le projet : faire entrer les objets connectés, l’apprentissage automatique et la science des données dans la senteur. Une démarche d’ingénieurs appliquée à un domaine qu’on associe d’habitude au nez, pas à l’algorithme. L’odorat, d’ailleurs, réserve encore des surprises, comme cette carte cachée du nez.
Cette filiation technique a une conséquence directe sur la lecture des annonces. Quand une entreprise vend une expérience sensorielle avec un vocabulaire de logiciel, le risque est de prendre les promesses pour des faits mesurés. C’est précisément là qu’il faut ralentir.
Les chiffres marketing, au tamis
Voici la partie qu’il faut manier avec des pincettes. La marque annonce un diffuseur capable de mélanger une vingtaine de capsules biodégradables, et d’en tirer des centaines de milliers de combinaisons possibles, avec une senteur générée en quelques secondes après la commande. Le problème n’est pas que ce soit faux, c’est qu’aucun de ces chiffres n’est vérifiable depuis l’extérieur. Le nombre de combinaisons relève d’un calcul théorique communiqué par l’entreprise, pas d’un test indépendant ; la vitesse de génération et la fidélité du rendu, personne n’a pu les mesurer sur place. Nous les rapportons donc tels qu’ils sont : des arguments de la marque, à confirmer.

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Le seul fait solidement établi est la reconnaissance par un jury : Deepscent figure parmi les lauréats des CES 2026 Innovation Awards, dans la catégorie maison connectée. C’est un signal de crédibilité, pas une garantie de performance : ces prix récompensent une promesse et un design, ils ne testent pas un produit fini en usage réel.
Pourquoi Paris, et pour qui
Reste à comprendre la cible. À VivaTech, Deepscent exposait dans le pavillon Stylish Korea, au sein d’une délégation coréenne venue chercher des partenaires européens. La boîte est basée en Corée du Sud, a commencé à exporter vers le Japon, et vise désormais l’Europe. Et le grand public n’est pas son premier client. Le double positionnement est assumé : d’un côté l’appli Toum pour composer chez soi, de l’autre, surtout, le marché professionnel, hôtels, boutiques de luxe, bureaux haut de gamme et même automobile. Autrement dit, la senteur pilotée comme un contenu arrivera sans doute d’abord dans les lieux que vous fréquentez avant d’atterrir dans votre salon. Paris, capitale historique du parfum, sert de vitrine au discours. Ce lien intime entre odeur et présence humaine, on l’avait croisé sous un autre angle avec les moustiques et l’odeur de peau.

Le parfum numérique n’a donc rien d’un gadget tombé du ciel : c’est le geste très ordinaire de parfumer un lieu, basculé dans la logique du logiciel. La promesse est séduisante, et la trajectoire de la boîte, du KAIST au Japon puis à l’Europe, est cohérente. Reste la vraie question, que ni le salon ni le prix ne tranchent : une odeur recomposée par une machine fait-elle naître la même chose qu’un flacon choisi pour ce qu’il évoque. La réponse, elle, ne se mesure pas en nombre de combinaisons.
Questions courantes
Qu’est-ce que Deepscent ?
Une startup coréenne fondée en 2018 par des chercheurs issus du KAIST, qui développe une plateforme de parfum numérique : un diffuseur connecté, des capsules de senteurs et une application, Toum, qui génère des recettes d’odeur via une IA.
Comment l’IA crée-t-elle une senteur ?
Selon la marque, vous fournissez une entrée (image, son, ambiance) dans l’appli ; une IA multimodale la traduit en recette, et le diffuseur dose plusieurs capsules pour produire l’odeur correspondante en quelques secondes.
Le chiffre des « centaines de milliers de combinaisons » est-il fiable ?
Il est communiqué par l’entreprise et n’a pas été vérifié de façon indépendante. C’est un calcul théorique avancé par la marque, à prendre comme un argument commercial, pas comme une mesure.
Peut-on l’acheter en France ?
La marque vise l’Europe depuis VivaTech 2026, mais cible d’abord les professionnels (hôtellerie, luxe, automobile). Aucune disponibilité grand public ferme n’a été annoncée pour la France à ce stade.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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