Un dortoir de colonie de vacances vide, lits faits alignes dans la lumiere du matin

Colos de vacances : 141 000 enfants de moins qu’avant le Covid, le grand décrochage que personne ne voit

La colonie de vacances, ce souvenir d'enfance presque universel, se vide en silence. Les derniers chiffres dessinent un déclin de fond, bien antérieur aux polémiques de l'été.

Sommaire
  1. En bref
  2. Un déclin de fond, pas un coup de mou
  3. Qui part encore, et qui décroche
  4. Ce que les chiffres ne disent pas tout seuls
  5. Questions courantes

Le car qui démarre, le sac trop lourd, la première nuit loin des parents : la colo a longtemps été un passage obligé de l’enfance française. Elle se vide aujourd’hui sans bruit. Selon le dernier baromètre Unosel et L’Office relayé par L’Écho touristique, 1,3 million d’enfants et d’adolescents sont partis en séjour avec hébergement en 2024-2025, soit 141 000 de moins qu’avant la pandémie, en 2018-2019. Une chute de 10 % en quelques années, qui ne tient ni d’un accident ni d’un effet calendaire. C’est une lente érosion, et elle dit quelque chose de nos familles.

En bref

  • 141 000 enfants de moins sont partis en colo en 2024-2025 qu’en 2018-2019, soit une baisse de 10 %, d’après les chiffres de l’Injep relayés par La Gazette des communes.
  • Le total tombe à 1,3 million de départs en 2024-2025, dont 50 000 de moins sur la seule dernière année.
  • Été 2024 : 954 000 départs, en recul de 12 % par rapport à l’été 2019.
  • Le recul est structurel depuis les années 1990, mais s’est brutalement accéléré après 2020.

Un déclin de fond, pas un coup de mou

Il faut bien distinguer deux choses. Il y a l’actualité, bruyante, de la suppression de certains dispositifs publics pour l’été qui vient. Et il y a la tendance lourde, silencieuse, qui la précède de loin. Le comité de filière Animation, dans un avis rendu début 2026, parle d’un recul historique. La fréquentation des séjours de vacances baisse en réalité depuis les années 1990, selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire. La crise sanitaire de 2020 n’a pas créé le mouvement, elle l’a précipité. En une seule année scolaire, entre 2023-2024 et 2024-2025, 50 000 enfants de plus ont renoncé au départ.

Un autocar vide stationne dehors l'ete, portes ouvertes, sans voyageurs
Le depart en car, rituel d’enfance, concerne 50 000 enfants de moins en un an.

Ce qui frappe, quand on aligne ces chiffres, c’est leur régularité. Pas de rebond franc, pas de retour à l’avant-Covid. La colo recule, année après année, comme une habitude qui se perd.

Departs en colonies de vacances : 1,44 million en 2018-2019, 1,35 million en 2023-2024, 1,3 million en 2024-2025
Graphique Actu Alt Plus. Source : Injep, barometre Unosel / L’Office relaye par L’Echo touristique et La Gazette des communes.
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L’été, qui concentre l’essentiel des séjours, suit la même pente. Avec 954 000 départs à l’été 2024, le secteur reste 12 % en dessous de son niveau de 2019. La belle saison ne sauve plus la colo.

Qui part encore, et qui décroche

Derrière la moyenne, une fracture se dessine. La colo a longtemps été un outil de mixité, le lieu où les enfants de tous milieux se retrouvaient loin de la maison. Ce n’est plus tout à fait vrai. Pour mesurer l’accès des familles modestes, un repère parle : parmi les enfants allocataires âgés de 11 ans, seuls 15 % sont partis en colo. Autrement dit, plus de huit enfants de familles aidées sur dix, à cet âge charnière, n’y vont pas. Le prix d’un séjour, souvent plusieurs centaines d’euros la semaine, pèse lourd quand les budgets se tendent. Le baromètre relayé par L’Écho touristique note d’ailleurs un recours en forte hausse au pass colo, cette aide de 200 à 350 euros réservée aux 11 ans sous conditions de ressources. Le signal est clair : sans coup de pouce public, beaucoup de familles ne franchissent plus le pas.

Cette désaffection touche un coût plus difficile à chiffrer. Pour beaucoup d’enfants, la colo était la première expérience de vie collective hors de la famille, hors de l’école aussi. Apprendre à dormir ailleurs, à se débrouiller, à se faire des amis en quelques jours. Cette parenthèse-là se referme, et avec elle un apprentissage de l’autonomie que rien ne remplace vraiment. Sur le terrain des solutions de garde, nous avons aussi recensé les plans B solidaires que les parents s’inventent quand les dispositifs manquent.

Une table de cuisine familiale avec un carnet de comptes et une calculatrice, lumiere du jour
Le cout du sejour ecarte les familles modestes : 15 % seulement des allocataires de 11 ans partent.

Ce que les chiffres ne disent pas tout seuls

La photographie n’est pas qu’économique. Les modes de vacances ont changé. Les familles recomposées multiplient les courts séjours chez les uns et les autres, les grands-parents prennent le relais l’été, et l’idée même de confier son enfant à des inconnus pendant deux semaines suscite plus de réticences qu’autrefois. À cette tendance de fond vient désormais s’ajouter, par-dessus, la suppression des Colos Apprenantes pour l’été 2026, qui prive de séjour des dizaines de milliers d’enfants déjà parmi les plus fragiles. Nous avons détaillé cette décision et ses conséquences dans notre article sur les colos apprenantes supprimées. Le risque, prévient le comité de filière, est de voir une institution populaire devenir un loisir réservé à ceux qui peuvent encore se l’offrir.

La colo ne disparaîtra sans doute pas du jour au lendemain. Mais à force de reculer d’année en année, elle pourrait cesser d’être ce repère commun qu’elle fut pour des générations. La question n’est plus seulement de savoir combien d’enfants partent. C’est de savoir si, demain, le simple fait de partir en colo restera une évidence partagée, ou un privilège de plus.

Questions courantes

Combien d’enfants partent encore en colo en France ?
1,3 million d’enfants et d’adolescents sont partis en séjour avec hébergement en 2024-2025, soit 50 000 de moins que l’année précédente et 141 000 de moins qu’en 2018-2019.

Le déclin des colos est-il dû au Covid ?
Non, pas uniquement. La fréquentation baisse depuis les années 1990, mais la crise sanitaire de 2020 a fortement accéléré la chute, sans qu’aucun retour au niveau d’avant ne se soit produit depuis.

Pourquoi les familles modestes partent-elles moins ?
Le coût d’un séjour, souvent plusieurs centaines d’euros la semaine, en est la première cause. Parmi les enfants allocataires de 11 ans, seuls 15 % sont partis en colo, malgré des aides comme le pass colo.

Quelle différence avec la suppression des Colos Apprenantes ?
Les Colos Apprenantes sont un dispositif public dont l’arrêt pour l’été 2026 est une actualité ponctuelle. Le déclin des colos, lui, est une tendance de fond bien plus ancienne qui touche l’ensemble des séjours.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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« Clara » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour les Histoires humaines : récits incarnés, attention aux personnes, initiatives locales et solidarités souvent invisibles.

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