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En 2025, le vinyle a rapporté 113 millions d’euros en France, soit 23 de plus que le CD, et l’écart entre les deux supports ne cesse de se creuser. C’est ce que chiffre le bilan annuel du SNEP, le syndicat des producteurs de disques, publié le 18 mars 2026. La donnée qui dérange le récit habituel est ailleurs, dans le profil des acheteurs : ce ne sont pas les quinquagénaires qui font tourner les platines, mais d’abord les moins de 35 ans.
En bref
- Le vinyle franchit pour la première fois la barre des 100 millions d’euros en France en 2025, à 113 M€, en hausse de près de 15 %.
- Il devance désormais le CD de 23 millions d’euros en valeur, alors que les deux supports faisaient encore jeu égal l’an passé.
- Parmi les acheteurs de vinyles, 41 % ont entre 15 et 34 ans, la tranche d’âge la plus représentée.
- Le CD garde l’avantage en volume avec 8 millions d’unités écoulées, contre près de 6 millions de vinyles.
Le marché français de la musique enregistrée a pesé 1 071 millions d’euros l’an dernier, en progression de 3,9 %, sa dixième année de croissance d’affilée selon le SNEP. Le streaming reste la locomotive, avec 702 millions d’euros et un abonnement payant à 553 millions. Mais c’est le retour du disque qui surprend : les ventes physiques ont signé leur meilleure performance depuis vingt-cinq ans, hors rebond post-Covid, et repassent la barre des 200 millions d’euros à 205 millions.

Le 33 tours prend la tête, le CD garde le volume
Dans ce marché physique, le rapport de force a basculé. Le vinyle a généré 113 millions d’euros, en hausse de 14,8 %, quand le CD recule de 2,4 % à 89 millions. Le syndicat le formule sans détour : alors que les deux supports faisaient encore jeu égal en 2024, l’écart se creuse désormais de 23 millions d’euros en faveur du 33 tours, devenu la deuxième source de revenus du secteur derrière le streaming. Le vinyle franchit au passage, pour la première fois, le seuil des 100 millions d’euros.
Ce n’est pas un sursaut isolé. Le marché physique progresse pour la deuxième année consécutive, et de 5 % cette fois, contre 1,3 % seulement en 2024. Le syndicat attribue au seul vinyle un tiers de cette hausse : sans le 33 tours, la reprise du disque en France perdrait l’essentiel de son carburant. Le format ne se contente plus de résister, il tire le wagon.
La nuance, qui sauve l’honneur du disque argenté, tient au comptoir des caisses. En nombre d’exemplaires vendus, le CD reste devant : plus de 8 millions d’unités écoulées, contre près de 6 millions de vinyles. Un disque vinyle se vend simplement bien plus cher qu’un CD, ce qui explique qu’il rapporte davantage en valeur tout en restant minoritaire en volume. Le chiffre d’affaires raconte une histoire, le nombre d’unités une autre.
Le graphique ci-dessus met les deux courbes côte à côte sur deux ans. En 2024, vinyle et CD se tenaient à quelques millions près. En 2025, la barre du vinyle décolle pendant que celle du CD redescend, et l’écart de 23 millions d’euros saute aux yeux.
Derrière la galette, des acheteurs jeunes
Reste la question qui intrigue le plus : qui glisse encore 30 euros pour une galette qu’un abonnement à 11 euros par mois rendrait inutile. La réponse, mesurée par l’institut Kantar dans son étude consommateur d’octobre 2025 citée par le SNEP, contredit le cliché du collectionneur grisonnant. Chez les acheteurs de vinyles, 41 % ont entre 15 et 34 ans, la tranche la plus représentée, devant les 35-49 ans (31 %) et les 50-64 ans (28 %). Le syndicat le note noir sur blanc : les générations les plus jeunes sont les plus engagées dans l’achat de disques, et plus encore de vinyles.
Ce n’est donc pas qu’une affaire de nostalgie, puisque la majorité de ces acheteurs n’ont pas connu l’âge d’or du microsillon. Le même public est d’ailleurs le plus avancé dans l’abonnement au streaming, dont le taux de pénétration atteint 27,1 % en France selon le SNEP. Ces jeunes ne fuient pas le numérique, ils l’épaississent : ils écoutent en flux toute la semaine, puis achètent le disque de l’artiste qui compte vraiment pour eux. Pour beaucoup, poser soi-même une galette sur une platine relève d’un rapport à l’objet et à la collection que le défilement infini d’une application ne procure pas, une façon de transformer un titre dématérialisé en bien que l’on possède et que l’on montre. Nous avions exploré cette même fatigue de l’écoute algorithmique avec le retour discret de l’iPod, moins nostalgie que lassitude des playlists automatiques.

Le phénomène n’a rien de strictement français. Aux États-Unis, le bilan 2024 de la RIAA, l’équivalent américain du SNEP, recensait 1,4 milliard de dollars de ventes de vinyles, près des trois quarts des revenus du marché physique et le plus haut niveau depuis 1984. Outre-Atlantique, le vinyle dépasse même le CD en nombre d’exemplaires depuis trois ans, avec 44 millions de disques expédiés contre 33 millions de CD. La France suit la même pente, à un détail près : ici, le CD résiste encore au compteur des unités.

| Indicateur | France 2025 | États-Unis 2024 |
|---|---|---|
| Vinyle, valeur | 113 M€ | 1,4 Md$ |
| CD, valeur | 89 M€ | part minoritaire du physique |
| Le vinyle dépasse le CD en valeur | oui (écart de 23 M€) | oui (vinyle plus de 2x le CD) |
| Le vinyle dépasse le CD en unités | non (8 M de CD contre près de 6 M de vinyles) | oui (44 M contre 33 M) |
| Sources : SNEP, bilan 2025 (France) ; RIAA, bilan 2024 (États-Unis). | ||
La platine qui tournait dans le grenier des parents est redescendue au salon des enfants. Le disque noir n’a pas gagné contre le streaming, qui pèse toujours cinq fois plus que lui, mais il a trouvé un public qui ne l’avait jamais connu et qui veut, parfois, tenir sa musique entre les mains.
Questions courantes
Le vinyle a-t-il vraiment dépassé le CD en France ?
En valeur, oui : le vinyle a rapporté 113 millions d’euros en 2025 contre 89 millions pour le CD, soit 23 millions d’écart, selon le SNEP. En nombre d’exemplaires vendus, le CD reste devant.
Qui achète des vinyles aujourd’hui ?
Surtout des jeunes. Parmi les acheteurs de vinyles, 41 % ont entre 15 et 34 ans, la tranche d’âge la plus représentée, d’après l’étude Kantar d’octobre 2025 reprise par le SNEP.
Pourquoi le vinyle rapporte plus que le CD tout en se vendant moins ?
Parce qu’un disque vinyle coûte bien plus cher qu’un CD. Près de 6 millions de vinyles rapportent ainsi plus que 8 millions de CD.
Le streaming a-t-il été détrôné ?
Non. Le streaming reste de loin la première source de revenus, à 702 millions d’euros, soit environ cinq fois le chiffre d’affaires du vinyle.
Le retour du vinyle existe-t-il aussi à l’étranger ?
Oui. Aux États-Unis, le vinyle a pesé 1,4 milliard de dollars en 2024, son plus haut niveau depuis 1984, et y dépasse le CD en valeur comme en unités selon la RIAA.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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