Jeune coyote en couveuse de centre de soins, en convalescence après le retrait d'épines de cactus

Couvert d’épines de cholla, ce bébé coyote a passé deux heures et demie sous les mains des soignants

En Arizona, un coyote de quatre semaines a été retrouvé immobile, hérissé de centaines d'épines de cactus barbelées. Récit du soin, et de ce qu'il faut faire ici quand on croise un animal en détresse.

Sommaire
  1. En bref
  2. Pourquoi le cholla est un piège
  3. Deux heures et demie, épine après épine
  4. Le redevenir sauvage, le vrai travail
  5. Et si vous trouvez un animal en détresse
  6. Questions courantes

Publié le 12 juin 2026 · Mis à jour le 13 juin 2026 à 13h57

Il pesait à peine plus d’un kilo et il ne bougeait plus. Un coyote de quatre semaines, retrouvé seul dans un jardin de Surprise, en Arizona, hérissé de la truffe à la queue de centaines d’épines de cactus. L’habitante qui l’a découvert a prévenu un centre de soins voisin, qui a envoyé un volontaire le récupérer. Aux mains des soignants, l’extraction des épines, une à une, a duré deux heures et demie. Le petit s’en est tiré, et son histoire dit beaucoup de ce que font, en silence, ceux qui réparent la faune sauvage.

En bref

  • Un coyote de quatre semaines, d’environ un kilo et demi, retrouvé immobile et couvert d’épines de cholla en Arizona.
  • Les soigneurs du Southwest Wildlife Conservation Center ont mis deux heures et demie à retirer chaque épine, sous légère sédation.
  • En France, les sept centres de la LPO ont accueilli 18 499 animaux en 2024, dont 58 % ont pu être relâchés.
  • Le bon réflexe si vous trouvez un animal sauvage : appeler un centre, ne pas le nourrir, limiter le contact.

L’animal est arrivé le 19 mai au Southwest Wildlife Conservation Center, un centre de réhabilitation installé à Scottsdale, près de Phoenix. Berk Martineau, technicien vétérinaire, raconte à l’International Business Times avoir tout de suite vu la gravité du cas : le petit était léthargique, en état de choc, les épines fichées dans la face, le ventre, les pattes et jusque dans une oreille.

Segment de cactus cholla aux épines barbelées dans le désert d'Arizona
Les épines du cholla, couvertes de micro-barbes, s’accrochent comme des hameçons.

Pourquoi le cholla est un piège

Le cholla est un cactus du désert américain, parfois surnommé cactus sauteur parce que ses segments épineux se détachent au moindre frôlement et s’accrochent à ce qui passe. Ses épines ne sont pas de simples piquants : elles sont couvertes de micro-barbes, comme un hameçon. Elles glissent dans la peau sans effort, mais résistent à l’arrachage. Pour un coyote de quelques semaines, encore maladroit et curieux, un contact suffit à se retrouver cloué sur place. Et l’immobilité, dans la chaleur de l’Arizona, devient vite mortelle : déshydratation, épuisement, prédateurs.

Le centre explique que ce genre d’accident grimpe au printemps, la période que les soigneurs appellent la saison des bébés. Les jeunes animaux explorent, s’éloignent, se blessent ou se retrouvent séparés de leur mère, sans encore avoir les réflexes pour éviter les dangers. Avant même le cactus, ce coyote-là n’avait que peu de chances seul : un jeune immobilisé en plein été désertique est une proie facile, et la chaleur fait le reste. Le soignant ne s’y trompe pas en décrivant un animal qui aurait sans doute fini par mourir sur place sans intervention.

Deux heures et demie, épine après épine

Martineau et un collègue ont d’abord légèrement sédaté l’animal, qui paraissait, selon le technicien, en grande souffrance. Puis ils ont retiré les épines une par une, à la petite pince métallique, en cherchant un compromis difficile : être délicats pour ne pas déchirer la peau, mais efficaces pour ne pas prolonger le calvaire. Le soignant compare le matériau à un hameçon, car les micro-barbes résistent au moment précis où l’on tire. Certaines traversaient une oreille de part en part. Une fois chaque épine visible enlevée, le coyote a été placé en couveuse chauffante et réhydraté par perfusion pour stabiliser son état. Le danger immédiat passé, restait le plus délicat : le rendre à la nature sans qu’il s’habitue à l’humain.

Répartition des 18 499 animaux accueillis par les centres de soins LPO en 2024 : 76,4 % d'oiseaux, 22,7 % de mammifères, 0,9 % de reptiles et amphibiens
Graphique Actu Alt Plus. Source : LPO, bilan 2024 des centres de soins.
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Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

Côté français, la photographie d’une année de soins montre bien ce que ces centres absorbent. Sur les 18 499 animaux accueillis en 2024 dans les sept centres de la LPO, les oiseaux dominent largement, mais les mammifères représentent désormais près d’un quart des arrivées, une part qui ne cesse de monter depuis une dizaine d’années.

L’histoire en chiffresValeur
Âge du coyoteenviron 4 semaines
Poids à l’arrivéeenviron 1,4 kg
Durée du retrait des épines2 h 30
Relâcher espéréd’ici un an
Taux de relâcher des centres LPO (2024)58 %
Sources : Southwest Wildlife Conservation Center (via IBTimes UK), LPO.

Le redevenir sauvage, le vrai travail

Quelques semaines plus tard, le coyote se comporte comme un coyote, aussi vif et en bonne santé que les autres jeunes du centre. On l’a présenté à plusieurs orphelins du même âge, pour qu’ils forment une petite meute et apprennent les uns des autres les codes qui leur serviront dehors. Les soigneurs, eux, gardent leurs distances : contacts limités au strict nécessaire, masques sur le visage, nourrissage réduit à l’essentiel. L’objectif affiché est qu’aucun de ces animaux ne s’imprègne de la présence humaine, ce que les spécialistes appellent l’empreinte. Un coyote qui n’a plus peur de l’homme est un coyote qu’on ne peut pas relâcher, parce qu’il s’approcherait des habitations et finirait mal. En grandissant, les jeunes passeront dans de plus grands enclos extérieurs pour aiguiser leurs réflexes de survie. Si tout se passe bien, celui-ci repartira dans la nature d’ici un an.

Deux jeunes coyotes orphelins jouant dans un enclos de réhabilitation
Réunis à d’autres orphelins, les jeunes coyotes réapprennent à vivre en meute.

Cette obsession de ne pas apprivoiser n’est pas propre à l’Arizona. Près de Paris, l’hôpital de la faune sauvage de Maisons-Alfort, qui accueille chaque année plus de 10 000 animaux sans les apprivoiser, applique exactement la même règle aux renardeaux et aux hérissons. En France, les sept centres de la LPO ont soigné 18 499 animaux en 2024, et en ont relâché 58 %. Le trio de tête, année après année, n’a rien d’exotique : hérisson, martinet noir et moineau domestique, à eux trois près de 30 % des arrivées.

Et si vous trouvez un animal en détresse

Le réflexe utile tient en peu de gestes. La LPO rappelle qu’un quart des animaux accueillis n’étaient pas en détresse et auraient pu rester dehors : un faon ou un oisillon seul n’est pas forcément abandonné. Avant d’intervenir, on observe à distance. Si l’animal est manifestement blessé, on contacte un centre de soins ou la LPO sans le nourrir ni chercher à le caresser, et on évite de le manipuler plus que nécessaire. Comme pour ce petit coyote, la meilleure aide reste celle qui n’efface pas l’animal sauvage qu’il doit redevenir.

Questions courantes

Qu’est-ce qu’un cactus cholla ?
Un cactus du désert américain dont les segments épineux se détachent au moindre contact. Ses épines sont couvertes de micro-barbes, comme un hameçon, ce qui les rend faciles à planter mais difficiles à retirer.

Combien de temps a duré le soin du coyote ?
Environ deux heures et demie pour retirer toutes les épines, sous légère sédation, avant un passage en couveuse et une réhydratation par perfusion.

Pourquoi limiter le contact humain avec un animal sauvage soigné ?
Pour éviter qu’il s’imprègne de la présence de l’homme. Un animal qui n’a plus peur de nous ne peut plus être relâché sans danger, pour lui comme pour les gens.

Que faire si je trouve un animal sauvage en détresse en France ?
Observer d’abord à distance, car beaucoup ne sont pas réellement abandonnés. S’il est blessé, contacter un centre de soins ou la LPO, sans le nourrir ni le manipuler plus que nécessaire.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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