![]()
Sommaire
Publié le 11 juin 2026 · Mis à jour le 30 août 2026 à 5h00
En août 2025, les instruments d’une poignée de sondes spatiales ont capté quelque chose d’inhabituel en provenance du Soleil : un sursaut radio qui refusait de s’éteindre. Ces événements durent habituellement quelques heures, parfois quelques jours. Celui-là a tenu 19 jours. L’ancien record était de cinq. Publiée dans Astrophysical Journal Letters, l’étude décrit non seulement ce record, mais aussi la technique qui a permis de localiser la source de ce signal avec une précision inédite.
En bref
- En août 2025, un sursaut radio solaire de type IV a persisté 19 jours d’affilée, alors que le record précédent était de cinq jours.
- Quatre missions (STEREO, Parker Solar Probe, Wind et Solar Orbiter) ont suivi l’événement à tour de rôle, attribué à une structure magnétique géante dite casque alimentée par trois éjections de masse coronale.
- Une tempête majeure du niveau de Carrington (1859) coûterait selon la Lloyd’s entre 600 et 2 600 milliards de dollars pour les seuls États-Unis la première année.
- La France est impliquée : le CNES a contribué à six des dix instruments de Solar Orbiter, dont le RPW développé avec le laboratoire LIRA de l’Observatoire de Paris.
Ce type de sursaut porte un nom technique : sursaut de type IV (ou Type IV burst, en anglais). Il émerge de réservoirs d’électrons piégés par les champs magnétiques de l’atmosphère solaire. Les ondes radio elles-mêmes sont inoffensives pour nous, mais les mêmes environnements magnétiques qui les produisent peuvent aussi projeter dans l’espace des particules chargées dangereuses pour les satellites et les engins spatiaux. Comprendre ces sursauts, c’est mieux anticiper la météo de l’espace.

Quatre sondes, une traque coordonnée
Pour suivre ce sursaut exceptionnel, les scientifiques ont combiné les données de quatre missions : STEREO (Solar Terrestrial Relations Observatory), Parker Solar Probe et Wind de la NASA, ainsi que Solar Orbiter, une mission commune de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de la NASA. Chacune a observé le sursaut pendant quelques jours à tour de rôle, au fil de la rotation du Soleil qui faisait pivoter la source face à chaque sonde successivement. Les quatre engins étaient répartis à des positions différentes dans le Système solaire interne, ce qui a fourni autant de points de vue distincts sur le même phénomène.
En exploitant spécifiquement les données de STEREO, les chercheurs ont développé une nouvelle technique permettant de pointer précisément l’origine du signal. La source : une structure magnétique appelée helmet streamer, ou « casque de chevalier » en français, en raison de sa forme caractéristique visible lors des éclipses totales. Ces arcades de champ magnétique s’élèvent au-dessus de la surface solaire, enferment des bulles de plasma et forment, à leur sommet, une pointe étirée vers l’espace. L’équipe pense que trois éjections de masse coronale (EMC), des explosions de plasma solaire, se sont succédé dans la même région et ont entretenu le sursaut en rechargéant le réservoir d’électrons piégés.

Pour mesurer ce que représente un sursaut radio solaire record, il faut le replacer dans le contexte des risques concrets que l’activité solaire fait peser sur nos infrastructures. Le graphique ci-dessous illustre les ordres de grandeur économiques en jeu.

Un scénario Carrington coûterait entre 600 et 2 600 milliards de dollars aux seuls États-Unis la première année, et jusqu’à 9 100 milliards à l’échelle mondiale sur cinq ans. Ces chiffres expliquent pourquoi localiser précisément l’origine d’un sursaut de 19 jours n’est pas un exercice académique.
| Evenement / Donnee | Valeur | Detail |
|---|---|---|
| Duree du sursaut record (aout 2025) | 19 jours | Ancien record : 5 jours (x3,8) |
| Sondes mobilisees | 4 missions | STEREO, Parker Solar Probe, Wind, Solar Orbiter |
| Panne Hydro-Quebec 1989 | 6 millions de personnes privees d’electricite | Tempete solaire moins puissante qu’un Carrington |
| Satellites Starlink actifs | plus de 7 700 | Plus de la moitie des satellites operationnels mondiaux |
Satellites et réseaux électriques en ligne de mire
L’enjeu dépasse la curiosité scientifique. Une tempête solaire majeure à l’échelle de l’événement de Carrington de 1859 couterait selon la Lloyd’s entre 600 milliards et 2 600 milliards de dollars rien que pour les États-Unis la première année, et jusqu’à 9 100 milliards de dollars de pertes mondiales sur cinq ans dans un scénario sévère. La panne d’Hydro-Québec de mars 1989, provoquée par une tempête solaire bien moins puissante, a privé six millions de personnes d’électricité pendant plusieurs heures. Aujourd’hui, les enjeux sont décuplés : Starlink exploite plus de 7 700 satellites actifs en orbite basse, soit plus de la moitié de tous les satellites opérationnels de la planète.
La France est directement impliquée dans cette surveillance. Le CNES a contribué à la construction de six des dix instruments de Solar Orbiter, dont l’instrument RPW, développé en partenariat avec le laboratoire LIRA (ex-LESIA) de l’Observatoire de Paris. C’est précisément cet instrument, consacré aux ondes radio et aux champs électrique et magnétique dans le vent solaire, qui a contribué au suivi du sursaut record. En améliorant la capacité à identifier ces événements et à en retracer l’origine sur le Soleil, l’étude vise directement à rendre les prévisions de météo spatiale plus précises et plus anticipées. Ce que le record d’août 2025 a surtout mis en évidence, c’est que le Soleil peut maintenir une source de risque active bien plus longtemps qu’on ne l’imaginait.
Questions courantes
Qu’est-ce qu’un sursaut radio solaire de type IV ?
C’est une émission d’ondes radio produite par des électrons piégés dans les champs magnétiques de l’atmosphère du Soleil. Ces ondes sont inoffensives, mais elles signalent des environnements capables de projeter des particules dangereuses vers la Terre.
Pourquoi ce sursaut est-il exceptionnel ?
Il a duré 19 jours en août 2025, contre un maximum de 5 jours pour le record précédent. L’équipe attribue cette persistance à une structure magnétique géante appelée « casque », alimentée par trois éjections de masse coronale successives.
Comment quatre sondes ont-elles pu suivre le même événement ?
Dispersées à différents points du Système solaire interne, elles ont observé le sursaut à tour de rôle au fil de la rotation solaire, chacune couvrant quelques jours. La combinaison de leurs données a permis de reconstituer les 19 jours complets.
Qu’est-ce qu’un « casque » solaire ?
C’est une arcade de champ magnétique qui s’élève au-dessus de la surface du Soleil, enferme une bulle de plasma chaud et se prolonge en une pointe efilée. Sa silhouette caractéristique est visible lors des éclipses totales.
Quel est le rôle de la France dans la surveillance solaire ?
Le CNES a contribué à six des dix instruments de Solar Orbiter, dont le RPW développé avec le laboratoire LIRA de l’Observatoire de Paris, qui mesure les ondes radio et les champs dans le vent solaire.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
Les plus lus
- 1
Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion - 2
Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés - 3
Steam Frame, 72 heures pour acheter après le tirage au sort - 4
Nouveau félin : le tilcayo, premier chat décrit depuis un siècle - 5
Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre
Nos dossiers
- France395
- Science272
- Culture193
- Consommation173
- Patrimoine165
- Santé publique162
- IA162
- Sport159
Recevez notre sélection dans votre boîte mail
Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

