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Une formule traverse les siècles dans les textes de médecine chinoise : la racine He Shou Wu « noircit les cheveux et nourrit l’essence ». Depuis la dynastie Tang, le Polygonum multiflorum figure dans les prescriptions contre la chute des cheveux. Ce qui change en 2025, c’est qu’une équipe de chercheurs publie dans le Journal of Holistic Integrative Pharmacy une analyse systématique de cette racine à travers la biologie moderne des follicules. Le constat de première auteure Han Bixian est net : « Ce n’est pas du folklore, c’est de la pharmacologie. » Nuance indispensable qui suit aussitôt : les preuves cliniques robustes chez l’humain manquent encore.
En bref
- Une revue publiée en 2025 dans le Journal of Holistic Integrative Pharmacy analyse la racine chinoise Polygonum multiflorum (He Shou Wu), utilisée depuis la dynastie Tang contre la chute des cheveux.
- Cette racine agirait sur plusieurs mécanismes du follicule pileux, dont l’inhibition de la 5-alpha réductase qui produit la DHT responsable de la calvitie, mais les essais cliniques solides chez l’humain manquent encore.
- Sous sa forme non préparée, la racine présente un risque d’hépatotoxicité documenté : aucun produit ne peut être recommandé sans avis médical.
- En France, ni le minoxidil ni le finastéride 1 mg ne sont remboursés, et la greffe de cheveux coûte entre 3 000 et 10 000 euros selon le nombre de greffons.
La calvitie, ou alopécie androgénétique, n’est pas un phénomène marginal. D’après VIDAL, elle touche 20 % des hommes à 20 ans, 30 % à 30 ans, 40 % à 40 ans, et environ la moitié des hommes d’origine européenne au cours de leur vie. Les femmes ne sont pas épargnées : une femme sur cinq vers 40 ans, une sur quatre vers 60 ans. Le mécanisme central est bien identifié : la dihydrotestostérone (DHT), un dérivé de la testostérone, rétrécit progressivement les follicules, raccourcit le cycle de pousse jusqu’à l’épuiser. Les traitements existants, le minoxidil et le finastéride, s’attaquent à ce problème chacun par un angle différent, mais ils ne conviennent pas à tous et leurs effets secondaires freinent parfois leur usage.

Plusieurs mécanismes identifiés, une seule plante
Ce qui distingue Polygonum multiflorum dans la revue, c’est l’éventail des mécanismes biologiques mis en jeu : inhibition de la 5-alpha réductase (l’enzyme qui transforme la testostérone en DHT agressive), activation des voies de signalisation Wnt et Shh impliquées dans la régénération des follicules, protection des cellules folliculaires contre la mort prématurée, et amélioration de la circulation sanguine au niveau du cuir chevelu. Ces voies ne sont pas de la spéculation : elles correspondent à des cibles connues de la biologie capillaire. « Ce qui nous a surpris, c’est la cohérence entre les textes historiques, de la dynastie Tang jusqu’ici, et ce que la biologie moderne observe », note Han Bixian.
Mais la revue est honnête sur ses limites. La majeure partie des données vient d’études en laboratoire et d’observations cliniques limitées. Il n’existe pas encore d’essais randomisés de grande envergure chez l’humain prouvant l’efficacité et la sécurité à long terme. L’autre point à retenir, signalé clairement dans la revue : la préparation de la racine est déterminante. Le Polygonum multiflorum non traité présente un risque d’hépatotoxicité documenté. La forme traditionnellement préparée (racine cuite, dite « processée ») présente un profil de sécurité plus favorable, mais exige un approvisionnement rigoureux. Des cas d’atteintes hépatiques liés à des produits non standardisés ou mal préparés ont été rapportés dans la littérature médicale mondiale.

La calvitie touche des millions de personnes en France, mais son paysage thérapeutique reste limité : deux molécules remboursées par personne, aucune, et un marché mondial de près de 3 milliards de dollars en 2025 qui croît vite. C’est dans ce contexte qu’une racine utilisée depuis la dynastie Tang refait surface dans la littérature scientifique.

Le graphique illustre une progression régulière : un homme sur cinq est concerné dès 20 ans, et près d’un sur deux au cours de sa vie. Les femmes ne sont pas épargnées, avec une femme sur quatre touchée vers 60 ans. Ces chiffres issus de VIDAL expliquent pourquoi la recherche sur de nouvelles approches comme le Polygonum multiflorum suscite autant d’intérêt.
| Traitement | Remboursement SS | Cout mensuel indicatif | Statut ANSM 2026 |
|---|---|---|---|
| Minoxidil | Non | 10-26 EUR | Accessible sans ordonnance |
| Finasteride 1 mg (generique) | Non | 11-20 EUR | Attestation annuelle obligatoire depuis avril 2026 |
| Greffe de cheveux | Non | 3 000-10 000 EUR (total) | Non encadre par l’ANSM pour le prix |
| Polygonum multiflorum | Non | Variable (complement) | Aucun essai clinique randomise concluant |
Ce que la France rembourse, et ce qu’elle ne rembourse pas
En France, le paysage thérapeutique de la calvitie est balisé. Ni le minoxidil ni le finastéride 1 mg ne sont remboursés par l’Assurance Maladie dans l’alopécie androgénétique. Leur prix reste accessible : minoxidil entre 10 et 26 euros, finastéride générique entre 11 et 20 euros par mois. À partir du 16 avril 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a renforcé l’encadrement du finastéride 1 mg en imposant une attestation annuelle d’information patient signée lors de toute première prescription, en raison notamment des risques de troubles sexuels persistants. La greffe de cheveux, elle, n’est pas remboursée et représente un investissement important, entre 3 000 et 10 000 euros selon le nombre de greffons. Ce marché a propulsé la Turquie au rang de destination mondiale de référence pour le tourisme capillaire, avec jusqu’à un million de greffes réalisées par an.
À l’échelle mondiale, le marché des traitements contre la perte de cheveux pesait environ 2,93 milliards de dollars en 2025 et devrait dépasser 4 milliards en 2030. Ce dynamisme explique l’intérêt croissant pour de nouvelles molécules, d’où la remise en lumière de plantes aux mécanismes multiples comme Polygonum multiflorum. Il reste que la prudence s’impose : aucun produit à base de cette racine ne peut être recommandé sans avis médical, et la multiplication de suppléments non réglementés sur le marché rend le choix difficile pour le consommateur. La prochaine étape, selon les chercheurs, est justement ce qui manque : des essais cliniques bien conduits pour savoir si la promesse biologique se confirme chez des patients réels.
Questions courantes
Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique ?
La forme de calvitie la plus fréquente, liée à une sensibilité génétique aux androgènes. Elle touche 40 % des hommes à 40 ans et une femme sur cinq vers 40 ans.
Qu’a montré la revue sur le Polygonum multiflorum ?
Que cette racine utilisée depuis plus de mille ans en médecine chinoise agirait sur plusieurs mécanismes biologiques liés à la croissance des cheveux : inhibition de la DHT, activation de voies de régénération, meilleure circulation. Les essais cliniques solides restent à faire.
Est-ce dangereux ?
La racine non préparée peut être hépatotoxique. La forme traditionnellement traitée présente un meilleur profil, mais la standardisation des produits du marché n’est pas garantie. Un avis médical s’impose avant tout usage.
Que rembourse la Sécurité sociale pour la calvitie ?
Ni le minoxidil ni le finastéride 1 mg ne sont remboursés. La greffe de cheveux ne l’est pas non plus. Ces traitements restent à la charge du patient.
Y a-t-il un traitement qui marche vraiment ?
Le minoxidil et le finastéride ont une efficacité démontrée pour ralentir la chute et, dans certains cas, favoriser une repousse. Ils ne conviennent pas à tous et doivent être suivis sur le long terme. Consultez un dermatologue.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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