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Publié le 11 juin 2026 · Mis à jour le 13 juin 2026 à 5h45
Elle s’appelle B9, elle a un peu plus de deux ans, et elle vient de tracer une boucle de près de 612 kilomètres en quatre jours. Partie du parc national de Redwood, dans le nord de la Californie, la jeune femelle condor a filé vers le nord, est passée près de Medford, Cave Junction et Brookings, puis est rentrée chez elle. Au passage, elle est devenue le premier condor de Californie observé en Oregon depuis 1904, selon la radio publique OPB. Cent vingt-deux ans d’absence effacés par un seul oiseau, relâché l’an dernier par le programme de restauration de la tribu Yurok.

Le plus grand oiseau d’Amérique, revenu de 22 individus
Le condor de Californie est le plus grand oiseau terrestre d’Amérique du Nord, près de trois mètres d’envergure. Au début des années 1980, il ne restait que 22 individus sur toute la planète. Les biologistes ont alors pris une décision radicale : capturer les derniers oiseaux sauvages pour tenter de les faire se reproduire en captivité. Un pari qui aurait pu signer la disparition de l’espèce dans la nature.
Quarante ans plus tard, le pari tient. Fin 2025, on comptait 392 condors en liberté, contre 373 un an plus tôt, et 215 autres en élevage, d’après le service fédéral américain de la faune. Soit plus de 600 oiseaux au total, là où il en restait à peine deux douzaines. Le vol de B9 vers l’Oregon n’est pas une anecdote : c’est le signe qu’une population assez nombreuse repousse à nouveau ses frontières.
Quarante ans de remontée, en un graphique
La courbe raconte mieux que les mots l’effet d’un sauvetage de longue haleine, fait de couvées surveillées une à une et de relâchers répétés sur plusieurs sites.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
La courbe résume quarante ans d’efforts : d’une espèce réduite à 22 oiseaux à plus de 600, mais une remontée si lente qu’elle rappelle combien sauver vaut plus cher que ne pas laisser disparaître.
| Les grands vautours réintroduits en France | Effectif | Précision |
|---|---|---|
| Vautour fauve | ≈816 couples (2021) | disparu vers 1930-1940, réintroduit dès 1981 |
| Vautour moine | ≈20 couples | le plus grand rapace d’Europe |
| Vautour percnoptère | 2 à 3 couples | migrateur, le plus menacé |
| Gypaète barbu | 4 à 5 couples | Alpes et Pyrénées, réintroduction difficile |
La France a vécu exactement la même histoire, avec ses vautours
Inutile de traverser l’Atlantique pour comprendre ce retour. La France a connu le même scénario avec son plus grand charognard, le vautour fauve. Disparu de nos ciels dans les années 1930 et 1940, victime des poisons et des tirs, il a fait l’objet d’une réintroduction lancée en 1981 dans les Grands Causses. Le résultat dépasse les espérances : environ 400 couples nichent aujourd’hui dans les Causses, et l’on comptait près de 816 couples en France en 2021, selon le parc national des Cévennes.
Tout n’est pas gagné pour autant, et là encore le parallèle est troublant. Le gypaète barbu, l’autre grand vautour, peine à s’installer : à peine quelques couples entre Alpes et Pyrénées, malgré des dizaines de jeunes relâchés. Comme le condor, ces oiseaux restent menacés par un ennemi invisible, le plomb des munitions qu’ils ingèrent en nettoyant les carcasses. Sauver un géant ne suffit pas : il faut aussi rendre son garde-manger non toxique.

Pourquoi ces charognards comptent plus qu’ils n’en ont l’air
On aime peu les mangeurs de cadavres, et c’est un tort. Vautours et condors sont les équarrisseurs gratuits des écosystèmes : en dévorant vite les bêtes mortes, ils coupent la route aux maladies et épargnent aux éleveurs des frais d’enlèvement. Les Yurok, eux, ajoutent une dimension que la France connaît moins : pour cette tribu, le condor est un animal sacré, et c’est elle, pas une agence d’État, qui pilote sa réintroduction. La trajectoire de B9, suivie balise au poignet sur près de 612 kilomètres, est aussi le symbole d’une nature qu’on réapprend à recenser espèce par espèce, des deux côtés de l’océan.
En bref
Qui est B9 ?
Une jeune femelle condor de Californie, relâchée en 2024 par la tribu Yurok, qui a parcouru près de 612 km en quatre jours et atteint l’Oregon, du jamais-vu depuis 1904.
Combien reste-t-il de condors ?
Environ 607 au total en 2026, dont 392 en liberté, après un point bas à seulement 22 oiseaux en 1982.
Quel rapport avec la France ?
Le vautour fauve, disparu en France au XXe siècle, a été réintroduit dès 1981 dans les Grands Causses : on y compte aujourd’hui des centaines de couples, même combat et mêmes menaces (le plomb) que pour le condor.
Pourquoi protéger un charognard ?
En nettoyant rapidement les carcasses, vautours et condors limitent les maladies et rendent un service sanitaire gratuit aux territoires d’élevage.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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