
Sur un écran de laboratoire, deux cartes du cerveau ne racontent pas la même histoire. L’une s’allume de connexions en excès, l’autre au contraire en manque. Derrière le même mot, autisme, une équipe internationale voit désormais deux signatures biologiques qui partent dans des directions opposées. L’image est presque trop simple pour un sujet aussi sensible, mais elle dit bien l’enjeu : mieux nommer les différences sans enfermer les personnes dans une case de plus.
Le travail, publié dans Nature Neuroscience, a été mené par l’Istituto Italiano di Tecnologia (à Rovereto), le Child Mind Institute de New York et l’université de Trente. Les chercheurs ont analysé les schémas de connexion de près de 2 000 cerveaux, dont 940 personnes autistes, en croisant imagerie humaine et modèles animaux.

Leur résultat : deux profils nets. Dans le premier, dit d’« hyperconnectivité », les régions du cerveau communiquent plus que la moyenne ; dans le second, d’« hypoconnectivité », elles échangent moins. Pour le dire simplement, ce n’est pas l’intensité de l’autisme qui change, c’est la manière dont le cerveau est câblé. Deux mécaniques différentes derrière des comportements parfois proches.
Pour se représenter la chose, on peut voir le cerveau comme un réseau de routes entre régions. Dans un cas, le trafic est saturé, trop de liaisons actives ; dans l’autre, certaines voies restent désertes. Surtout, l’équipe n’a pas seulement regardé des images humaines : elle a retrouvé des schémas comparables chez des modèles animaux, ce qui renforce nettement la solidité du résultat. Quand deux espèces racontent la même histoire, le hasard recule.
Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? Parce qu’un diagnostic unique recouvre des parcours très différents, et que distinguer des sous-types pourrait, à terme, aider à personnaliser l’accompagnement plutôt que d’appliquer la même grille à tout le monde. En France, où la stratégie nationale sur les troubles du neurodéveloppement cherche justement à fluidifier les parcours, ce genre de repère biologique compte, à l’image des outils de suivi déjà déployés pour d’autres pathologies de l’enfance, comme la thérapie numérique remboursée contre l’asthme.

Un mot de prudence, toutefois : il s’agit de recherche, pas encore d’un test que l’on passerait en consultation. Distinguer deux signatures dans des images de cerveau ne dit pas, du jour au lendemain, comment accompagner tel enfant. Mais c’est une pièce de plus pour comprendre une réalité que les familles connaissent bien : sous un même mot se cachent des personnes, et des chemins, profondément singuliers.
En bref
Qu’a découvert l’étude ?
Deux sous-types biologiques d’autisme : un cerveau « hyperconnecté » et un autre « hypoconnecté », repérés sur près de 2 000 cerveaux dont 940 personnes autistes.
Qui l’a menée ?
L’Istituto Italiano di Tecnologia, le Child Mind Institute et l’université de Trente, dans Nature Neuroscience.
Est-ce utilisable en consultation ?
Pas encore : c’est de la recherche, une étape vers un accompagnement plus personnalisé, pas un test clinique.
Votre réaction :
Article créé en collaboration avec l’IA.
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