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Un robot plus petit qu’un micromètre sait attraper une bactérie et la déposer ailleurs. L’équipe de Bert Hecht, à l’université de Wurtzbourg en Allemagne, l’a démontré dans Nature Communications le 27 mars 2026 : un disque de 920 nanomètres, propulsé par la seule lumière d’un laser infrarouge, file à 50 micromètres par seconde dans une goutte d’eau.
Concrètement, l’engin pèse 0,26 picogramme et mesure environ cinquante fois moins que l’épaisseur d’un cheveu. Il n’embarque ni moteur, ni hélice, ni carburant : toute son énergie vient des photons qui le frappent.
Le recul d’un photon, expliqué sans jargon
La poussée vient d’une propriété que l’on ne perçoit jamais à notre échelle : la lumière transporte une quantité de mouvement. Chaque photon absorbé puis réémis dans une direction précise repousse légèrement l’objet dans l’autre sens, comme un fusil recule quand la balle part.
Le robot porte pour cela des nanoantennes d’or, des bâtonnets de 50 nanomètres qui captent une couleur de lumière donnée et la renvoient toujours du même côté. Sur un corps de 0,26 picogramme, ce recul minuscule suffit à mettre l’ensemble en mouvement, résume le communiqué de l’université de Wurtzbourg.
Le pilotage tient au même principe. Les bâtonnets s’alignent sur la polarisation du laser, c’est-à-dire sur l’orientation de son onde, et les chercheurs font pivoter le robot à 90 degrés en tournant cette polarisation, sans jamais déplacer le faisceau. La capture repose sur un troisième effet : le robot réchauffe l’eau autour de lui de moins de 10 kelvins, et ce gradient de température attire les bactéries contre sa surface.
La démonstration se joue en trois temps. Le robot rejoint un amas de bactéries, les rassemble contre son flanc, puis les relâche à l’endroit voulu, l’opération étant réversible. En enchaînant polarisations linéaires et circulaires, il balaie ensuite une zone entière selon une trajectoire programmée, ce que les auteurs décrivent comme un travail de nettoyeur.

54 fois sa longueur par seconde
Le chiffre le plus parlant n’est dans aucun des relais. Nous avons rapporté la vitesse du robot à sa propre taille : 50 micromètres par seconde pour un corps de 920 nanomètres, soit 54 longueurs de corps par seconde.
Ramené à un adulte d’un mètre soixante-quinze, cela ferait 95 mètres par seconde, ou 342 km/h, au-dessus des 320 km/h qu’un TGV atteint sur ligne à grande vitesse. L’image a ses limites : à cette échelle, l’eau se comporte comme un sirop et rien ne continue sur son élan une fois le laser coupé.
Le même calcul appliqué à la génération précédente éclaire l’intérêt de la miniaturisation, comme le montre le graphique ci-dessous.

Reprendre ce graphique
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Ce microrobot de 1,5 micromètre plafonnait à 30 micromètres par seconde, soit 20 longueurs par seconde. Rétrécir l’engin l’a rendu près de trois fois plus efficace à taille égale, ce que les auteurs annoncent dès leur résumé.
Ce que l’expérience ne dit pas
Les auteurs parlent d’une preuve de concept, et la formule mérite d’être prise au mot. Tout s’est déroulé dans une chambre en silicone remplie d’eau, sous un laser de 104 milliwatts, avec deux espèces de laboratoire : Escherichia coli et Staphylococcus carnosus.
Trois limites sont écrites noir sur blanc dans l’article. Le déplacement reste confiné à deux directions, le mouvement brownien domine encore la précision des trajectoires, et aucun test n’a été mené dans un organisme vivant. Le robot ralentit également dès qu’il remorque un amas de bactéries.
Un point joue toutefois en faveur d’usages biologiques. L’échauffement de l’eau reste sous 10 kelvins et le faisceau n’a pas besoin d’être focalisé au plus serré, ce qui réduit les dégâts infligés aux cellules voisines. Les auteurs présentent cette sobriété optique comme l’intérêt principal de leur approche, avant toute application.
L’enjeu sanitaire, lui, est déjà chiffré en France. Lors de l’enquête nationale de prévalence publiée le 26 mai 2023 par Santé publique France, 5,71 % des patients hospitalisés portaient au moins une infection nosocomiale, soit un sur dix-huit parmi 151 676 personnes examinées dans 1 155 établissements. Escherichia coli, l’une des deux bactéries manipulées à Wurtzbourg, arrive en tête des germes responsables.
Entre une chambre de verre et un service de réanimation, la distance reste entière. Ce que ce travail livre aujourd’hui est un outil de paillasse : trier, déplacer et relâcher des bactéries une par une sous microscope, pour les observer. Nous suivions déjà ce glissement du vivant vers le pilotable avec la mouche virtuelle câblée neurone par neurone.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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