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Le 5 juin, les chercheurs en sécurité de Mysk ont posé une appli sur l’App Store qui change la façon de regarder son téléphone. Elle s’appelle Loupe, elle est gratuite, et elle affiche en clair ce que n’importe quelle application peut lire de votre iPhone sans vous demander la moindre permission : votre langue, votre fuseau horaire, la taille de votre écran, le niveau de votre batterie. Son code est public sous licence MIT, et rien de ce qu’elle lit ne quitte l’appareil. Loupe ne vous protège pas. Elle vous montre, brut, la matière première du pistage.
En bref
- Mise en ligne le 5 juin 2026 par Mysk, Loupe (iOS et iPadOS) lit les valeurs publiques que toute app tierce peut récupérer et les affiche sans rien envoyer dehors (code source MIT).
- Elle classe les signaux en trois niveaux : Passive (sans prompt), Needs Permission (avec autorisation), Advanced (techniques détournées).
- En France, la CNIL range le fingerprinting parmi les traceurs soumis à consentement préalable.
- La parade tient en quelques réglages iOS, plus un navigateur durci.
Le fingerprinting, ou comment être reconnu sans nom ni email
Concrètement, le fingerprinting (littéralement « prise d’empreinte ») consiste à reconnaître votre appareil sans cookie, sans nom, sans adresse mail. Un traceur lit une série d’infos banales, votre langue, votre fuseau, votre modèle, et les combine. Prise une par une, aucune n’est unique. Mises bout à bout, elles forment une signature assez stable pour vous suivre d’une app à l’autre. C’est ce que démontre Loupe en affichant ces valeurs telles quelles, là où un traceur, lui, les agrège en silence.

L’intérêt de l’appli n’est pas de jouer à se faire peur, mais de rendre visible un mécanisme qu’on subit sans le voir. Une fois ces données sous les yeux, le réflexe de réglage devient évident.
Les chercheurs de Mysk ont annoncé Loupe directement sur Mastodon, en listant ce que l’appli révèle : langues, applications installées, capteurs de l’appareil.
Derrière la communication, l’appli a un vrai mérite pédagogique : elle hiérarchise les fuites au lieu de tout mélanger.
Trois niveaux de fuite, du gratuit au sournois
Loupe range chaque lecture selon son coût d’accès, et c’est là que le tableau devient parlant. Le premier niveau, Passive, regroupe tout ce qu’une app récupère sans le moindre écran d’autorisation : langue, fuseau horaire, caractéristiques de l’écran, état de la batterie. Aucun bouton « Autoriser », rien. Le deuxième, Needs Permission, couvre les données qui déclenchent une demande iOS classique, vos contacts, vos photos, votre position, vos calendriers : là, vous gardez la main, à condition de lire le prompt avant d’appuyer.

Reprendre ce graphique
Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :
Le troisième niveau, Advanced, est le plus retors. Il rassemble des usages détournés d’API publiques, comme le sondage d’autres apps via la fonction canOpenURL (qui révèle si telle ou telle application est installée chez vous) ou la persistance dans le trousseau iOS, qui permet de vous re-reconnaître même après avoir supprimé puis réinstallé une app. Autrement dit, désinstaller ne suffit pas toujours à effacer ses traces.
Pourquoi ça compte chez nous, et pas qu’aux États-Unis
Mysk est une équipe canado-allemande, l’appli est en anglais, mais le sujet est très français. La CNIL qualifie noir sur blanc le fingerprinting de traceur au même titre qu’un cookie publicitaire. Conséquence : il est, dans la grande majorité des cas, soumis au consentement préalable. Tant que vous n’avez pas dit oui, une app ou un site n’a pas le droit de calculer votre empreinte pour vous pister. C’est le même cadre que celui que nous décrivions pour les lunettes connectées : la donnée anodine devient une donnée à protéger dès qu’elle sert à vous reconnaître.
Le problème, c’est que les fuites « passives » échappent par nature à ce consentement, puisqu’elles ne déclenchent aucune fenêtre. Et la créativité des traceurs ne faiblit pas. Début juin, des chercheurs de l’université de technologie de Graz ont présenté une démonstration baptisée FROST : un simple site web peut deviner quelles applications tournent sur votre machine en mesurant l’activité du disque SSD, sans aucun téléchargement. La méthode reste théorique et lourde à déployer, mais elle illustre la direction : l’empreinte se reconstitue à partir de signaux toujours plus indirects.

La bonne nouvelle, c’est que voir, c’est déjà pouvoir agir. Dans les Réglages iOS, ouvrez Confidentialité et sécurité, puis Suivi, et désactivez « Autoriser les apps à demander à vous suivre » : les nouvelles installations ne pourront plus réclamer votre identifiant publicitaire. Passez ensuite vos permissions Photos et Contacts en revue, en préférant un accès limité plutôt que total. Sur Safari, activez la protection anti-pistage avancée. C’est la même logique de tri qui guide notre guide sur les photos et la vie privée : on ne coupe pas tout, on choisit ce qu’on laisse passer.
Questions courantes
Loupe envoie-t-elle mes données quelque part ?
Non. Selon ses développeurs, rien de ce que l’appli lit ne quitte l’appareil, sauf si vous choisissez vous-même d’exporter le résultat. Le code étant public sous licence MIT, n’importe qui peut le vérifier.
Le fingerprinting est-il illégal en France ?
Pas en soi, mais la CNIL le considère comme un traceur soumis à consentement préalable, comme un cookie publicitaire. En clair, on doit vous demander votre accord avant de calculer votre empreinte à des fins de pistage.
Que veulent dire les trois niveaux affichés par Loupe ?
Passive, ce qui fuite sans aucune permission (langue, écran, batterie). Needs Permission, ce qui déclenche une demande iOS (contacts, photos, position). Advanced, les techniques détournées, comme repérer vos apps installées ou persister après une réinstallation.
Désinstaller une app efface-t-il mes traces ?
Pas forcément. Certaines techniques avancées s’appuient sur le trousseau iOS, qui peut survivre à une suppression puis réinstallation et permettre de vous re-reconnaître.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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