Un ordinateur portable en aluminium ouvert sur un bureau, l'écran affichant une fenêtre de terminal sombre.

Linux sur les Mac M3, ce qui marche déjà et ce qui manque encore

Asahi Linux a intégré le 6 septembre la prise en charge des puces M3 dans son installateur. Le tableau de ce qui fonctionne déjà, et des manques que le projet assume noir sur blanc.

Votre MacBook M3 peut désormais démarrer sous Linux. Le 6 septembre 2026, le projet communautaire Asahi Linux a annoncé avoir fusionné la prise en charge des Mac à puce M3 dans son installateur, 34 mois après la présentation des puces M3 par Apple, le 30 octobre 2023. Concrètement, écrit le développeur James Calligeros dans l’annonce du projet : « presque tout ce qui est pris en charge sur les machines M1 et M2 fonctionne tout simplement ».

La liste tient debout toute seule : webcam, micros internes, USB « jusqu’à la limite matérielle de l’USB 3 à 10 Gb/s », décodage vidéo accéléré « y compris la prise en charge de l’AV1 », Wi-Fi, Bluetooth. Pour un système libre porté sur une machine dont le constructeur ne documente rien, c’est le gros du chemin.

Trois puces sont concernées, dévoilées ensemble par Apple : M3, M3 Pro et M3 Max. Côté machines, la matrice de support du projet détaille les MacBook Pro 14 pouces de fin 2023, l’iMac 2023 et les MacBook Air 13 et 15 pouces de 2024.

Le projet écrit l’autre moitié de l’annonce tout aussi clairement : la liste des manques.

Ce qui marche, ce qui ne marche pas

La veille « ne fonctionne pas actuellement », à cause des limites du framebuffer fourni par le firmware : refermer le capot n’endort pas la machine. Le port HDMI des MacBook qui en sont équipés est désactivé, faute de prise en charge du DCP, le contrôleur d’affichage d’Apple. Le Mac Studio (M3 Ultra) « n’est pas encore supporté ». Sur la carte graphique, l’avertissement est sans détour : « Ne vous attendez pas à une accélération 3D performante ou économe en énergie pour le moment. »

Le détail, dans les termes du projet :

Mac à puce M3 sous Asahi Linux : état annoncé au 6 septembre 2026 (source : Asahi Linux)
ÉlémentÉtat annoncé
Webcam, micros internesFonctionne
Wi-Fi, BluetoothFonctionne
USBFonctionne, jusqu’à la limite matérielle de l’USB 3 (10 Gb/s)
Décodage vidéo accéléréFonctionne, AV1 compris
Accélération 3D (GPU)Présente, mais ni performante ni économe en énergie
VeilleNe fonctionne pas (limites du framebuffer du firmware)
Port HDMI des MacBook équipésDésactivé (DCP non pris en charge)
Mac Studio (M3 Ultra)Pas encore supporté
Thunderbolt, moteur neuronal, encodeur vidéoTravaux non commencés

L’installation reste réservée aux volontaires

Pas de bouton. L’installation passe par une ligne collée dans le Terminal de macOS, curl -L https://alx.sh/ | EXPERT=1 sh, suivie d’une mise à jour du système une fois Linux démarré. Le drapeau EXPERT=1 n’est pas décoratif : il signale un installateur qui n’est pas encore prêt pour tout le monde. Le projet vise à le supprimer « à temps pour la sortie de la bêta de Fedora Linux 45, dans quelques semaines ». D’ici là, sa distribution grand public, Fedora Asahi Remix, en est à Fedora Linux 44 et sa liste de machines compatibles s’arrête aux M1 et aux M2.

À quoi ressemble un Mac sous Linux au quotidien, une fois passée la ligne de commande ? La question se pose avant de lancer l’installation, pas après.

Vidéo : ElectricCrystal

Des années de rétro-ingénierie, financées par des dons

Apple ne publie pas les spécifications de ses puces. Chaque bloc matériel (contrôleur d’affichage, GPU, décodeur vidéo, gestion de l’énergie) doit être observé, deviné, puis réécrit à partir de zéro. « Le support du M3 est l’aboutissement d’années de travail acharné de plusieurs personnes, dont beaucoup n’ont pu accéder à du matériel M3 que grâce à votre soutien », écrit Asahi Linux, qui vit d’OpenCollective et de GitHub Sponsors. Sa matrice de support dit le travail restant : Thunderbolt, le moteur neuronal et l’encodeur vidéo n’ont pas encore été entamés.

Un câble HDMI débranché posé à côté d'un ordinateur portable fermé sur un bureau.
Le port HDMI des MacBook M3 reste désactivé tant que le contrôleur d’affichage d’Apple n’est pas pris en charge.

Pour qui, alors ? Pas pour celui qui branche un vidéoprojecteur en HDMI ni pour celui qui referme son capot sans y penser. Plutôt pour celui qui développe, qui tient à un système libre, ou qui veut prolonger une machine que macOS finira par lâcher.

L’intérêt dépasse largement le cercle des bidouilleurs : un Mac M3 acheté d’occasion vieillit moins vite que son support logiciel, et savoir qu’un système libre y tourne change le calcul au moment de le revendre ou de le racheter. Reprendre la main sur sa machine se joue aussi ailleurs, jusque dans les réglages du navigateur.

Prochain rendez-vous fixé par le projet : la bêta de Fedora Linux 45, celle qui doit faire tomber le mode expert.

Votre réaction :

Article créé en collaboration avec l’IA.

Les plus lus

  1. 1Taratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusionTaratata 600 : la date d’enregistrement et celle de diffusion
  2. 2Mondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du TourMondiaux de cyclisme : le maillot arc-en-ciel rapporte 8 000 euros, moins qu’une étape du Tour
  3. 3Prix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréatPrix du roman Fnac 2026 : « C’était ça ou mourir » lauréat
  4. 4Résultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembreRésultats des évaluations nationales 2026, dès le 21 septembre
  5. 5Résultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnésRésultat du Super Loto du 18 septembre : 13 millions gagnés

Nos dossiers

Recevez notre sélection dans votre boîte mail

Le meilleur d’Actu Alt Plus : décryptages, chiffres et panoramas. Désinscription en 1 clic, zéro spam.

Avatar illustré de Hugo, voix éditoriale d'Actu Alt Plus
Hugo

« Hugo » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Tech, IA & Futur : ce que la technologie et l’IA changent concrètement, à hauteur d’usage plutôt que de promesse.

Articles: 312