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Vérif
Le questionnaire a tourné quinze jours sur des listes de diffusion universitaires américaines, du 23 mai au 6 juin 2025, et trente personnes y ont répondu. Six sur dix ont coché qu’elles envisageaient de poursuivre leur recherche hors des États-Unis. C’est de là que sort le « 60 % » qui circule aujourd’hui. Il est tiré de l’enquête que Crystal Hammond, de l’université de Californie à Riverside, et Adriana Bankston, du STEM Advocacy Institute, ont publiée le 20 juillet 2026 dans Frontiers in Sociology.
Les auteurs ne cachent rien de ce format. Ils appellent leur travail une enquête pilote à réponse rapide, ouverte pendant que l’administration Trump gelait et résiliait des financements fédéraux. Les répondants ont été recrutés par listes de diffusion, réseaux sociaux et contacts directs dans des universités et des associations. Un échantillon de convenance, donc, constitué au fil de l’eau.
L’affirmation« 60 % des jeunes chercheurs américains veulent partir à l’étranger »
Notre verdictÀ nuancer
Ce que disent les faits
Le pourcentage est exact, et il n’est pas seul. Chez les trente répondants, 56,7 % envisagent de quitter la recherche académique. Autant estiment ne pas pouvoir mener à bien leurs projets en cours, et 90,0 % se disent inquiets de leurs perspectives d’emploi à long terme dans la recherche.
Reste que ces proportions portent sur très peu de monde. Le chiffre de 60 % de jeunes chercheurs américains tentés par un départ repose sur trente répondants, soit dix-huit personnes, interrogés entre le 23 mai et le 6 juin 2025 et décrits par les auteurs comme illustratifs et non représentatifs (Frontiers in Sociology, 20 juillet 2026). Ramenées au même effectif, les deux autres proportions valent dix-sept et vingt-sept personnes.
La composition du groupe est tout aussi particulière. Six répondants sur dix sont doctorants ; les étudiants de premier cycle et les post-doctorants comptent pour 13,3 % chacun. Côté financement, 63,3 % voyaient leur recherche payée par les National Institutes of Health et 20,0 % par la National Science Foundation, c’est-à-dire les deux agences frappées de plein fouet par les coupes. Sept répondants sur dix sont blancs, environ deux tiers travaillent dans des universités à forte intensité de recherche (R1), et autant dans des établissements publics.
Mises côte à côte, ces proportions et l’effectif qui les porte ne racontent pas la même histoire.

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Le pourcentage sonne comme une génération ; le groupe qui le porte tiendrait dans une salle de séminaire.
Ce qui reste incertain
Les auteurs écrivent noir sur blanc la limite de leur travail. La petite taille de l’échantillon limite la généralisation, indique leur section des limites, qui demande de lire les résultats comme illustratifs plutôt que représentatifs à l’échelle nationale.
Le profil des répondants pèse aussi. L’étude note que le questionnaire a circulé dans des réseaux professionnels déterminés, que les personnes les plus durement touchées avaient sans doute plus de raisons de répondre, et qu’elle ne permet pas d’établir pourquoi certains groupes sont sous-représentés. Sur ce point, précisent les auteurs, la prudence consiste à décrire la composition de l’échantillon sans en tirer de conclusion.
Le résumé grand public publié par PsyPost reprend fidèlement ces chiffres, limites comprises. La déformation se produit en aval, quand le pourcentage se détache de sa note de bas de page. Le décalage joue ailleurs : quand une IA a amélioré une borne mathématique restée ouverte trente ans, le résultat est sorti avant que des humains ne le reprennent.
Ce qui se compte, de ce côté-ci de l’Atlantique
L’Agence nationale de la recherche a ouvert le 18 avril 2025 la plateforme Choose France for Science, par laquelle universités, écoles et organismes déposent un projet d’accueil d’un chercheur international. L’État peut cofinancer jusqu’à 50 % du montant total via France 2030. Sept domaines sont prioritaires : santé, climat et biodiversité, numérique et intelligence artificielle, espace, agriculture et alimentation durable, énergies décarbonées, composants et systèmes numériques. Le chercheur accueilli s’engage à déposer un projet européen ou international compétitif, de type ERC, dans les deux ans qui suivent son arrivée.
À l’échelle européenne, la Commission recensait le 30 janvier 2026 101 dispositifs nationaux et régionaux d’attraction des chercheurs. L’initiative Choose Europe, elle, s’appuie sur près de 900 millions d’euros de fonds européens. Ces programmes-là, contrairement à des intentions déclarées dans un questionnaire, produisent des effectifs. Safe Place for Science, à Aix-Marseille Université, a retenu une soixantaine de chercheurs internationaux. L’initiative allemande Global Minds en a sélectionné 166 au second semestre 2025, et le dispositif autrichien APART-USA a attribué vingt-cinq bourses.
Questions courantes
Combien de personnes ont participé au premier volet de l’enquête ?
Six. Le travail comporte deux volets : un premier questionnaire qualitatif, auquel six personnes ont répondu et qui recueillait des récits personnels et des actions de plaidoyer, puis un second questionnaire chiffré, celui dont sortent les pourcentages.
Quelles disciplines sont représentées parmi les répondants ?
Les sciences de la vie dominent largement, avec 63,3 % des répondants. Viennent ensuite l’ingénierie à 16,7 %, une catégorie autre à 10 %, les sciences de l’environnement à 6,7 % et les sciences sociales à 3,3 %. Les humanités sont explicitement hors du périmètre de l’étude.
L’étude dit-elle vers quels pays ces chercheurs partiraient ?
Non, aucune destination n’est nommée. Le questionnaire demandait seulement si le répondant envisageait de poursuivre des activités de recherche en dehors des États-Unis, et un témoignage évoque le souhait de quitter l’Amérique pour faire de la science dans un autre pays, sans préciser lequel.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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