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Votre couple tiendrait à trois facteurs et à un seuil, si l’on en croit un modèle très relayé. 2019 : c’est l’année où le mathématicien Laurent Pujo-Menjouet a publié en France le modèle de couple que la presse anglophone relaie depuis le 7 septembre comme une nouveauté. Professeur à l’université Claude-Bernard Lyon 1, il y calcule un « seuil critique », soit le niveau minimal de solidité au-dessous duquel une relation devient, selon ses équations, « mathematically doomed to fail » : mathématiquement condamnée à échouer.
Trois facteurs suffisent au modèle de couple du mathématicien lyonnais Laurent Pujo-Menjouet, publié en français dès mai 2019 aux éditions des Équateurs, sept ans avant la parution en anglais d’août 2026 qui lui vaut près de 200 articles dans le monde selon sa page universitaire. La fiche de l’éditeur date la parution du 1er mai 2019, sous le titre « Le jeu de l’amour sans le hasard – Mathématique du couple », collection Essais, 21 euros. Sur sa page à l’Institut Camille Jordan, l’auteur annonce les deux ouvrages côte à côte : le français « disponible depuis mai 2019 », celui « en anglais » depuis août 2026.
Trois grandeurs, et un seuil
Le modèle emprunte à la théorie des systèmes dynamiques, celle qui sert d’ordinaire à décrire des populations qui croissent, se mangent et s’effondrent. Appliquée au couple, elle fait dépendre la stabilité à long terme de trois grandeurs seulement, énumérées par le communiqué de l’éditeur : l’attraction mutuelle, l’érosion naturelle des sentiments avec le temps, et la façon dont chacun réagit aux émotions de l’autre.
| Facteur | Ce qu’il décrit | Rôle dans la stabilité |
|---|---|---|
| Attraction mutuelle | La force d’attirance entre les deux partenaires | Ce qui soutient la relation |
| Érosion naturelle des sentiments | L’affaiblissement progressif au fil du temps | Ce qui l’use en continu |
| Réaction aux émotions de l’autre | La manière dont chacun répond à ce que ressent l’autre | Ce qui décide de la remontée après une crise |
La troisième grandeur est celle qui intéresse le plus l’auteur. « La vraie question n’est pas de savoir si les couples se disputent, c’est de savoir s’ils ont assez de ressort pour revenir à l’équilibre ensuite », déclare-t-il dans le communiqué. Le seuil critique décrit ce point de bascule : « Si vos sentiments passent sous ce seuil et y restent, les mathématiques prédisent un déclin inévitable vers la séparation. » L’ambition affichée n’est pas divinatoire : « Nous n’essayons pas de prédire de qui vous allez tomber amoureux, nous essayons de comprendre pourquoi certains couples restent stables malgré les chocs inévitables de la vie tandis que d’autres s’éloignent lentement. »

Un modèle qui a des ancêtres
Rien ici ne sort de nulle part, et l’auteur ne le prétend pas. La généalogie couvre deux siècles et demi : les modèles de population de Thomas Malthus au XVIIIe siècle, les équations proies-prédateurs de Lotka et Volterra dans les années 1920, puis le passage aux affaires de cœur. Le communiqué cite le psychologue John Gottman, surnommé « Doctor Love », qui a montré qu’un modèle mathématique pouvait prédire l’issue d’une relation en codant les interactions d’un couple et en les portant sur des graphiques ; l’économiste José Manuel Rey ; le physicien Sergio Rinaldi ; et le mathématicien Steven Strogatz, présenté comme celui qui a appliqué le premier la théorie des systèmes dynamiques aux relations amoureuses. Le livre lyonnais s’ajoute à cette lignée, il ne l’ouvre pas.
Ce que la vague de septembre ajoute tient au calendrier. Le communiqué a été diffusé le 23 juillet par Taylor & Francis, repris le 7 septembre, puis relayé de site en site en quarante-huit heures. Sept ans après la sortie française.
Ce que les équations ne promettent pas
Le format compte : un ouvrage de vulgarisation, écrit pour un lecteur sans bagage mathématique, ne passe pas par la revue par les pairs d’un article scientifique. Le communiqué pose d’ailleurs lui-même deux bornes. La première tient à la nature des équations, qui « prédisent des tendances, pas des certitudes ». La seconde tient à leur matériau : les modèles reposent principalement sur des schémas relationnels occidentaux, alors que les raisons de la réussite et de l’échec d’une relation « varient énormément selon les cultures, les religions, les milieux socio-économiques et les générations ».
Un seuil chiffré ne se mesure donc pas sur un couple réel. Il décrit le comportement d’un système d’équations dont les paramètres restent à estimer, et la nuance est la même que pour ces résultats de laboratoire dont le public ne retient qu’une consigne pratique, comme écrire à la main plutôt que taper au clavier.
Restent les deux phrases qui encadrent l’affaire. En 2019, la présentation de l’éditeur français demandait : « Quelle est la clé des couples qui durent ? Leur secret si bien gardé, leur recette miracle, leur potion magique ? » Sept ans plus tard, l’auteur répond dans le communiqué anglais : « Il n’y a pas d’enchantement mystérieux ni de potion magique. Sinon, ça se saurait. »
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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