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En bref
Un tube enfoncé dans une prairie de l’Ooijpolder aspire l’odeur du sol vers une pompe. L’écologue Rosa Boone a répété le geste dans dix-huit prairies près de Nimègue, puis fait passer ces odeurs au spectromètre. Seize composés odorants sur 75 suffisent à distinguer des prairies selon l’intensité de leur exploitation (étude parue en 2025, présentée par l’université Radboud le 23 septembre 2026, avant la soutenance de thèse de Rosa Boone), quand la France suit ses sols sur 2 240 sites revisités tous les quinze ans.
Les aldéhydes ont le plus réagi. Ces molécules viennent en grande partie des champignons. Neuf des seize composés augmentent quand l’exploitation s’allège, sept diminuent. « Les champignons et les bactéries présents dans le sol sont importants pour la santé du sol et sont responsables de son odeur », résume Rosa Boone, citée par l’université Radboud. Les communautés fongiques se distinguent nettement d’une intensité d’usage à l’autre, alors que la composition bactérienne reste stable (Soil Biology and Biochemistry, vol. 204, mai 2025). L’odeur comme signal biologique dépasse le sol : elle sert aussi de piste au dépistage de Parkinson.
À retenir
- Le dispositif : des tubes reliés à une pompe, installés dans 18 prairies de l’Ooijpolder, près de Nimègue.
- Le résultat : 75 composés odorants identifiés, dont 16 varient avec l’intensité de l’exploitation.
- Le marqueur : les aldéhydes, produits en grande partie par les champignons, particulièrement sensibles à la conduite du sol.
- La limite : le capteur de terrain, ce « nez électronique », reste à construire.
Et chez nous ?
Ce que la France mesure déjà de ses sols
Le réseau RMQS repose sur une grille carrée de 16 kilomètres de côté, avec un site au centre de chaque maille. Chaque point de mesure couvre ainsi 256 kilomètres carrés, soit plus de deux fois la surface de Paris. La biomasse microbienne figure parmi les indicateurs biologiques relevés, et le suivi de la biodiversité des sols y est annoncé en perspective. Un slip de coton enterré deux mois donne aussi un indice de la vie d’un sol. Les deux approches ne regardent pas la même échelle.
| Ce qui est suivi | Prairies de l’Ooijpolder | Réseau RMQS (France) |
|---|---|---|
| Points suivis | 18 prairies voisines | 2 240 sites, métropole et outre-mer |
| Couverture | un polder près de Nimègue | grille carrée de 16 km de côté |
| Indicateur biologique | 75 composés odorants, dont 16 sensibles à la conduite | biomasse microbienne, biodiversité des sols en perspective |
| Outil de terrain | capteur « nez électronique » à construire | prélèvements sur site, analyses en laboratoire |
Le suivi des sols devient une obligation. La directive européenne sur la surveillance des sols est entrée en vigueur le 16 décembre 2025, et les États membres ont jusqu’au 16 décembre 2028 pour la transposer. « Les agriculteurs ont besoin d’une analyse des communautés qui vivent dans leur sol, mais ils ne veulent pas faire une analyse ADN compliquée chaque mois », explique Rosa Boone. Le projet mené à Radboud de 2021 à 2025 avec le centre de recherche OnePlanet visait précisément ce capteur. « Nous avons bien avancé, et j’imagine tout à fait le nez électronique devenir réalité », dit-elle.
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Article créé en collaboration avec l’IA.
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