Gros perroquet vert non volant de type kakapo perche dans une foret d'ile au crepuscule

106 poussins : le perroquet le plus rare du monde vient de vivre sa meilleure saison

Le kākāpō, gros perroquet vert qui ne vole pas, a fait naître plus de 100 poussins en 2026. Ce qu'un tel chiffre signifie pour une espèce qui comptait 51 individus.

Le chiffre

On l’imagine volontiers minuscule et fragile, ce perroquet posé au bout du monde. Sauf que le kākāpō pèse jusqu’à deux kilos, ne vole pas, vit la nuit, et vient de battre son record de naissances. En 2026, plus de cent poussins ont éclos sur trois îles néo-zélandaises, alors que l’espèce entière tient dans un chiffre que l’on peut presque compter à la main.

106poussins nés en 2026, la meilleure saison de reproduction jamais enregistrée pour le kākāpō

Ce nombre n’a de sens que rapporté à la population totale. Aujourd’hui, il reste 236 kākāpō vivants sur la planète, chacun équipé d’un petit émetteur radio porté comme un sac à dos, selon le Department of Conservation néo-zélandais. Autrement dit, une seule saison vient de faire naître l’équivalent de près de la moitié de l’espèce.

Poussins nés en 2026 106
Population totale 236

Unité : individus. Période : saison de reproduction 2026. Limite : les poussins ne sont comptés comme adultes qu’à 150 jours ; plusieurs sont déjà morts et tous ne survivront pas.

Un record qui pulvérise le précédent

Le kākāpō ne se reproduit qu’une fois tous les deux à quatre ans, quand le rimu, un conifère local, fructifie en masse. En 2026, 78 femelles ont niché sur trois îles débarrassées de leurs prédateurs, d’après Radio New Zealand. Le cap des cent poussins a été franchi fin mars, largement au-dessus du précédent record de 85 naissances en 2019.

Poussin duveteux gris pale au creux d'un nid de brindilles
Chaque nid est suivi individuellement par les gardes du programme. Image d’illustration.

La mécanique du sauvetage tient dans ce mot : suivi. Chaque oiseau porte son émetteur, chaque nid est visité, certains œufs partent en couveuse pendant que des mères adoptives élèvent les petits. Une intervention vétérinaire au chevet d’un poussin en détresse a même sauvé une couvée, raconte le programme. Rien n’est laissé au hasard, parce que l’espèce n’a pas de marge.

Ce niveau de contrôle a un revers assumé. Sept poussins sont déjà morts cette saison et quatre autres ont été transportés dans un hôpital pour la faune, à Dunedin. Les gardes le disent sans détour : sur une espèce aussi surveillée, chaque perte se compte, mais aucune saison ne se conclut sans en subir.

De 51 à 236, l’histoire d’un quasi-effacement

Pour saisir ce que vaut le chiffre 106, il faut remonter à 1995. Cette année-là, le programme de conservation mené par le Department of Conservation et l’iwi Ngāi Tahu partait de 51 individus seulement, dont 20 femelles. Le point haut fut atteint en 2022 avec 252 oiseaux ; la population est aujourd’hui redescendue à 236, avant l’apport de la saison record.

Évolution de la population de kākāpō, de 51 individus en 1995 à 236 en 2026
Graphique Actu Alt Plus. Source : Department of Conservation (Nouvelle-Zélande).
Reprendre ce graphique

Réutilisez ce graphique librement sur votre site, en citant Actu Alt Plus. Copiez le code ci-dessous :

La courbe raconte une remontée lente, en dents de scie, suspendue au rythme des rares saisons de reproduction. Chaque poussin compte double quand la base de départ tenait dans une salle de classe.

Cette patience, la France la connaît par d’autres espèces. La réintroduction du gypaète barbu dans les Alpes et les Pyrénées, ou celle de l’ours brun pyrénéen, reposent sur la même logique de suivi individuel et de sanctuaires protégés, année après année.

Ile temperee boisee entouree d'ocean, vue aerienne
Les trois îles-sanctuaires abritent les seules populations reproductrices de kākāpō. Image d’illustration.

Reste que le record ne se lit pas encore comme une victoire. Les responsables du programme le répètent : les poussins ne seront comptés comme adultes qu’à 150 jours, et l’objectif n’est plus le seul nombre, mais une population capable un jour de se passer de cette surveillance de tous les instants. Le vrai succès, ce sera le silence des émetteurs.

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Article créé en collaboration avec l’IA.

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Elise

« Élise » est la voix éditoriale d’Actu Alt Plus pour Nature, Science & Planète : le vivant, le climat et les découvertes scientifiques, expliqués simplement et sans jargon.

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